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QUESTIONS RÉPONSES...

QUESTIONS RÉPONSES

Phytothérapie, dangers ? :
La phytothérapie est-elle dangereuse?
LA PHYTOTHÉRAPIE : SE SOIGNER PAR LES PLANTES (Allo-MĂ©decins) «La phytothĂ©rapie n’est pas dangereuse du moment que sa pratique se fait de maniĂšre contrĂŽlĂ©e.» La phytothĂ©rapie est-elle dangereuse ? La mĂ©fiance Ă  lÂ’Ă©gard des mĂ©decines douces est bien connue. Depuis quelques annĂ©es la phytothĂ©rapie prend de l’ampleur et beaucoup se mĂ©fient de son efficacitĂ© et de ses consĂ©quences. Allo-MĂ©decins explique tout sur ce phĂ©nomĂšne. Qu’est-ce que la phytothĂ©rapie ? La phytothĂ©rapie est, comme son nom l’indique dans son Ă©tymologie, la pratique consistant Ă  se soigner par les plantes. Cette mĂ©decine douce est gĂ©nĂ©ralement pratiquĂ©e par les personnes aimant les solutions naturelles, celles qui ne corrompent pas le systĂšme du corps avec des substances chimiques. La phytothĂ©rapie peut se pratiquer en prenant des gĂ©lules, en usant des huiles, en buvant des jus et des tisanes, ou avec des patchs. Son efficacitĂ© concerne beaucoup de problĂšmes diffĂ©rents : constipation, diarrhĂ©e, jambes lourdes, stress, rhumatismes, varices, troubles de la mĂ©moire, humeurs, vieillissement de la peau, sinusites, etc. La mĂ©decine et les plantes Il existe de nombreux mĂ©dicaments faits Ă  partir de plantes (comme l’aspirine, par exemple). La mĂ©fiance Ă  lÂ’Ă©gard de la phytothĂ©rapie vient du fait que pour obtenir les tisanes et autres gĂ©lules, les plantes passent aussi par une transformation chimique. Selon la mĂ©thode utilisĂ©e pour l’extraction, les effets des principes actifs peuvent ĂȘtre modifiĂ©s et les rendre dangereux pour la santĂ©. Cela associĂ© au fait que certains produits actifs sont souvent utilisĂ©s pour conserver ou stabiliser les mĂ©dicaments. Si vous prenez des plantes avec d’autres choses, la rencontre entre deux principes actifs peut avoir de graves consĂ©quences. Il faut donc ĂȘtre vigilant et toujours se renseigner auprĂšs de professionnels de la santĂ©. En effet, ce n’est pas parce que l’on parle de se soigner avec des plantes que leur utilisation doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme anodine ou sans danger. Les plantes agissent sur le corps, et si leur efficacitĂ© peut ĂȘtre positive, elle peut aussi ĂȘtre nĂ©gative. Comment avoir un contrĂŽle sur les effets des plantes ? L’Agence Nationale de sĂ©curitĂ© du MĂ©dicament (ANSM) met Ă  la disposition du public une liste permettant de vĂ©rifier les rĂŽles de certaines plantes, de contrĂŽler leur origine et dÂ’Ă©valuer les risques que reprĂ©sente l’utilisation de certaines d’entre elles. Pour ce faire, se rendre sur le site de l’ANSM ou sur celui de la base de donnĂ©es publique des mĂ©dicaments. La phytothĂ©rapie n’est pas dangereuse du moment que sa pratique se fait de maniĂšre contrĂŽlĂ©e. Elle est souvent utilisĂ©e en prĂ©vention et non en soin. De plus, il existe plusieurs moyens de l’adopter, si elle passe seulement par l’alimentation, elle est sans danger, il faut simplement se mĂ©fier de l’automĂ©dication. Bon Ă  savoir Certains pays, dont la France, ont une autorisation de mise sur le marchĂ© (AMM). La rĂ©glementation sur les matiĂšres premiĂšres Ă  usage pharmaceutique (MPUP) pour les mĂ©dicaments de traitement phytothĂ©rapique est en vigueur. La pratique de la phytothĂ©rapie est reconnue par le MinistĂšre de la SantĂ© depuis 1986 Ressources : La phytothĂ©rapie est-elle dangereuse ? 11 juin 2014 http://www.allo-medecins.fr/sante/maladie/medecin-generaliste,la-phytotherapie-est-elle-dangereuse-,2206.html
Analyse Psycho-Organique, Ă©cole, secte ? :
« Pouvez-vous me renseigner sur l'EFAPO ou Ecole Française d’Analyse Psycho-Organique ? Est-ce considĂ©rĂ© comme une secte? »
Selon ses propres termes, « l'École Française d'Analyse Psycho-Organique est une Ă©cole qui forme des psychothĂ©rapeutes en France (Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Grenoble, Nice, Nancy) mais aussi dans diffĂ©rents pays d'Europe : Suisse, Allemagne, Lettonie et Russie. Elle est Ă©galement prĂ©sente au BrĂ©sil, au Mexique, au Liban et au Canada. HabilitĂ©e par la Fondation Boyesen Ă  enseigner en France et dans les pays francophones la Psychologie Biodynamique, la Psychologie Transformationnelle et l'Analyse Psycho-Organique, elle continue le travail de l'Institut Boyesen qui a formĂ© des psychothĂ©rapeutes en France depuis 1976. Elle a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e, Ă  l'initiative de Paul et JoĂ«lle Boyesen, par des psychothĂ©rapeutes et formateurs de l'Institut Boyesen (…). OrganisĂ©e en conseil de direction, cette Ă©quipe assume de maniĂšre collĂ©giale la direction de l'enseignement et la gestion de l'École. Leur enseignement se fonde sur une longue pratique de la Psychologie Biodynamique et de l'Analyse Psycho-Organique. Leur objectif est essentiellement la transmission de l'ensemble des principes et mĂ©thodes Ă©laborĂ©s par Gerda, Ebba, Mona-Lisa et Paul Boyesen. Ils abordent cependant la psychothĂ©rapie contemporaine de maniĂšre large et mettent en perspective leur enseignement avec les autres mĂ©thodes. Ils Ă©laborent plus particuliĂšrement des ponts thĂ©oriques et pratiques entre les thĂ©rapies psycho-corporelles et la psychanalyse. » Responsable des options fondamentales de l'École et de la sĂ©lection des candidats, Paul Boyesen est le directeur de l'École qui porte le nom de la mĂ©thode qu'il a crĂ©Ă©e : l'Analyse Psycho-Organique. NĂ© en 1948 Ă  Oslo, Paul Boyesen a Ă©laborĂ© sa thĂ©orie et sa mĂ©thode Ă  partir de 1975, Ă  Londres, oĂč il exerçait comme psychothĂ©rapeute. Alliant intimement le travail corporel et le travail analytique, «l’Analyse Psycho-Organique ne donne pas seulement de l'importance au sens de l'expĂ©rience et Ă  la sensation de l'expĂ©rience mais au verbe qui les lient.». « Elle Ă©tudie comment d'un mot, en passant par une image et une prĂ©-image, le corps est touchĂ©. Elle analyse aussi le phĂ©nomĂšne dans le cheminement inverse : comment, de l'inconscient cellulaire, peut se former une image et se dire une parole. Elle permet, par une approche en finesse de l'inconscient, de voir comment se font blocages ou distorsions nĂ©vrotiques au cours de ces passages et comment on peut libĂ©rer une Ă©nergie (quel qu'en soit l'accĂšs : corps, images ou mots) qui Ă©tablisse une bonne circulation entre ses diffĂ©rentes instances et entre conscient et inconscient. » Une fois cette petite prĂ©sentation faite, que peut-on en dire ? Les majuscules que les promoteurs de lÂ’Ă©cole multiplient dans leur prĂ©sentation ne doivent pas impressionner. De mĂȘme, l’annonce que cette Ă©cole forme des psychothĂ©rapeutes en France et Ă  lÂ’Ă©tranger. De pareilles prĂ©tentions et ambitions mettent mal Ă  l’aise. De fait, lÂ’Ă©cole est une Ă©cole parmi d’autres, dont la thĂ©orie et la mĂ©thode se trouvent en concurrence avec des centaines d’autres. Dans le foisonnement psychothĂ©rapeutique contemporain et ce qu’il faut bien appeler le grand marchĂ© des soins psychiques, lÂ’Ă©cole cherche Ă  se dĂ©velopper et soigne sa publicitĂ©. La vocation commerciale transparaĂźt par trop. Entreprise privĂ©e, lÂ’Ă©cole en a le droit cependant. Mais le demandeur de soin ne doit pas l’oublier : ici comme ailleurs, il doit se poser la question de savoir s’il est considĂ©rĂ© avant tout comme un patient ou comme un client. A sa dĂ©charge, disons que le collectif de l’Ecole (EFAPO) a l’honnĂȘtetĂ© de prĂ©ciser que « la profession de psychothĂ©rapeute, nÂ’Ă©tant pas rĂ©glementĂ©e, l’Ecole ne dĂ©livre pas de diplĂŽme universitaire ou d’Etat ». En d’autres termes, les formateurs sont agrĂ©Ă©es par eux-mĂȘmes et lÂ’Ă©cole ne saurait ĂȘtre une Ă©cole au sens classique du mot, et encore moins une grande Ecole, comme l’Ecole Normale SupĂ©rieure par exemple. Donc le mot Ă©cole ne doit pas faire illusion ni celui de maĂźtres ou formateurs professant dans ses murs. L’enseignement dispensĂ© l’est aux risques et pĂ©rils de l’usager, et les certificats dĂ©cernĂ©s n’ont aucune valeur officielle. Ne doivent pas faire illusion non plus l’agrĂ©ment donnĂ© par le SNPPsy (Syndicat National des Praticiens en PsychothĂ©rapie) et l’appartenance Ă  la FFDP (FĂ©dĂ©ration Française de PsychothĂ©rapie) qui est l’organisation nationale d’attribution (NAO) du Certificat EuropĂ©en de PsychothĂ©rapie (CEP). Ces deux organisations professionnelles existent bel et bien mais ne jouissent d’aucun agrĂ©ment de l’Etat. Quant au Certificat EuropĂ©en de PsychothĂ©rapie, il n’a aucune valeur juridique. De mĂȘme, le fait que l’Ecole se dise « certifiĂ©e par l’Office Professionnel de Qualification des Organismes de Formation sous la qualification de formation spĂ©cifique Ă  un mĂ©tier », « reconnue comme Etablissement PrivĂ© d’Enseignement SupĂ©rieur Libre » et « reconnue par la Formation permanente » ne saurait changer quoi que ce soit de fondamental Ă  ce qui vient d’ĂȘtre dit. Dans l’immense majoritĂ© des cas, les Ă©tablissements d’enseignement privĂ©s – Ă©cole, collĂšge et lycĂ©e - sont sous contrat d’association avec l’Etat et soumis Ă  des rĂšgles trĂšs strictes (programmes, professeurs diplĂŽmĂ©s d’Etat, maĂźtres salariĂ©s par l’Etat, etc.) ; l’Ecole Française d’Analyse Psycho-Organique tend donc Ă  induire l’usager en erreur en parlant de sa reconnaissance comme Etablissement PrivĂ© d’Enseignement SupĂ©rieur Libre. L’EFAPO est-elle considĂ©rĂ©e comme une secte ? A notre connaissance, non. Mais ce n’est pas Ă  un association comme PsychothĂ©rapie Vigilance de l’assurer. Il appartient aux pouvoirs publics de lÂ’Ă©tablir. Le fait de poser la question donne Ă  penser que vous avez des doutes sur le fonctionnement de l’Ecole et de sa finalitĂ© rĂ©elle, de certains de ses responsables Ă  tout le moins. Des abus et des dĂ©rives de type sectaire sont toujours possibles, mĂȘme dans des institutions ou structures bien reconnues. Sur quoi ces doutes sont-ils fondĂ©s ? N’hĂ©sitez pas Ă  nous en dire davantage par le biais de l’adresse Ă©lectronique suivante : Psychotherapie.Vigilance@wanadoo.fr Il va de soi que toute personne partageant le mĂȘme sentiment que vous peut enrichir ce questionnement ou, Ă  l’inverse, apporter les rĂ©ponses attendues. En fonction des faits que vous nous exposerez, nous vous donnerons des pistes de rĂ©flexion supplĂ©mentaires et, s’il y a lieu, quelques conseils. L’un n’empĂȘchant pas l’autre, vous pouvez vous rapprocher de l’ADFI la plus proche (Association de dĂ©fense de familles et de l’individu) et, si vous jugez la situation particuliĂšrement grave ou prĂ©occupante, l’officier de police judiciaire de votre commissariat ou celui de la brigade de recherche dĂ©partementale de la gendarmerie nationale. -----Message d'origine----- De : Yves Brault [mailto:yves.brault@libertysurf.fr] EnvoyĂ© : jeudi 4 dĂ©cembre 2003 21:26 À : Psychotherapie.Vigilance@wanadoo.fr Objet : Site EFAPO Monsieur, Je m'appelle Yves Brault ; je suis formateur Ă  L'École Française d'Analyse Psycho-Organique et c'est moi et mon Ă©pouse qui avons rĂ©digĂ© les informations sur l'EFAPO dont vous parlez dans votre propre site. Nous avons au moins en commun d'avoir Ă©tĂ© publiĂ© dans la page "dĂ©bats" du Monde Ă  une semaine d'intervalle. Dans mon propre article, publiĂ© dans le monde datĂ© du 3 dĂ©cembre (paru le mardi 2), je dĂ©fends l'idĂ©e que la guerre entre les diffĂ©rentes catĂ©gories de psy ne peut ĂȘtre que prĂ©judiciable aux personnes en souffrance psychique. Je respecte votre combat contre les dĂ©rives manifestes dans le domaine de la psychothĂ©rapie. Toutefois, je souhaite vous convaincre que l'EFAPO ne peut pas ĂȘtre qualifiĂ©e de secte, mĂȘme si nous ne sommes pas parfaits. Vous contestez les "reconnaissances" dont je fais Ă©tat. Je me contenterai de vous indiquer que l'OPQF est un organisme semi-public qui a signĂ© un protocole avec le MinistĂšre chargĂ© de la Formation professionnelle. L'agrĂ©ment par cet organisme ne va nullement de soi et n'est d'ailleurs pas permanent. Vous pouvez aisĂ©ment vĂ©rifier ces affirmations par vous-mĂȘme. Personnellement je tiens beaucoup Ă  ce que l'information que je donne aux candidats Ă  l'EFAPO soit honnĂȘte. La moyenne d'Ăąge de nos "Ă©tudiants" tourne autour des 45 ans ; ce ne sont pas des enfants. Autant que je puisse m'en rendre compte, ils font avec conscience et souvent beaucoup de coeur le mĂ©tier que nous leur apprenons. Ils ont obligation de se soumettre Ă  une supervision rĂ©guliĂšre tant qu'ils exercent, ce qui est un acte d'humilitĂ© qui n'est pas forcĂ©ment Ă©vident. D'autre part, nous avons mis en place une commission qui reçoit les plaintes Ă©ventuelles de clients. Dans un cas que j'ai eu Ă  connaĂźtre de prĂšs, cette commission n'a montrĂ© aucune indulgence envers le psychothĂ©rapeute qu'elle a jugĂ© dĂ©faillant. Sur le fond, je suis d'accord qu'il y ait des psychothĂ©rapeutes malhonnĂȘtes. Il y en a-t-il davantage chez les psychiatres, chez les psychologues, chez ceux qui ne sont ni l'un ni l'autre ? Je ne le sais pas et personne ne le sait car aucune enquĂȘte sĂ©rieuse sur ce point n'a Ă©tĂ© faite, Ă  ma connaissance. J'ai eu (je suis maintenant Ă  la retraite) moi-mĂȘme des patients qui ont Ă©tĂ© "abĂźmĂ©s" par des psychiatres ou des psychanalystes, mais je n'ai jamais gĂ©nĂ©ralisĂ© ce qui est peut-ĂȘtre des cas particuliers. Il me semble qu'il pourrait y avoir un accord qui aboutirait Ă  une meilleure protection du public. Je suis absolument dĂ©solĂ© de l'agressivitĂ© qui se manifeste dans le dĂ©bat actuel. Je ne crois pas que cela serve les personnes en difficultĂ©. Je reste Ă  votre disposition pour des prĂ©cisions que vous souihaiteriez avoir. Nous ne poursuivons pas des buts antagonistes, au moins devrions-nous arriver Ă  un respect mutuel. Yves Brault -----Message d'origine----- De : PsychothĂ©rapie Vigilance [mailto:Psychotherapie.Vigilance@wanadoo.fr] EnvoyĂ© : vendredi 5 dĂ©cembre 2003 21:27 À : 'Yves Brault' Objet : RE : Site EFAPO Importance : Haute Monsieur, Je suis sensible au ton et Ă  la tenue de votre lettre. AprĂšs avoir bien relu le texte sur l'EFAPO Ă©crit en rĂ©ponse Ă  une question Ă©crite datant de plusieurs mois, j'observe que je n'ai en aucune façon traitĂ© votre Ă©cole de secte. Je rĂ©ponds clairement en disant que c'est Ă  la Justice de se prononcer s'il y a lieu et matiĂšre. C'est bien volontiers que demain (en principe), je ferai suivre de votre texte la prĂ©sentation figurant dans le site. Si par cas j'oubliais, n'hĂ©sitez pas Ă  me le rappeler dans la journĂ©e de dimanche. Mes journĂ©es sont trĂšs, trĂšs longues en ce moment. Merci de ne jamais oublier les victimes - extrĂȘmement nombreuses - des thĂ©rapeutes incompĂ©tents, pathologiques et pathogĂšnes. C'est pour faire entendre leurs maux et leur dĂ©sarroi que j'ai crĂ©Ă© l'association et le site. Je vous souhaite une bonne soirĂ©e et une bonne fin de semaine. Guy Rouquet -----Message d'origine----- De : Yves Brault [mailto:y.brault@free.fr] EnvoyĂ© : dimanche 7 fĂ©vrier 2010 15:43 À : Rouquet Guy Objet : Re: À propos de l'EFAPO Monsieur, Je viens de relire le courriel que je vous ai envoyĂ© il y a sept ans, le 4 dĂ©cembre 2003 pour ĂȘtre prĂ©cis. Dans ce texte, je dĂ©fendais l'honnĂȘtetĂ© de l'EFAPO, dont j'ai Ă©tĂ© l'un des fondateurs. J'Ă©tais sincĂšre. HĂ©las, aujourd'hui, je ne peux plus soutenir ce que je disais alors. Mon Ă©pouse et moi-mĂȘme avons quittĂ© l'EFAPO face Ă  une dĂ©rive enfermant les Ă©tudiants dans une dĂ©pendance aux formateurs qui va bien au-delĂ  de la durĂ©e de la formation (quatre ans). Je souhaite donc que vous fassiez suivre ce texte de ce courriel. Je partage votre souci de protĂ©ger les personnes en dĂ©tresse psychique. Mais il y a un autre public vulnĂ©rable : ceux qui, en recherche d'un mĂ©tier enrichissant, sont prĂȘts Ă  investir leur temps et leur argent pour se former. Par ailleurs, je vous joins une lettre avec quelques explications au cas oĂč cela vous intĂ©resserait. Je ne souhaite pas que vous la publiiez. Cordialement, Yves Brault
Manipulation, quel but? :
« J’ai exposĂ© mon affaire Ă  l’association dĂ©partementale de dĂ©fense des familles et de l’individu (ADFI). La personne que j’ai rencontrĂ©e m’indique que, selon toute vraisemblance, mon Ă©pouse est victime d’une manipulation mentale. J'aimerais avoir des prĂ©cisions. Quel est l'objectif si manipulation il y a ? »
L'objectif de la manipulation mentale est de contrĂŽler l’esprit de la personne demandeuse de soin, de service ou de dĂ©veloppement personnel. Le manipulateur dĂ©sire soumettre le sujet Ă  ses dĂ©sirs, volontĂ©s et caprices. Il profite de lÂ’Ă©tat d’ignorance ou de faiblesse de celui qui s’adresse Ă  lui en toute confiance. Il pervertit de ce fait la relation l’unissant Ă  son client ou patient. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le manipulateur agit pour assouvir un dĂ©sir de puissance. Il Ă©prouve une vraie jouissance Ă  exercer un pouvoir, Ă  tenir l’autre Ă  sa merci, Ă  modeler son esprit Ă  sa guise. Il met tout son gĂ©nie Ă  dĂ©personnaliser sa victime, Ă  en faire un pion, Ă  l’instrumentaliser. La recherche du profit est trĂšs souvent l’autre motivation majeure du manipulateur. Pour lui, le patient ou demandeur de soin est avant tout un client dont l’intĂ©rĂȘt qu’il suscite est d’ordre matĂ©riel et financier. L’usager est une sorte de « vache Ă  lait » dont le manipulateur va s’appliquer Ă  soutirer les revenus, les Ă©conomies, les biens, le patrimoine, les hĂ©ritages reçus ou prĂ©visibles… Pour parvenir Ă  ses fins, le manipulateur "promĂšne" le manipulĂ© de stage en sĂ©minaire, de sĂ©minaire en voyage, de voyage en isolement, puis Ă  nouveau de stage en confĂ©rence... Il travaille souvent en rĂ©seau c’est-Ă -dire en connivence avec d'autres personnes de mĂȘme nature, issues gĂ©nĂ©ralement de la mĂȘme « Ă©cole » ou « chapelle » pseudothĂ©rapeutique ou psycho-spirituelle. Pour "guĂ©rir", parachever sa "guĂ©rison", le manipulĂ© est conditionnĂ© Ă  suivre de nouvelles sĂ©ances ou « thĂ©rapies », avec d'autres compĂšres ou complices du manipulateur. Parfois, l'intention consiste Ă  enfermer l'autre dans une secte, qui ne dit pas son nom et qui, bien entendu, se dĂ©fend d'ĂȘtre une secte, mĂȘme lorsqu’elle a Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©e comme telle par les parlementaires et la Mission interministĂ©rielle de lutte contre les sectes. Il arrive que le manipulateur soit un pervers sexuel, dont la finalitĂ© principale est d’assouvir ses fantasmes et d’encourager les passages Ă  l’acte les plus pernicieux. Il arrive aussi que le manipulateur soit tout Ă  la fois un pervers sexuel, un homme cupide, un mĂ©galomane, un assoiffĂ© de pouvoir, un agent recruteur au service d’une secte, un doctrinaire dĂ©lirant et dogmatique, un gourou… Pour une seule de ces raisons, a fortiori pour toutes ces raisons, le manipulateur s'applique Ă  couper les liens unissant sa victime Ă  son milieu d’origine. DĂšs lors, tous ceux qui n’entrent pas dans son jeu et font preuve de luciditĂ© et d’esprit critique sont diabolisĂ©es. Ils deviennent les personnes Ă  abattre. Les parents, les enfants, le conjoint, les amis d’antan deviennent les ennemis, des ĂȘtres dont il faut se protĂ©ger, par rapport auxquels il convient de prendre ses distances, de se sĂ©parer, de « divorcer » (au sens propre comme au sens figurĂ©). La rupture avec la parentĂšle mais aussi avec la profession, le mode de vie, les habitudes alimentaires, voire mĂȘme son pays, sa patrie, la terre de ses pĂšres, est recherchĂ©e par le manipulateur. Quand elle est obtenue – parfois trĂšs vite, en l’espace d’un week-end -, le manipulateur sait que son entreprise a rĂ©ussi et que, pendant des annĂ©es, selon son bon plaisir, il obtiendra de sa victime tout ce qu’il dĂ©sire. Pour en savoir davantage : consulter les articles figurant dans le site Ă  la rubrique « Manipulation mentale ».
Rebirth, faux souvenir ? :
« Ma belle-soeur pratique le rebirth en groupe et dans des sĂ©minaires relativement onĂ©reux. Son frĂšre, et moi-mĂȘme commençons Ă  ĂȘtre inquiets de ce qu'elle nous rĂ©vĂšle. Elle revit certaines situations qui nous semblent incroyables. Elle s'est revue dans le ventre de sa mĂšre, et derniĂšrement elle nous a confiĂ© qu'elle avait Ă©tĂ© abusĂ©e sexuellement et qu'elle avait revĂ©cu ses moments lors de son dernier sĂ©minaire Ă  Lyon le 10 et 11 mai dernier. Avec mon mari nous ne comprenons pas : elle ne nous avait jamais rien dit et elle nous a affirmĂ© qu' elle n'en avait jamais parlĂ© car elle avait oubliĂ© ce qu'elle avait vĂ©cu. Ma belle-soeur est Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ© et possĂšde une licence de psycho ; elle s'est toujours cherchĂ©e et vient de vivre son deuxiĂšme divorce. Elle est fragile elle est sujet Ă  l'Ă©tat dĂ©pressif , elle a connu le rebirth lors d'une thĂ©rapie pour enrayer une dĂ©pression. Nous nous faisons du souci pour elle et nous avons l'impression qu'avec le rebirth elle se met en danger! Pouvez -vous svp nous dire si cette thĂ©rapies fait partie des manipulations mentales et si elle peut avoir des flashes de choses qu'elle n'aurait jamais vĂ©cues ? »
Ce que vous nous dites est trĂšs caractĂ©ristique de ce que nous savons par ailleurs. Nous vous renvoyons au mot « rebirth » dĂ©fini dans le Lexique de PsychothĂ©rapie Vigilance mais aussi Ă  la rĂ©ponse donnĂ©e Ă  l’autre question ayant trait au rebirth dans « Nos questions/Vos rĂ©ponses ». Votre belle-sœur a plus que jamais besoin de vous. Il est clair que son Ă©tat dĂ©pressif n’a pu ĂȘtre qu’aggravĂ© par lÂ’Ă©mergence d’un faux souvenir comme celui que vous racontez. Il est clair aussi qu’on ne peut parler ici de thĂ©rapie. Il s’agit d’une pseudothĂ©rapie en fait, pour ne pas dire d’un acte criminel passible des tribunaux. Aux Etats-Unis, l’an passĂ©, les parlementaires amĂ©ricains ont condamnĂ© Ă  l’unanimitĂ© le « rebirthing » et recommandĂ© Ă  chaque dÂ’Ă©tat de l’interdire. D’ores et dĂ©jĂ  plusieurs l’ont fait. Il faudrait parvenir aux mĂȘmes rĂ©sultats en France et dans le reste de l’Europe. Pour rĂ©pondre plus prĂ©cisĂ©ment Ă  votre question, nous vous confirmons que le rebirth est une technique se prĂȘtant particuliĂšrement Ă  la manipulation mentale et Ă  l’induction de faux souvenirs. Ce qui ne signifie pas pour autant que toutes les personne la mettant en œuvre soient manipulatrices et fonciĂšrement malhonnĂȘtes. Cependant, force est de reconnaĂźtre que nous avons connaissance de trop nombreux cas de dĂ©rapages du mĂȘme type que celui que vous mentionnez dans votre message. A partir de ce moment, on peut se demander si le terme de dĂ©rapage convient. Par dĂ©finition, un dĂ©rapage est involontaire. DĂšs lors que, dans diffĂ©rents endroits de France, des cas similaires au vĂŽtre sont recensĂ©s, il est permis de penser que l’on a affaire Ă  un problĂšme de fond extrĂȘmement grave. Par suite, deux questions mĂ©ritent rĂ©ponse : Par qui ont Ă©tĂ© formĂ©es les personnes pratiquant ce genre de technique ? Quel dessein anime leurs formateurs ? De deux choses l’une : ou c’est dĂ©libĂ©rĂ©, et c’est criminel ; ou c’est sans volontĂ© de nuire, et cela rĂ©vĂšle de l’incompĂ©tence. Nous vous conseillons d’informer l’Association de dĂ©fense des familles et de l’individu de Lyon de cette situation : ADFI – Palais de la MutualitĂ© – Place Antonin Jutard – 69003 Lyon – T. 04.78.6233.49. Mais aussi l’Association d'entraide aux familles confrontĂ©es Ă  des accusations soudaines induites par des croyances psycho-philosophiques ayant pour consĂ©quence la destruction de la famille : AEFCAS - CitĂ© des associations 93, La CanebiĂšre – BP 111 - 13001 Marseille ; courriel : aefcas@wanadoo.fr - T. 06 74 02 05 43 et le Centre d’Information et de PrĂ©vention sur les PsychothĂ©rapies Abusives et DĂ©viantes (C.I.P.P.A.D) - Groupe MILON - 6 rue de la Roirie - 49500 SEGRE -T. 02-41-61-38-52 ; courriel : cippad@unimedia.fr Nous vous recommandons enfin de vous mettre plus directement en rapport avec nous par le biais de l’adresse Ă©lectronique suivante : Psychotherapie.Vigilance@wanadoo.fr » cf. dĂ©finition du mot rebirth dans le Lexique et la rĂ©ponse Ă  la question "Rebirth, dĂ©finition ?".
D.D.A.S.S, agrément ? :
« La D.D.A.S.S. de mon dĂ©partement est en train dÂ’Ă©laborer une liste de psychologues agrĂ©Ă©s par elle. Il semble que l'agrĂ©ment soit attribuĂ© aux universitaires (BAC + 5 (DEA/DESS) ayant suivi un stage professionnel. Autrement dit, hors de la psychologie, point de psychothĂ©rapie. Qu'en pensez-vous ? »
Comme toutes les autres Directions dĂ©partementales de la SantĂ©, votre D.D.A.S.S a Ă©tĂ© saisie par les pouvoirs publics. En effet, faisant suite Ă  l’article 57 de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades, le dĂ©cret d’application du 14 novembre 2002 rend obligatoire l'inscription des psychologues (salariĂ©s comme libĂ©raux) sur la liste dĂ©partementale des psychologues autorisĂ©s Ă  faire usage professionnel du titre. La circulaire de la Direction GĂ©nĂ©rale de la SantĂ© envoyĂ©e le 21 mars 2003 aux Directions dĂ©partementales des affaires sanitaires et sociales (D.D.A.S.S), portant le n° 2003-143, indique Ă  ces services les modalitĂ©s d'inscription des diplĂŽmes. En d’autres termes, les personnes pouvant faire usage du titre de psychologue viennent d'ĂȘtre intĂ©grĂ©es dans le Code de la santĂ© publique. DĂšs lors, tout psychologue est tenu de se mettre en rapport avec la D.D.A.S.S de sa rĂ©sidence professionnelle pour faire enregistrer les originaux de ses diplĂŽmes (au minimum licence, maĂźtrise et D.E.S.S ou D.E.A + stage) et remplir un formulaire Cerfa afin d’ĂȘtre inscrit sur le fichier Adeli 2 qui recense dĂ©partement par dĂ©partement les professionnels de la santĂ© publique ou privĂ©e et les acteurs sociaux en droit d'exercice. Outre la protection du titre, la mesure est destinĂ©e Ă  assurer celle des usagers. Ces derniers auront dĂ©sormais la possibilitĂ© de pouvoir vĂ©rifier auprĂšs de leur D.D.A.S.S si une personne est ou n'est pas psychologue. PsychothĂ©rapie Vigilance ne peut que se rĂ©jouir de cette disposition qui, Ă  moyen terme, devrait contribuer de façon notable Ă  l’assainissement du milieu de la psychothĂ©rapie. En toute logique, les psychothĂ©rapeutes dont la formation n’est pas agrĂ©Ă©e par les pouvoirs publics pourront ĂȘtre mieux poursuivis pour exercice illĂ©gal de la mĂ©decine ou usurpation du titre de psychologue.» Pour en savoir davantage, nous vous invitons Ă  vous reporter Ă  la page 2 de la sous-rubrique intitulĂ©e « LĂ©gislation » de la rubrique « Accueil ».
Haptonomie, secte ? :
« L’haptonomie est-elle une secte, une science Ă  caractĂšre sectaire ? A-t-elle un rapport avec le chamanisme ? Quel est votre avis ? Merci.» (bjm)
D’aprĂšs ses concepteurs et rĂ©alisateurs, l’haptonomie est « la Science de l’AffectivitĂ© » (sic) ou, dit autrement, « la science des interactions et des relations affectives humaines. » Le terme a Ă©tĂ© forgĂ© Ă  partir des mots grecs classiques "hapsis" qui dĂ©signe le tact, le sens, le sentiment, et "nomos" qui dĂ©signe la loi, la rĂšgle, la norme. « Hapto signifie : j'Ă©tablis tactilement une relation, un contact tactile pour rendre sain, pour guĂ©rir, rendre entier, pour confirmer l'autre dans son existence. » (sic) FondĂ©e par Frans Veldman « depuis 1945 », cette Science empirique phĂ©nomĂ©nologique, dont tous les phĂ©nomĂšnes seraient « reproductibles et vĂ©rifiables », « se base sur la constatation claire et Ă©vidente de phĂ©nomĂšnes, qui caractĂ©risent de façon spĂ©cifique l'expĂ©rience affective de l'humain. » Englobant toute la vie humaine, « de la conception jusqu'Ă  la mort », l’haptonomie « trouve des applications spĂ©cifiques dans toutes les phases de la vie et dans diverses disciplines de la santĂ©. » L’haptonomie se revendique donc comme une science. Est-elle Ă  caractĂšre sectaire ? Il ne nous appartient pas d’en juger. En principe, non. Une science n’est pas sectaire par nature, mais aucune n’est Ă  l’abri de perversions ou de dĂ©viations de ce type. Ce sont les hommes qui l’utilisent qui ont ou n’ont pas un esprit sectaire. A quelles fins se servent-ils de leur savoir et de leur pouvoir ? La science est-elle le cheval de Troie d’une idĂ©ologie ? En pareil cas, quelle est cette idĂ©ologie ? Quelle est son ambition ? Est-elle rĂ©servĂ©e Ă  des « initiĂ©s » ? Et, en pareil cas, quelle serait leur vraie « mission » ? Pour poser une pareille question, en associant le chamanisme de surcroĂźt, il semble que vous soyez inquiet. Il serait intĂ©ressant que vous nous indiquiez pourquoi. D’oĂč viennent vos prĂ©occupations ? N’hĂ©sitez pas Ă  nous en dire davantage par le biais de l’adresse Ă©lectronique suivante : Psychotherapie.Vigilance@wanadoo.fr Il va de soi que toute personne partageant le mĂȘme sentiment que vous peut enrichir ce questionnement ou, Ă  l’inverse, apporter les rĂ©ponses attendues. Le dossier est ouvert. Comme pour celui de la « mĂ©moire cellulaire » au sujet duquel nous avons Ă©tĂ© interrogĂ©s voici plusieurs semaines, il sera complĂ©tĂ© au fil des mois, en fonction des Ă©lĂ©ments concrets et probants qui nous seront transmis.
Maroc, bons psychologues ? :
« Je suis Ă  la recherche de bons psychologues au Maroc, Ă  Rabat en particulier. Pouvez-vous me renseigner s’il vous plaĂźt ? » (Idrissi)
Nous vous remercions de votre confiance. Mais la vocation de PsychothĂ©rapie Vigilance n’est pas de recommander quelque professionnel que ce soit. Si nous le faisions, nous nous inscririons dans une dĂ©marche commerciale qui est contraire non seulement Ă  l’esprit qui nous anime mais Ă  celui de tout vrai professionnel de la santĂ©. Par ailleurs, la notion de « bon psychologue » est Ă  Ă©viter dans toute la mesure du possible. Personne n’est Ă  l’abri d’une erreur, d’un abus ou d’une dĂ©viance. Suite Ă  des problĂšmes personnels, on a vu des praticiens adopter plus ou moins rapidement des comportements nouveaux Ă  risque pour le patient. De mĂȘme, le succĂšs mĂ©diatique de certains psychologues ne doit pas faire illusion. Ce n’est pas parce que l’on est l’invitĂ© rĂ©gulier dÂ’Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es ou radiophoniques que l’on est un bon professionnel. Les critĂšres de sĂ©lection y reposent sur des considĂ©rations qui ont peu de chose Ă  voir avec le statut professionnel du thĂ©rapeute. Pour le responsable de lÂ’Ă©mission, il s’agit avant tout d’avoir une bonne audience. La bonne tĂȘte du psychologue de service, son sens du spectacle, de la rĂ©partie ou de la polĂ©mique, ses succĂšs en librairie ou dans les magazines de santĂ© Ă  grand tirage sont des Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  l’audimat mais radicalement opposĂ©s aux conditions rĂ©gissant l’exercice serein du mĂ©tier. Etre bon sur un plateau de tĂ©lĂ©vision ne signifie nullement qu’on le soit en privĂ©, jour aprĂšs jour, dans l’exercice du mĂ©tier. A dĂ©faut de vous donner des noms, nous vous recommandons de vous adresser Ă  l’Association Marocaine des Études Psychologiques - FacultĂ© des Lettres et des Sciences Humaines - UniversitĂ© Mohammed V - Rabat (Maroc). T. +212/77.19.89 – Fax : +212/77.20.68. Ladite association est membre de l'Union Internationale de Psychologie Scientifique (UIPsyS), ce qui est actuellement une garantie de sĂ©rieux.
Psychanalyse, fédération française? :
« Je voudrais avoir des informations sur la FĂ©dĂ©ration française de psychanalyse. Est-ce un organisme reconnu et sĂ©rieux ? Connaissez-vous son directeur Jean-Charles Bouchoux ? Les propositions qu’il propose sont-elles valides et de qualitĂ© ? » (glaco)
A notre connaissance, il n’existe pas de fĂ©dĂ©ration française de psychanalyse. En revanche, la FĂ©dĂ©ration EuropĂ©enne de Psychanalyse (FEP) existe bel et bien. Il s’agit d’une « association scientifique qui regroupe les sociĂ©tĂ©s psychanalytiques europĂ©ennes affiliĂ©es Ă  l'Association Psychanalytique Internationale. A ce titre, la SociĂ©tĂ© Psychanalytique de Paris (S.P.P) est membre de la FĂ©dĂ©ration EuropĂ©enne. » Pour mĂ©moire, rappelons ici que la S.P.P est reconnue d’utilitĂ© publique. Toujours Ă  notre connaissance, M. Jean-Charles Bouchoux est directeur de l’Institut freudien de psychanalyse domiciliĂ© dans les Bouches-du-RhĂŽne (Arles). Il se prĂ©sente Ă  la fois comme psychothĂ©rapeute et comme psychanalyste. La mention de « psychothĂ©rapeute » ne doit en aucun cas impressionner qui que ce soit puisqu’il n’existe aucune diplĂŽme reconnu sur ce plan en France : « il s’agit d’une fonction et non d’un titre. » La mention « Institut » ne doit guĂšre impressionner non plus. Sauf erreur de notre part, ledit institut n’a rien d’acadĂ©mique; c’est une structure privĂ©e dont les certificats qu’il pourrait dĂ©livrer ne peuvent prĂ©tendre Ă  la qualitĂ© de diplĂŽmes universitaires. Les formations dispensĂ©es ne sont pas validĂ©es par les pouvoirs publics et ne font l’objet d’aucun contrĂŽle d’une autoritĂ© de tutelle. Il semble que l’institut dirigĂ© par M. Charles Bouchoux s’inscrive dans l’esprit et la mouvance du New Age. Ce qui ne signifie pas pour autant que le travail n’y soit pas effectuĂ© avec sĂ©rieux. Cela Ă©tant, on est en droit de s’interroger sur lÂ’Ă©tendue du sĂ©rieux en question quand, s’agissant de la formation Ă  la « psychothĂ©rapie relationnelle » (sic), il est prĂ©cisĂ© ceci, qui se rĂ©vĂšle bien lĂ©ger : « Les cours ont lieu en moyenne une fois tous les quinze jours et pendant deux heures. (…) Afin d'ĂȘtre certifiĂ© Ă  la fin de la formation " psychothĂ©rapeute relationnel " il faut avoir assistĂ© Ă  80% des cours thĂ©oriques et participer Ă  tous les ateliers de pratiques. Il n'y aura pas d'examen de fin d'annĂ©e au sens scolaire du terme mais une assiduitĂ© et un engagement personnel prĂ©dominant sont nĂ©anmoins indispensables Ă  la validation de la formation. » Prudence donc. La dimension commerciale de l’entreprise et la perspective thĂ©rapeutique sont en concurrence. Nous ne saurions trop recommander aux usagers – demandeurs de soin ou de formation – se trouvant dans une situation similaire Ă  celle que vous Ă©voquez de mĂ»rir leur dĂ©cision aprĂšs avoir bien lu les articles spĂ©cifiques de PsychothĂ©rapie Vigilance et s’ĂȘtre renseignĂ© auprĂšs de l’Association de dĂ©fense des familles et de l’individu (A.D.F.I) la plus proche comme de la Direction dĂ©partementale des affaires sanitaires et sociales (D.D.A.S.S). cf. lexique : New Age (Nouvel Âge).
Reiki, risques ? :
« Qu’est-ce que le Reiki ? On en parle beaucoup. Est-ce sans risque ? »
Dans la nĂ©buleuse des nouvelles thĂ©rapies caractĂ©ristiques du New Age par leur mĂ©thode, leur finalitĂ© et leurs effets, le reiki occupe une place de choix. Aujourd’hui la curiositĂ© le dispute Ă  l’inquiĂ©tude comme l’atteste l’article du Bulletin de liaison pour lÂ’Ă©tude des sectes (Bulles) publiĂ© au cours du troisiĂšme trimestre 2002 par l’Union nationale des associations de dĂ©fense des familles et des individus (UNADFI) sous le titre LE REIKI ET SES DERIVES. UNE METHODE… Le reiki a Ă©tĂ© dĂ©couvert (ou inventĂ© ?) par un Japonais, le Docteur Mikao Usui, vers la fin du XIXĂšme siĂšcle. Reiki signifie en japonais "Ă©nergie universelle de vie", c'est-Ă -dire la force divine qui soutient toute vie. C'est une mĂ©thode de guĂ©rison par imposition des mains qui se diffĂ©rencie du magnĂ©tisme "classique" par deux aspects : - le praticien ne fournit pas lui-mĂȘme l'Ă©nergie comme c'est le cas chez d'autres magnĂ©tiseurs, mais sert de "canal" pour laisser passer cette Ă©nergie, venue d'une autre dimension ; l'efficacitĂ© des soins est donc indĂ©pendante de l'Ă©tat de fatigue et de la disposition mentale dans lequel se trouve le praticien ; - le reiki Ă©tant une Ă©nergie "intelligente", il est inutile de connaĂźtre l'anatomie du corps, puisqu'elle se dirige lĂ  oĂč le corps (physique ou Ă©nergĂ©tique) en a besoin. Inutile Ă©galement de se demander quelle quantitĂ© d'Ă©nergie donner, le flux d'Ă©nergie cesse de lui-mĂȘme selon les besoins. Bref, c'est une mĂ©thode de guĂ©rison du corps. Elle entraĂźne aussi l'Ă©volution spirituelle du praticien. Elle agit sur tous les plans : physique, psychique, Ă©motionnel et spirituel. Elle agit aussi sur les animaux, les plantes et les situations. Cette mĂ©thode est simple, nouvelle et rĂ©volutionnaire selon ses promoteurs, accessible Ă  tout le monde, enfants ou adultes, puisqu'elle ne demande aucune formation poussĂ©e. Cela explique d'ailleurs le temps record pour accĂ©der au statut de "maĂźtre" : en trois ou quatre week-end seulement Ă©talĂ©s sur une annĂ©e dans certaines associations. A chaque week-end correspond un niveau ou une initiation. Les tarifs de ces week-end sont progressifs : le premier niveau, qui permet d'ouvrir le canal d'Ă©nergie, coĂ»te en moyenne entre 120 et 180 euros ; le deuxiĂšme niveau, qui permet de soigner Ă  distance, entre 150 et 300 euros ; le dernier niveau (le troisiĂšme ou le quatriĂšme selon les Ă©coles), qui donne l'accĂšs au titre de maĂźtre et donc d'enseignant, coĂ»te aux alentours des 1.500 euros, parfois plus. DES CONSTATS… Sur huit mois, l'ADFI Paris, Ă  elle seule, a enregistrĂ© 28 demandes de personnes (appels tĂ©lĂ©phoniques, parfois suivis d'entretiens) allant de la simple quĂȘte d'information jusqu'Ă  des tĂ©moignages alarmants. Toutes les ADFI sont Ă©galement sollicitĂ©es. - 50 % des personnes demandent des informations sur cette mĂ©thode ou sur une association proposant une initiation au reiki. 15% s'intĂ©ressent d'elles-mĂȘmes au reiki mais dĂ©sirent se renseigner avant de s'y engager, et 35% s'inquiĂštent pour un proche qui s'intĂ©resse Ă  cette pratique qui leur paraĂźt Ă©trange, parfois suspecte ; - 40 % de ces appels signalent, chez un de leur proche s'Ă©tant initiĂ© au reiki, un changement de comportement plus ou moins radical. GĂ©nĂ©ralement, le nouvel adepte revendique son "indĂ©pendance" qui peut se manifester par un dĂ©sintĂ©rĂȘt pour la vie familiale (les enfants, le conjoint, la maison), pour la vie professionnelle ou pour la vie matĂ©rielle en gĂ©nĂ©ral (l'argent, l'alimentation), etc. - enfin, 10 % de cette population considĂšre l'adhĂ©sion de leur conjoint au reiki comme Ă©tant Ă  l'origine d'un divorce ou d'une rupture familiale. Parmi ces 28 tĂ©moignages, 15 femmes et 13 hommes sont intĂ©ressĂ©s ou concernĂ©s directement par cette mĂ©thode, autant dire que la diffĂ©rence est non-significative. Le reiki concerne tous les Ăąges, mais, selon nos donnĂ©es, il intĂ©resse davantage les jeunes adultes (20 - 25 ans) et les adultes ĂągĂ©s entre 45 et 60 ans. A l'heure actuelle, nous ne dĂ©plorons aucun problĂšme grave de santĂ©, si ce n'est un cas d'amaigrissement et un cas de troubles psychologiques assez graves. Mais ces troubles sont-ils dus Ă  une problĂ©matique antĂ©rieure Ă  l'adhĂ©sion ? Il arrive aussi que certains sujets refusent de se soigner par la mĂ©decine classique en raison de la confiance exclusive en cette mĂ©thode. … DES QUESTIONS Il serait imprudent de proposer des conclusions hĂątives. En effet, l'adhĂ©sion Ă  un groupe de reiki est-il Ă  l'origine de ces troubles ou ne fait-il que rĂ©veiller ou accentuer une problĂ©matique familiale ou personnelle antĂ©rieure ? En tout cas, le lien de cause Ă  effet n'est pas encore clairement Ă©tabli. La mĂ©thode, en tant que telle, est-elle Ă  incriminer ? Ce n'est pas Ă  nous d'en juger. Cependant, face Ă  ces constats, nous pouvons lĂ©gitimement nous interroger sur ce qui se dit et se fait autour de l'enseignement du reiki dans certaines associations, au point que certains initiĂ©s reconsidĂšrent leur vie dans ses fondements jusqu'Ă  vouloir la transformer radicalement. Qu'est-il enseignĂ© lors des initiations pour que des personnes en recherche de bien-ĂȘtre personnel, et souvent animĂ©es par des projets altruistes, en viennent Ă  se couper de leurs proches et de leurs amis ? Les partisans du reiki argumenteront pour leur dĂ©fense que les initiĂ©s acquiĂšrent une autre vision sur le monde, sur l'ĂȘtre, etc., une vision plus spirituelle, plus dĂ©tachĂ©e de la vie bassement matĂ©rielle. Est-ce ĂȘtre Ă©voluĂ© spirituellement que de se montrer agressif avec son entourage, de fuir tout conflit par des rĂ©ponses toutes faites mais inappropriĂ©es, ou pire par le silence, de dĂ©sinvestir les enfants et le foyer, d'ĂȘtre de plus en plus "absent" (dans tous les sens du terme) comme en tĂ©moignent certaines personnes ? CONCLUSION Pour l'heure, nous n'avons reçu aucun ex-adepte du reiki. C'est pourquoi il est difficile de comprendre ce qui se passe dans certains de ces groupes. D'autre part, nous ne pouvons pas encore vĂ©rifier si ces changements de comportement, ces ruptures familiales sont rĂ©currents dans les groupes sur lesquels nous avons eu quelques tĂ©moignages et donc s'ils sont liĂ©s Ă  l'appartenance Ă  ces groupes. En tous cas, les tĂ©moignages que nous avons reçus mettent en Ă©vidence des problĂ©matiques et des parcours singuliers qui ont amenĂ© ces personnes Ă  rechercher des rĂ©ponses Ă  leurs souffrances (une enfance maltraitĂ©e, un deuil, une crise familiale ou professionnelle, etc.). Ces failles sont-elles reprises et exploitĂ©es par certains maĂźtres peu scrupuleux, davantage investis de la mission de s'enrichir que de contribuer au rĂ©el Ă©panouissement de ces ĂȘtres en dĂ©tresse ? La question de mise sous dĂ©pendance demeure jusqu'Ă  prĂ©sent sans rĂ©ponse, mais elle se pose… Tout tĂ©moignage d’ex-adepte du reiki sera le bienvenu : Psychotherapie.Vigilance@wanadoo.fr cf. lexique : New Age (Nouvel Âge)
Secte en entreprise ? :
«Que faire contre une secte – celle des TĂ©moins de JĂ©hovah – qui recrute les gens depuis quelques annĂ©es dans l’entreprise oĂč l’on travaille depuis deux ans ? »
L’infiltration des entreprises par les sectes (1) est un phĂ©nomĂšne bien connu. Dans certains cas, il arrive mĂȘme que des entreprises soient contrĂŽlĂ©es par des sectes, souvent indirectement par le biais de sociĂ©tĂ©s faisant Ă©cran. L’infiltration se fait de trois façons : par l’ entrisme , la formation permanente et des stages axĂ©s sur le dĂ©veloppement personnel. Ce qui ne signifie pas bien sĂ»r que toutes les activitĂ©s, stages et sĂ©minaires proposĂ©s par l’entreprise ou en son sein soient de nature ou Ă  vocation sectaire. Comment agir ? Plusieurs cas de figure peuvent se prĂ©senter. La personne a des doutes, des prĂ©somptions ou des certitudes sur le recrutement menĂ© par une secte dans l’entreprise. Cette prise de conscience est-elle individuelle ou partagĂ©e par d’autres collĂšgues ? Le recrutement se fait-il Ă  l’insu de la direction ou avec sa complicitĂ© ? Cette complicitĂ© Ă©ventuelle est-elle passive ou active ? Bref, il s’agit de savoir Ă  quel niveau est infiltrĂ©e l’entreprise. Cela Ă©tant, si un homme seul, dĂ©terminĂ© et convaincu, peut faire beaucoup, il risque de se heurter Ă  forte partie. Dans le cas soulevĂ© ici, le directeur des ressources humaines est peut-ĂȘtre tĂ©moin de JĂ©hovah. Qu’il ne le soit pas ouvertement ne signifie pas pour autant qu'il n'en fasse pas partie. Il ne faudrait pas courir le risque d’ĂȘtre licenciĂ© pour un motif fallacieux. DĂšs lors, nous vous invitons Ă  rĂ©unir le maximum d’indices, de preuves ou de tĂ©moignages accrĂ©ditant vos soupçons et, Ă  dĂ©faut de pouvoir agir dans l’entreprise mĂȘme - avec le concours du comitĂ© d'entreprise ou des dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel -, de vous confier Ă  la Brigade dĂ©partementale de recherche de la Gendarmerie nationale, Ă  l’association de dĂ©fense des familles et de l’individu (ADFI) et Ă  l’Inspection du Travail. Prenez rendez-vous. Dites ce que vous savez. Si d’autres collĂšgues sĂ»rs partagent votre analyse, faites une dĂ©marche commune. Dans un premier temps, il s’agit d’informer. Ce faisant, vous rendrez service Ă  l’entreprise et sans nul doute Ă  cette dĂ©mocratie Ă  laquelle vous semblez attachĂ© et que les sectes s’appliquent Ă  dĂ©faire. Peut-ĂȘtre apprendrez-vous alors que d’autres personnes avaient dĂ©jĂ  remarquĂ© les anomalies que vous Ă©voquez. En toute hypothĂšse, il appartiendra aux pouvoirs publics de faire le nĂ©cessaire en informant la direction de l’entreprise. Cette information – officielle ou officieuse - sera adaptĂ©e aux circonstances, en fonction de la gravitĂ© des faits et du degrĂ© d’infiltration supposĂ©e de l’entreprise. N’hĂ©sitez pas Ă  nous tenir au courant de vos dĂ©marches. Nous vous aiderons autant que faire se peut Ă  lever les obstacles que vous pourriez rencontrer. Vous comme tous ceux qui se trouvent dans votre cas. (1) Le mouvement des TĂ©moins de JĂ©hovah est identifiĂ© comme secte en France. Dans la situation Ă©voquĂ©e l’identification est claire. Cependant, il importe de rappeler ici que toutes les sectes ne sont pas rĂ©pertoriĂ©es, et que la plupart avancent masquĂ©es ; que certaines ne comprennent que quelques centaines de membres, voire quelques dizaines. De mĂȘme, disons pour mĂ©moire que le degrĂ© de nocivitĂ© n’est pas proportionnel au nombre de membres. La secte de l’Ordre du Temple Solaire comptait moins de deux cents individus et nÂ’Ă©tait pas considĂ©rĂ©e comme dangereuse par les Renseignements GĂ©nĂ©raux…Enfin, il convient de ne pas oublier que, par divers biais et souvent en toute innocence, de nombreuses entreprises proposent des thĂ©rapies Ă©nergĂ©tiques, des sĂ©ances de relaxation ou de dĂ©veloppement personnel, qui, par le biais de pseudothĂ©rapeutes, notamment des psychothĂ©rapeutes aux diplĂŽmes non agrĂ©Ă©s par les pouvoirs publics, conduisent les participants vers des groupes psycho-spirituels de nature sectaire. A lire, dans la rubrique Sectes, «Le marchĂ© de la formation et le risque d’emprise sectaire dans les entreprises ».
Etat modifié de conscience ? :
« Que faut-il entendre par Ă©tat modifiĂ© de la conscience ? En quoi diffĂšre-t-il de lÂ’Ă©tat altĂ©rĂ© de conscience ? »
Par « Ă©tat modifiĂ© de conscience » (E.M.C) il faut entendre tout Ă©tat mental qui prĂ©sente des diffĂ©rences significatives par rapport Ă  l'Ă©tat d'Ă©veil habituel et Ă  son mode de fonctionnement caractĂ©risĂ© notamment par la rationalitĂ©, l’action orientĂ©e vers un objectif et le sentiment de contrĂŽler l’activitĂ© de l’esprit. Les E.M.C comportent des diffĂ©rences de degrĂ© trĂšs sensibles. La rĂȘverie et la mĂ©ditation sont des E.M.C, mais aussi l’extase, l’enthousiasme, la transe et l’hypnose. Ces Ă©tats sont vĂ©cus de façon spontanĂ©e comme induits par des techniques, des mĂ©thodes ou des substances hallucinogĂšnes. Pour l’essentiel, l’expĂ©rience personnelle desdits Ă©tats est incommunicable. La modification des Ă©tats de conscience fait l’objet dÂ’Ă©tudes, de recherches et d’expĂ©riences poussĂ©es depuis les annĂ©es 1970. Elle est l’une des caractĂ©ristiques majeures du Nouvel Âge. Dans les perspectives de la psychologie transpersonnelle, la conscience ordinaire n’est qu’un cas particulier dans un registre de possibilitĂ©s immenses ; les E.M.C. ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des dĂ©sordres pathologiques mais font partie de la structure de la personnalitĂ©. Les Ă©tats modifiĂ©s de conscience assimilables ou comparables Ă  l’hypnose obtenus par le rebirth, la respiration holotropique, la rĂ©citation de mantras, les techniques d’extase et de transe – celles du chamanisme en particulier - sont gĂ©nĂ©ralement au « service d’un mĂȘme projet de modification du vĂ©cu » (Michel Lacroix) Pour les doctrinaires du New Age, les EMC sont destinĂ©s Ă  favoriser « l’intĂ©riorisation du paradigme holistique » car il s’agit ni plus ni moins que de se prĂ©parer Ă  vivre dans l'Ăšre du Verseau et Ă  devenir « un homme sans frontiĂšres, aux dimensions du Tout», en faisant fi des raisonnements hypothĂ©tico-dĂ©ductifs de la science acadĂ©mique, en permettant lÂ’Ă©vasion dans le monde illimitĂ© du transpersonnel, en naviguant librement de l’atome jusqu’au cosmos tout entier et en devenant une neurone du systĂšme nerveux central de GaĂŻa, l’immense divinitĂ© terrestre, dont le rĂ©veil serait imminent… L’expression « Ă©tat altĂ©rĂ© de conscience » est la traduction littĂ©rale de l’anglais « altered state of consciousness » (ASC). En France, les psychologues transpersonnels privilĂ©gient l’expression « Ă©tat modifiĂ© de la conscience » afin de gommer la connotation pĂ©jorative du qualificatif « altĂ©rĂ© » et de ne pas entretenir de confusion avec des Ă©tats pathologiques ou dĂ©fectueux. Pour eux, les Ă©tats particuliers obtenus seraient de nature « saine » ou « normale ». Il arrive aussi que l’expression « Ă©tat de conscience Ă©largie » soit utilisĂ©e. De nos jours, la modification des Ă©tats de conscience n’est pas une donnĂ©e neutre. Elle relĂšve le plus souvent de l’intuition,de la subjectivitĂ© et d’une intention. Elle a pour vocation dÂ’Ă©garer, d’endormir et d’affaiblir l’esprit critique. DĂšs lors, elle se prĂȘte Ă  tous les dĂ©lires, supercheries, manipulations psychologiques et assujettissements psycho-spirituels. Enfin « la sacralisation des E.M.C » par les thĂ©oriciens de l’Ere du Verseau constitue sans nul doute « une maniĂšre insidieuse de lĂ©gitimer la toxicomanie ». De l’E.M.C Ă  la secte hallucinogĂšne ou Ă  la spiritualitĂ© aliĂ©nante et totalitaire des mouvements appartenant Ă  la nĂ©buleuse du Nouvel Âge, le chemin n’est souvent pas bien long. cf. lexique : New Age, Ere du Verseau, holisme.
Désintoxication, réussite ? :
« Que sait-on du succĂšs des cures de dĂ©sintoxication sur les usagers de la drogue ? Dispose-t-on de statistiques permettant dÂ’Ă©valuer l’efficacitĂ© des mĂ©thodes employĂ©es ? »
Selon la Mission interministĂ©rielle de la lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), il n’existe aucune Ă©tude concernant la "rĂ©ussite" du systĂšme de soins français. Pour parler de rĂ©ussite, il faudrait pouvoir suivre les cohortes de patients toxicomanes pendant de longues annĂ©es. Cela n'est pas possible. La plupart des personnes toxicomanes s'arrĂȘtent d'elles-mĂȘmes aprĂšs avoir Ă©tĂ© en contact avec le systĂšme de soins ou pas. Cet arrĂȘt peut avoir lieu aprĂšs un an comme aprĂšs vingt ans d'usage. Et parmi celles qui sont "passĂ©es" par les structures offrant prise en charge et traitement, il est bien difficile de discerner celles qui ont arrĂȘtĂ© de celles qui ont "rechutĂ©". Les diffĂ©rentes recherches qui ont tentĂ© de rĂ©pondre Ă  cette question ont en commun de montrer : - que la toxicomanie soit dĂ©finie par la dĂ©pendance ou le mode de vie, une part des toxicomanes finit par abandonner l'usage des drogues, et de façon plus spĂ©cifique l'usage d'opiacĂ©s. Toutefois, il n'y a pas de consensus sur le pourcentage de toxicomanes qui finissent par renoncer Ă  l'usage de drogues. - La sortie est l'aboutissement d'un long parcours, Ă©valuĂ© gĂ©nĂ©ralement Ă  une dizaine d'annĂ©es. Ce rĂ©sultat porte sur les populations Ă©tudiĂ©es, ce qui ne signifie pas pour autant que des usagers ne puissent renoncer aux opiacĂ©s plus prĂ©cocement. - Il existe une grande diversitĂ© de trajectoire de sortie. Chaque usager a son propre parcours, qui fait alterner des pĂ©riodes de consommations intensives, de consommations contrĂŽlĂ©es, voire des pĂ©riodes d'abstinence, volontaires ou imposĂ©es. Ces diffĂ©rentes pĂ©riodes peuvent ĂȘtre scandĂ©es par des incarcĂ©rations ou des hospitalisations. On peut penser qu'il y a une relation entre les modalitĂ©s selon lesquelles la toxicomanie est vĂ©cue et les modalitĂ©s selon lesquelles on s'en sort. La diversitĂ© des trajectoires dĂ©pendrait du rapport au produit (du plaisir au soulagement de la souffrance) ainsi que du systĂšme relationnel dans et hors du monde de la drogue. Le pronostic est d'autant meilleur que des ressources sociĂ©tales : relations affectives, familiales et sociales peuvent ĂȘtre mobilisĂ©es. - Des usagers de la drogue peuvent sortir de la toxicomanie sans traitement, ou encore en ayant recours Ă  diffĂ©rents types de prise en charge sans qu'il soit possible d'en Ă©valuer l'impact dans la sortie. On ne sait pas comment agissent les diffĂ©rentes modalitĂ©s de traitement, on ne peut pas dire pour autant que les prises en charge institutionnelles soient sans utilitĂ©, ou sans efficacitĂ©, ou encore qu'elles soient Ă©quivalentes. On peut penser qu' a minima, les institutions de soins jouent un rĂŽle de refuge, refuge qui est quelquefois vital. Les institutions de soins sont d'autant plus nĂ©cessaires que les ressources sociĂ©tales sont faibles ou que l'usager ne peut y avoir recours. Elles seront d'autant plus efficaces qu'elles contribueront Ă  mobiliser les ressources sociĂ©tales et sociales." On peut lire avec profit l’article prĂ©sentĂ© sur le site "Soin Etude et Recherche en Psychiatrie" (D'aprĂšs A. Coppel : Les sorties de la toxicomanie, in DĂ©pendance et conduites de consommation, Editions Inserm, Paris 1997).
DĂ©pendance, secte ? :
« Peut-on parler d’une dĂ©pendance Ă  une secte comme on parle d’une dĂ©pendance Ă  la drogue ? »
Selon le psychiatre Jean-Marie Abgrall, « il existe entre la toxicomanie et le sectarisme des similitudes criantes. Comme un toxicomane se trouve assujetti Ă  une drogue licite ou illicite, l’adepte l’est Ă  un systĂšme de pensĂ©e dont il devient dĂ©pendant. » (in « La MĂ©canique des sectes », Payot). « Brutale ou progressive selon les produits, la dĂ©pendance est installĂ©e quand on ne peut plus se passer de consommer, sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques » dit l’ouvrage rĂ©alisĂ© par le ComitĂ© français dÂ’Ă©ducation pour la santĂ© et la Mission interministĂ©rielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie avec le concours d’un comitĂ© scientifique et d’un comitĂ© de lecture. « Il existe deux dĂ©pendances : psychique et physique. AssociĂ©es ou non, elles se caractĂ©risent par des symptĂŽmes gĂ©nĂ©raux (impossibilitĂ© de rĂ©sister au besoin de consommer ; accroissement d’une tension interne, d’une anxiĂ©tĂ© avant la consommation habituelle ; soulagement ressenti lors de la consommation ; sentiment de perte de contrĂŽle de soi pendant la consommation). La dĂ©pendance psychique est perceptible quand, privĂ© de produit, le sujet est en proie Ă  un mal-ĂȘtre qui peut le conduire jusqu’à la dĂ©pression ou Ă  des rechutes s’il avait dĂ©cidĂ© de lui-mĂȘme, aidĂ© ou non, de cesser toute consommation ; la dĂ©pendance physique est avĂ©rĂ©e quand l’organisme se trouve en Ă©tat de manque, rĂ©clamant le produit Ă  travers des symptĂŽmes caractĂ©ristiques (douleurs, tremblements, convulsions ; agitation, irascibilitĂ©, anxiĂ©tĂ©, angoisse…) Jean-Marie Abgrall considĂšre que le processus conduisant Ă  la dĂ©pendance psychosectaire est « en tout point semblable » Ă  celui « de l’assuĂ©tude et de la dĂ©pendance pharmacologiques ». La dĂ©pendance succĂšde Ă  l’accoutumance, oĂč l’habitude progressive de consommer un produit psychoactif est remplacĂ©e ici par l’adoption graduelle d’une conduite rituelle et d’un nouveau langage. Elle se caractĂ©rise par l’existence d’un « double lien » : « idĂ©ologique, par la sujĂ©tion Ă  la pensĂ©e sectaire » ; « sociologique, entraĂźnĂ©e par l’appartenance au nouveau groupe ». La dĂ©pendance devient « asservissement total de l’individu » lorsque, suite Ă  une augmentation mĂ©thodique « des contraintes et de la soumission qui en rĂ©sulte, sans possibilitĂ© de rupture », l’adepte est « coupĂ© de la sociĂ©tĂ© globale, soumis psychologiquement et physiquement Ă  des obligations qui le privent de son libre arbitre et de toute libertĂ© sociale ou Ă©conomique. » Dans le cadre des sectes hallucinogĂšnes, oĂč diĂšte, jeĂ»ne, alimentation carencĂ©e et privation de sommeil sont monnaie courante, la dĂ©pendance conjugue les effets nocifs signalĂ©s, aggravant dangereusement la situation de l’adepte dont les dĂ©fenses naturelles et les systĂšmes de rĂ©fĂ©rences habituels ont Ă©tĂ© dĂ©tĂ©riorĂ©s et parfois entiĂšrement investis par les propriĂ©tĂ©s psychoactives du produit, par ses conditions d’ingestion et par une idĂ©ologie, Ă  savoir la « pensĂ©e parasitaire » du groupe. cf. lexique : adepte, assuĂ©tude.
Elysée Monceau, secte ? :
« Connaissez-vous le centre ElysĂ©e Monceau ? Antennes Ă  Paris, Le Mans, Tours. Il semblerait que ce soit une secte. Or je consulte un sophrologue qui m’a Ă©tĂ© conseillĂ© par une amie qui Ă©tait suivie par un « mĂ©decin » de ce centre. Mon psychothĂ©rapeute/Sophrologue est le docteur X, d’Angers (49). » (Linhuma)
Votre question est dĂ©licate. Il appartient Ă  la justice de se prononcer sur le caractĂšre sectaire d’un groupe ou d’une institution. De mĂȘme, pour des raisons dĂ©ontologiques et juridiques, nous ne pouvons pas dĂ©voiler l’identitĂ© du docteur d’Angers. Cela Ă©tant, grĂące au site de Matthieu Cossu (Pour ne pas se laisser piĂ©ger par les sectes : http://prevensectes.com ), nous avons eu connaissance d’un article publiĂ© dans Le Point, en date du 4 septembre 2002, intitulĂ© Les DĂ©rives du docteur Dietrich, signĂ© de François Malye, Philippe Houdart et JĂ©rĂŽme Vincent. En voici le texte intĂ©gral Ă©galement lisible Ă  l’adresse URL suivante http://membres.lycos.fr/tussier/rev0209.htm : L'Institut de psychosomatothĂ©rapies et de sexologie, qu'il a fondĂ©, tient plus d'une secte que d'un lieu de soins. « Edwige Charbonneau n'aurait jamais dĂ» retourner voir son mari. Le 29 avril 1994, cette jolie femme de 26 ans se rend Ă  son ancien domicile, un pavillon de la petite ville de Sainte-Maure-de-Touraine, prĂšs de Tours, pour rĂ©gler avec Eric, 30 ans, les derniers dĂ©tails de leur divorce. Ce sont des amis du couple venus leur rendre une visite qui vont, dans la soirĂ©e, dĂ©couvrir le drame : Edwige gĂźt sur un lit, une balle de 22 long rifle dans la tĂȘte. A la cave, ils trouvent le corps d'Eric, pendu. Celui-ci a Ă©pargnĂ© leur fils de 4 ans, RĂ©my, dĂ©posĂ© dans l'aprĂšs-midi chez sa soeur. « Le docteur Dietrich n'avait de cesse de dire Ă  Edwige qu’il fallait qu’elle se sĂ©pare de son mari. Qu'il fallait, comme nous tous, qu'elle coupe les racines avec sa famille, son passĂ©. Il ne cessait de diaboliser Eric Ă  ses yeux. » Henri*, ancien patient de l'Institut francophone de psychosomatothĂ©rapies et de sexologie, parle aisĂ©ment des dĂ©rives qu'il a observĂ©es dans cette structure crĂ©Ă©e en 1987 Ă  Tours par le docteur Erick Dietrich, sexologue. Tout comme Jeanne, autre patiente, venue elle aussi se perdre dans ce que certains n'hĂ©sitent plus Ă  qualifier de secte : « Je me souviens d'une scĂšne incroyable oĂč Dietrich a exigĂ©, devant tous les patients rassemblĂ©s lors d'une sĂ©ance de thĂ©rapie, qu'Edwige, en signe de sĂ©paration, brĂ»le le tee-shirt que son mari lui avait offert. C'Ă©tait trĂšs violent, trĂšs dur. » Quand on Ă©voque le nom de Charbonneau, le docteur Erick Dietrich, pourtant si volubile, ne rĂ©pond pas immĂ©diatement. Il feint de chercher un texte dans son ordinateur, puis fait face : « Cela me dit quelque chose. Je me souviens maintenant. Mais non, jamais je n'ai conseillĂ© Ă  Edwige de divorcer. Cela aurait Ă©tĂ© contraire Ă  la dĂ©ontologie mĂ©dicale. » Quarante-sept ans, cheveux blonds dĂ©colorĂ©s, chaĂźnes en or, pantalon de cuir et santiags, le docteur Dietrich reçoit dans une sorte de cagibi perdu au fond d'une minuscule impasse du 17e arrondissement. On a peine Ă  le croire, mais on est bien au Centre ElysĂ©e Monceau, antenne parisienne de la fantastique nĂ©buleuse de « centres de thĂ©rapies pluridisciplinaires » et autres « centres de sexologie clinique » crĂ©Ă©s par le docteur Dietrich, sa femme, Martine Joseph, et quelques amis. Mais, dans ces quelques mĂštres carrĂ©s en rez-de-chaussĂ©e meublĂ©s d'un bureau, d'un vieux canapĂ©, de quelques bibelots orientaux et d'une ou deux sculptures de phallus, le sexologue Erick Dietrich est bien loin de sa splendeur passĂ©e. Celui qui fut l'un des deux fondateurs du Syndicat national des mĂ©decins sexologues (SNMS) en 1988 connaissait, Ă  cette Ă©poque, la gloire cathodique en apparaissant dans de nombreuses Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es pour parler de sexualitĂ©. En quelques annĂ©es, Erick Dietrich va semer la panique dans la calme capitale tourangelle. A partir de 1993, les procĂ©dures devant l'ordre des mĂ©decins se multiplient. Dix-sept au total ! Un record national. Autant de combats qu'il revendique comme des faits d'armes. « C'est simple, il reprĂ©sentait, Ă  lui seul, 30 % du temps de travail du conseil dĂ©partemental de l'ordre, c'Ă©tait tentaculaire, explique son ancien prĂ©sident, le docteur Ruaux. J'ai dĂ» recevoir au moins une vingtaine de patients qui se plaignaient de lui. Ce type a brisĂ© des familles. » Commerce et " compĂ©rage " Chaque fois ou presque, le docteur Dietrich est sĂ©vĂšrement condamnĂ© par le conseil rĂ©gional du Centre de l'ordre des mĂ©decins mais absous, en appel et contre toute attente, par le Conseil national. A Paris, les sanctions sont considĂ©rablement diminuĂ©es ou supprimĂ©es, quand elles ne sont pas amnistiĂ©es. Pourtant, le code de dĂ©ontologie mĂ©dicale a beaucoup souffert avec le docteur Dietrich : abus de publicitĂ©, accusation de pratiquer la mĂ©decine comme un commerce, violation du secret professionnel, dĂ©rives sectaires ou encore « compĂ©rage », c'est-Ă -dire le fait de profiter de sa qualitĂ© de mĂ©decin pour aiguiller ses patients vers une structure dans laquelle on a des intĂ©rĂȘts. Car, au sein du fameux Institut francophone de psychosomatothĂ©rapies et de sexologie et de ses multiples satellites, le docteur Dietrich et ses acolytes ont dĂ©couvert un filon : ils promettent Ă  leurs patients de les former afin qu'ils deviennent eux-mĂȘmes thĂ©rapeutes ! « Ça m'a coĂ»tĂ© 50 000 francs de croire Ă  tout ça, dit Jeanne. J'Ă©tais en pleine dĂ©pression. J'habite Poitiers et je faisais 200 kilomĂštres pour le voir une demi-heure chaque semaine. » Mieux, l'institut se lance ensuite dans la formation professionnelle, car, avec une simple inscription en prĂ©fecture, n'importe qui peut « vendre » des formations. « Certains patients Ă©taient pris en charge par l'ANPE, dit Henri. Au dĂ©but de ma formation, il y avait plutĂŽt des gens de bon niveau, mais ensuite sont arrivĂ©s les illuminĂ©s. Des types qui parlaient de leur vie antĂ©rieure, toutes sortes de dingues. » Exclu du Syndicat national des mĂ©decins sexologues dĂšs 1993 pour avoir tenu un stand au Salon de l'Ă©rotisme Ă  Paris et ĂȘtre apparu avec des patients dĂ©nudĂ©s dans des revues pornographiques, le docteur Dietrich multiplie aussi les plaintes contre ses confrĂšres sexologues. En 1998, il rĂ©pand sur Tours, Ă  plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires, un tract oĂč il traite nommĂ©ment de « pĂ©dophiles » ou de « malfrats » tous ceux, officiels ou particuliers, qui ont osĂ© s'attaquer Ă  lui. Mais il lui faut d'autres combats. Il va donc devenir le dĂ©fenseur, en tant que « victimologue », de l'Eglise de scientologie et l'un des pourfendeurs de la Mission interministĂ©rielle de lutte contre les sectes (MILS). On peut le comprendre : dans son rapport 2001, la MILS estime qu' « Ă  80 % les activitĂ©s des mouvements sectaires se situent dans deux domaines encore insuffisamment encadrĂ©s par la loi : la formation continue et les pseudo-thĂ©rapies ».. En 1999, Erick Dietrich va monter le FLIP, Front de lutte contre la pĂ©doclastie, censĂ© mener le combat contre les pĂ©dophiles. Il s'associe alors avec SmaĂŻn Bedrouni, ce fameux islamiste qui, aprĂšs les attentats du 11 septembre, sera arrĂȘtĂ© Ă  GuĂ©ret, dans la Creuse, et mis en examen par le juge Jean-Paul Valat pour apologie de crimes. Sur le site Internet du FLIP, ce dernier message : « Les institutions françaises nous ayant sans cesse harcelĂ©s [...], nous avons Ă©tĂ© obligĂ©s de demander l'asile politique Ă  l'Emirat islamique d'Afghanistan. » Visiblement, Erick Dietrich n'a pas fait le voyage. Ce sont finalement les plaintes en diffamation et leur montant financier qui vont forcer le docteur Dietrich Ă  se replier sur Paris. Toujours libre d'exercer la mĂ©decine. Sa folle trajectoire pourrait en fait relever du Clochemerle mĂ©dical si, un soir de 1994, l'une des ses patientes, une jeune fille de 26 ans, n'avait eu la mauvaise idĂ©e d'aller revoir son mari. »
Terre Inipi? :
« Je m’interroger sur les thĂ©rapeutes regroupĂ©s dans le site de Terre Inipi. Qu’en pensez-vous ? » (Nicole)
Terre Inipi s’inscrit manifestement dans l’esprit et la mouvance du New Age (cf. lexique). Plus prĂ©cisĂ©ment, c’est un site ressource consacrĂ© au dĂ©veloppement personnel, au mieux-ĂȘtre et aux thĂ©rapies, qui propose des stages, des confĂ©rences, des formations, des voyages et un annuaire de thĂ©rapeutes. Selon ses promoteurs, « l'objectif du site est avant tout d'ĂȘtre informatif, afin d’offrir, parmi les nombreuses techniques et disciplines touchant le dĂ©veloppement de la personne et l'approche globale du bien-ĂȘtre, un choix le plus vaste possible. » Toujours selon eux, il s’agit de donner une rĂ©ponse aux dĂ©marches personnelles « en prĂ©sentant les activitĂ©s proposĂ©es par diffĂ©rents intervenants de qualitĂ© »(sic). Le site se dit « rĂ©putĂ© pour son sĂ©rieux », en prĂ©cisant aussitĂŽt qu’il « ne saurait ĂȘtre tenu responsable des personnes qui s'inscrivent dans son Annuaire. De mĂȘme, sauf mention particuliĂšre, les personnes pratiquant l'Hypnose rĂ©fĂ©rencĂ©es sur Terre Inipi.com ne sont pas forcĂ©ment formĂ©es Ă  l'Hypnose par l'IFHE. Prenez la prĂ©caution de leur faire prĂ©ciser leur cursus de formation et leurs diplĂŽmes ou certificats en Hypnose Ericksonienne.» Dans un autre Avertissement, figure la mention suivante : «MalgrĂ© notre souci de vĂ©rifier la qualitĂ© des informations qui sont prĂ©sentes sur le site, Terre-Inipi, l'association Ressources & Devenir (gĂ©rant ce site) ainsi que son personnel, ne sauraient en aucun cas ĂȘtre tenus responsables des personnes inscrites dans cet annuaire et des qualifications professionnelles qu'elles nous communiquent pour insertion. Si vous dĂ©sirez utiliser les services d'un professionnel inscrit dans ce site, nous vous engageons Ă  vĂ©rifier auprĂšs de lui son cursus, sa formation et ses qualifications professionnelles. » Notre sentiment : la rĂ©putation de sĂ©rieux du site est celle que ses gĂ©rants lui donnent. La formule ne garantit rien, et il n’y a pas lieu de se laisser impressionner. Elle est publicitaire, Ă  vocation commerciale : il s’agit de vendre un produit. Il est curieux de constater que l’association qui le gĂšre fait mention d’ « intervenants de qualitĂ© » et qu’en mĂȘme temps elle se dĂ©clare irresponsable quant aux « qualifications professionnelles communiquĂ©es pour insertion dans l’annuaire » tout en faisant part de son « souci de vĂ©rifier la qualitĂ© des informations prĂ©sentes sur le site. » Il y a manifestement problĂšme : on ne peut tout Ă  la fois garantir la qualitĂ© des intervenants et des informations et en mĂȘme temps dire qu’il appartient Ă  l’usager de vĂ©rifier auprĂšs du professionnel « son cursus, sa formation et ses qualifications. » C’est Ă  l’association de le faire avant inscription dans son annuaire. Les prĂ©cautions apparemment dĂ©ontologiques prises par les responsables sont particuliĂšrement appuyĂ©es. Tout donne Ă  penser que l’association Ressources & Devenir, gĂ©rante du site, est consciente des difficultĂ©s que risquent de lui poser des « professionnels » qui se trouvent dans son « annuaire gĂ©nĂ©ral de thĂ©rapeutes et de psychothĂ©rapeutes proposant un accompagnement en individuel ». Terre Inipi prend donc les devants en cherchant Ă  dĂ©gager sa responsabilitĂ©. S’agissant des psychothĂ©rapeutes, qui constituent la spĂ©cialitĂ© du site, rappelons ici qu’il n’existe aucune rĂ©glementation relative Ă  l’exercice de la psychothĂ©rapie et que l’on a repĂ©rĂ© beaucoup de dĂ©rives dans ce domaine (escroquerie, compĂ©rage, charlatanisme, recrutement pour mouvements sectaires…). Il n’existe aucun diplĂŽme reconnu de psychothĂ©rapeute. Le Code de la SantĂ© publique considĂšre toujours toute activitĂ© diagnostique et thĂ©rapeutique exercĂ©e par un non-mĂ©decin comme exercice illĂ©gal de la mĂ©decins, psychothĂ©rapie incluse. Par ailleurs, les autres spĂ©cialitĂ©s avancĂ©es par la plupart des professionnels concernĂ©es sont sujettes Ă  caution, farfelues ou dangereuses (rebirth, P.N.L, Reiki, kinĂ©siologie, sophrologie, astrologie, bionsynergĂ©tie, chromothĂ©rapie, iridolie, rĂ©flexologie plantaire, …). On relĂšve aussi parmi les compĂ©tences avouĂ©es par certains membres de Terre Inipi des mentions curieuses : soins Ă  distance, consultation par correspondance, thĂ©rapies Ă©nergĂ©tiques, coaaching holistique, techniques de purification de l’intestin et des narines, « tous problĂšmes humains et animaux », « extraction des Ă©nergies usĂ©es pathogĂšnes et restructuration Ă©nergĂ©tique », " l'essence des traitements Ă©nergĂ©tiques et des enseignements transmis dĂ©coule, pour la plupart, directement des enseignements reçus des Guides de LumiĂšre»… Le qualificatif de thĂ©rapeute appliquĂ© aux professionnels de Terre Inipi est inappropriĂ© dans la plupart des cas. Il y a manifestement travestissement de la vĂ©ritĂ©, voire publicitĂ© mensongĂšre. Dans la mesure oĂč le client est ici un patient, un demandeur de soin psychique ou de dĂ©veloppement personnel, le mensonge est dangereux, car, en premier lieu comme en dernier ressort, c’est de santĂ© mentale qu’il s’agit (cf. Les Charlatans de la santĂ© de Jean-Marie Abgrall, Ă©d. Payot). La majoritĂ© des professionnels français figurant dans l’annuaire gĂ©nĂ©ral de Terre Inipi sont des thĂ©rapeutes autoproclamĂ©s ou des pseudo-thĂ©rapeutes formĂ©s dans des centres eux-mĂȘmes auto-proclamĂ©s, dont les diplĂŽmes ne sont pas agrĂ©Ă©s par les pouvoirs publics. cf. lexique : New Age (Nouvel Âge), holisme, charlatanisme, langage.
Montpellier, psychosectaires ? :
« J’aimerais pouvoir crĂ©er un groupe ou un collectif tel que le vĂŽtre sur Monpellier vu le dĂ©sert sur ma rĂ©gion au sujet des « psy », des sectes et autres mouvements Ă©sotĂ©riques… »
Votre souhait ne peut que recueillir notre approbation. Comme nous ignorons tout des raisons profondes vous poussant Ă  vouloir vous engager de la sorte, nous ne pouvons que vous faire quelques recommandations. A notre connaissance, votre ville et sa rĂ©gion regorgent de sectes et de groupuscules Ă  dĂ©rive ou vocation sectaire. Mais la contamination dont vous vous plaignez est un phĂ©nomĂšne gĂ©nĂ©ral. Aujourd’hui toutes les rĂ©gions de France sont concernĂ©es. Il n’en demeure pas moins vrai que celles oĂč l’argent circule et oĂč une certaine prospĂ©ritĂ© s’affiche constituent des terrains de chasse privilĂ©giĂ©s.Cependant si la motivation principale des sectes est la recherche de l’argent, ce n’est pas la seule. Certains « gourous » sont en quĂȘte de notoriĂ©tĂ©, et leur principal motif de satisfaction est l’autoritĂ© qu’ils exercent sur leur groupe d’adeptes. Ils recherchent avant tout le pouvoir sur les esprits. Cela Ă©tant, dans la plupart des cas, l’un ne va pas sans l’autre. FidĂ©liser un adepte, c’est jouir de son « allĂ©geance inconditionnelle » et, en mĂȘme temps ou Ă  terme, des biens matĂ©riels dont il jouit et peut faire profiter (captation d’hĂ©ritage par exemple). Il est vrai aussi que, dans la mouvance du New Age, les charlatans de la santĂ© prolifĂšrent et, dans de nombreux cas, servent d’agents recruteurs pour les sectes, - parmi ces agents trop de psychothĂ©rapeutes aux diplĂŽmes non agrĂ©Ă©s par les pouvoirs publics. Autant dire que le combat que vous souhaitez engager sera trĂšs difficile. Mais vous le savez puisque vous dites ne pas vouloir le mener seul. Si vous avez des amis sĂ»rs, aussi rĂ©solus que vous, faites ce qu’il faut pour informer l’opinion publique et rĂ©duire par lĂ  mĂȘme l’influence des sectes. CrĂ©er une association rĂ©gie par la loi de 1901 peut ĂȘtre une solution. NĂ©anmoins, Ă  Montpellier comme dans sa rĂ©gion, des gens luttent au quotidien contre les mouvements sectaires. Le dĂ©sert dont vous parlez n’est pas aussi dĂ©sertique que vous semblez le croire… Aussi ne pouvons-nous que vous inciter Ă  vous rapprocher des structures existantes, notamment celle de l’ADFI-HĂ©rault (85, rue des Passereaux 34000 Montpellier ; T. 04.67.79.70.68). L’avantage est que cette association fait partie de l’UNADFI, c’est-Ă -dire l’Union nationale de dĂ©fense des familles et de l’individu, qui est reconnue d’utilitĂ© publique et dispose d’un fonds de documentation trĂšs important. Les objectifs que vous vous fixez sont identiques Ă  ceux de l’ADFI. Pourquoi Ă©parpiller les forces ? Demandez Ă  adhĂ©rer Ă  cette association. œuvrez en son sein. Apportez-lui votre dynamisme et votre connaissance du sujet. Si pour une raison ou pour une autre, vous ne parvenez pas Ă  trouver votre place, alors crĂ©ez votre groupe. Mais, avant de le faire, n’hĂ©sitez pas Ă  demander Ă  nouveau conseil en utilisant la messagerie Ă©lectronique suivante : Psychotherapie.Vigilance@wanadoo.fr
HarcĂšlement ? :
"Qu’est-ce que le harcùlement psychologique ? En quoi se distingue-t-il du harcùlement moral ?"
Quand on parle de harcĂšlement psychologique ou de harcĂšlement moral, voire de mobbing, etc. on fait rĂ©fĂ©rence Ă  des notions dont le sens est trĂšs proche. Si on Ă©largit le dĂ©bat, on peut considĂ©rer la question du harcĂšlement comme l’une des manifestations les plus dramatiques qui soient de ce que peut ĂȘtre la souffrance vĂ©cue par certaines personnes au travail ou au sein de la famille et qui se caractĂ©rise par un processus qui conduit une destruction de l’autre, en particulier psychologique, dans un contexte bien particulier qui lĂ©gitime, par le silence et le non-dit, de tels comportements.
Psychanalyse, pourquoi ? :
« Pourquoi suit-on une psychanalyse ? »
Ce qui signe l’entrĂ©e du sujet dans la cure analytique, c’est avant tout la souffrance qu’il ressent. Quand celle-ci devient intolĂ©rable, quand elle aliĂšne le sujet dans son rapport Ă  autrui, quand elle a des implications de plus en plus nĂ©gatives dans sa vie (personnelle et/ou professionnelle), alors le sujet peut ressentir le besoin d’entreprendre une analyse afin d’accĂ©der Ă  la recherche d’un sens qui puisse lui permettre de comprendre ce qui se passe. C’est grĂące au travail dÂ’Ă©laboration menĂ© pendant la cure qu’il sera possible de soulager le sujet de sa souffrance (d’autant plus qu’il dĂ©couvrira que, bien souvent, il en est Ă  l’origine). Comprendre que l’on souffre et que la cause de cette souffrance n’est pas obligatoirement dĂ» Ă  autrui, c’est dĂ©jĂ  poser les fondements d’une dĂ©marche personnelle qui pourra dĂ©boucher sur une demande. Cette demande aura besoin d’ĂȘtre mĂ»rie et, en fonction des sujets et de leur problĂ©matique, elle pourra prendre des mois, parfois des annĂ©es. Sans demande vĂ©ritable, il ne peut y avoir d’analyse. Dans cette perspective, il ne suffit pas d’ĂȘtre « conseillĂ© » par un de ses proches, par son mĂ©decin, etc. pour que l’on dĂ©cide d’entreprendre un travail sur soi. Il faut que la demande vienne de soi et que l’on ait rĂ©ussi Ă  comprendre pourquoi on avait dĂ©cidĂ© d’aller consulter un analyste.
Analyse transactionnelle ? :
«Qu’est-ce que l’analyse transactionnelle ? Existe-t-il un risque sectaire ?»
Conçue par Eric Bern (USA) dans les annĂ©es 50, l’analyse transactionnelle propose d'Ă©tudier ce qui produit chez l'individu des rĂ©pĂ©titions de comportement mal vĂ©cus afin de les Ă©changer contre d'autres plus conformes Ă  la personnalitĂ© de chacun en utilisant des mĂ©thodes de verbalisation trĂšs directe. Mais le patient/client ne pourra espĂ©rer un changement durable et rĂ©el que lorsqu'il aura assimilĂ© plusieurs niveaux de formation. C'est gĂ©nĂ©ralement une thĂ©rapie de groupe trĂšs confrontante oĂč l'on met Ă  jour sans ambages les rapports que l'on a avec autrui, et oĂč il est prĂ©conisĂ© d'ĂȘtre sincĂšre (mise Ă  nue psychologique). Ces groupes ont gĂ©nĂ©ralement un fonctionnement trĂšs fusionnel . La Mission interministĂ©rielle de lutte contre les sectes (MILS) a pu examiner (1) l'organisation d’un groupe français dispensant des formations Ă  l'analyse transactionnelle. Cette organisation met en Ă©vidence un systĂšme de vente pyramidale. Tout nouveau "membre" a l'autorisation, qui peut constituer de fait une obligation, de prendre des patients en analyse transactionnelle alors qu’il est lui-mĂȘme encore en formation au mĂ©tier de psychothĂ©rapeute. La prise en charge de patients lui permet de rĂ©munĂ©rer sa propre formation. Des taxations sont opĂ©rĂ©es au profit du maĂźtre en psychothĂ©rapie, des Ă©chelons rĂ©gional, national, international de l'organisation. La pyramide a pour base les clients en thĂ©rapie, puis les "contrats,[…] population en formation dans les quatre champs", c’est-Ă -dire la guidance, lÂ’Ă©ducation, l’organisation, la psychothĂ©rapie. Les "contrats" peuvent espĂ©rer devenir "certifiĂ©s dans les quatre champs", "enseignants en cours d’habilitation", "enseignants didacticiens". AppliquĂ©e notamment Ă  la vie professionnelle, l’analyse transactionnelle offre des formations comportant l’usage de "timbres psychologiques" : timbres humiliation, timbres colĂšre, timbres anxiĂ©tĂ©, que l’adepte "colle dans son carnet de timbres psychologiques". Au-delĂ  de ces exemples qui relĂšveraient d’un bĂȘtisier, s’ils nÂ’Ă©manaient d’entreprises ou de salariĂ©s contestant Ă  juste titre de tels apprentissages dans le cadre de formations professionnelles financĂ©es sur des fonds mutualisĂ©s, des pratiques attentatoires Ă  la dignitĂ© des personnes, Ă©manant de psychothĂ©rapeutes ou "praticiens" de l’analyse transactionnelle ont Ă©tĂ© portĂ©es Ă  la connaissance de la MILS. Il a pu ĂȘtre constatĂ© que jouaient une habiletĂ© et une solidaritĂ© sans faille entre organismes et groupements professionnels douteux, au dĂ©triment des victimes. Des comitĂ©s dÂ’Ă©thique ou commissions de dĂ©ontologie autoproclamĂ©s discrĂ©ditent les plaintes, suscitent de faux tĂ©moignages et se prononcent en faveur des psychothĂ©rapeutes concernĂ©s (2). (1) La prĂ©sente description ne constitue pas un jugement sur l’analyse transactionnelle en tant que technique. (2) Cette rĂ©ponse a Ă©tĂ© apportĂ©e grĂące aux donnĂ©es fournies par le bulletin Ă©lectronique trimestriel « DĂ©couvertes sur les sectes et religions » (n° 56, 1er janvier 2003) Ă©ditĂ© par Groupe d’Etude des Mouvements de PensĂ©e en vue de la PrĂ©vention de l’Individu (G.EM.P.P.I), association membre de la FĂ©dĂ©ration EuropĂ©enne des Centres de Recherche et d’Info. sur le Sectarisme (FECRIS). Directeur de la publication : Didier Pachoud. courriel : gemppi@wanadoo.fr http://www.fecris.org
MĂ©moire cellulaire ? :
« Mon Ă©poux vient de s’engager dans une formation donnĂ©e Ă  Bordeaux sur la « mĂ©moire cellulaire » d’un certain « docteur » Michel Larroche. L’A.D.F.I locale ayant peu d’informations sur le sujet, j’ai entrepris des recherches. Car mon mari est subjuguĂ©, et sa dĂ©marche m’inquiĂšte. Sa « formation » doit durer plusieurs annĂ©es par pĂ©riode de dix jours. Mon Ă©poux prend cela comme un accĂšs Ă  la « connaissance » et Ă  des idĂ©es « d’avant-garde ». Ce rapport Ă  la « mĂ©moire », est-ce de la psychothĂ©rapie ? Probablement pour les gens qui viennent vers lui voir les rĂ©fĂ©rences Ă  «mieux-ĂȘtre », « rĂ©information cellulaire », etc. PsychothĂ©rapie, philosophie mystico-religieuse, nouvel avatar «New Age ou quoi d’autre ? Je suis intĂ©ressĂ©e par toute information sur ce sujet. Qui sont ces gens, leur but, leur thĂ©orie ? Connaissez-vous d’anciens adeptes ? Qui sont ces professeurs puisqu’on parle dÂ’Ă©cole ? Enfin ces confĂ©renciers Ă©trangers du « mieux-ĂȘtre » - tels Lise Bourbeau et Michel Larroche – n’ont-ils aucun compte Ă  rendre en France ? Madame Bourbeau prend jusqu’à cent participants durant trois jours Ă  raison de 1500 FF par personne. C’est vraiment trĂšs juteux. »
Vous avez bien raison. C’est trĂšs juteux en effet, et il n’y a pas besoin de chercher bien loin pour trouver la motivation essentielle des organisateurs d’une pareille « formation ». Avec autant de participants, il est bien clair que ce ne peut ĂȘtre de la psychothĂ©rapie. Point de patients ici, mais des clients. Et des clients qui sont en mesure de consentir un effort financier important. LÂ’Ă©cole en question n’est agrĂ©Ă©e ni par l’Education nationale ni par le MinistĂšre de la SantĂ©. Les usagers ne peuvent prĂ©tendre Ă  aucune allocation ou remboursement de la part des pouvoirs publics, et, bien Ă©videmment, Ă  aucune validation de leurs certificats ou diplĂŽmes Ă©ventuels par l’Etat. Le docteur Michel Larroche dirige en fait une entreprise commerciale. Ce qui est son droit bien sĂ»r. Le problĂšme est qu’il met en avant son titre de docteur et qu’il intervient non seulement en Belgique et en Suisse mais aussi en France. Nous vous invitons donc Ă  informer le prĂ©sident du Conseil dĂ©partemental de l’Ordre des mĂ©decins et la Direction dĂ©partementale des affaires sanitaires et sociales (D.D.A.S.S afin de vĂ©rifier si le docteur Larroche porte atteinte ou non Ă  plusieurs articles du code de dĂ©ontologie, dont celui de charlatanisme et d’exercice illĂ©gal de la mĂ©decine. Les praticiens qui se disent spĂ©cialistes en « mieux-ĂȘtre » sont lĂ©gion aujourd’hui. Beaucoup disent avoir inventĂ© une mĂ©thode « innovante ». Dans les faits, rares sont ceux qui obtiennent des rĂ©sultats probants. Le plus souvent l’effet placebo explique l’amĂ©lioration apparente de certains Ă©tats. Dans la majoritĂ© des cas, sans compter la perte de temps et d’argent, c’est le statu quo. En revanche, pour les formateurs, le « mieux-ĂȘtre » est de plus en plus visible ; il y a des signes extĂ©rieurs de richesse et d’enrichissement qui ne trompent pas. S’agissant du docteur Michel Larroche, il serait intĂ©ressant de connaĂźtre ses publications scientifiques. Nous ne parlons pas ici d’opuscules ou d’ouvrages promotionnels. Mais de publications reconnues comme authentiquement scientifiques. Cela Ă©tant, la mĂ©moire cellulaire est Ă  la mode en ce moment. C'est un nouvel habillage de la psychogĂ©nĂ©alogie et du dĂ©codage biologique, avec parfois la mĂ©thode Hamer en arriĂšre plan. Pour ce qui du Nouvel Âge, la consultation du site de « lÂ’Ă©cole Michel Larroche » est Ă©difiante : http://www.ecoleml.ch/. Cette Ă©cole en est bien une Ă©manation exemplaire. La rĂ©fĂ©rence Ă  la « lĂ©gende personnelle » de Paolo Coelho et Ă  une expression comme « traitement holistique intĂ©grĂ© et rĂ©solutif » sont des signes qui ne trompent pas. Quant Ă  Lise Bourbeau, spĂ©cialisĂ©e « en mĂ©taphysique depuis vingt ans » (sic), elle est la fondatrice de la plus grande Ă©cole de dĂ©veloppement personnel au QuĂ©bec. Ce qui ne signifie rien bien sĂ»r, en dehors du fait qu’elle gagne beaucoup d’argent en dĂ©voilant «tous ses secrets » avec pour « objectif d’aider chaque personne Ă  devenir son propre thĂ©rapeute ». « Avec l’an 2000 (lÂ’Ă©nergie de l’Ere du Verseau), les humains chercheront de plus en plus Ă  soigner leurs trois corps (physique, Ă©motionnel et mental) afin de reprendre contact avec leur corps spirituel » (sic). A dĂ©faut d’ĂȘtre les siennes peut-ĂȘtre, les mĂ©thodes de Lise Bourbeau sont trĂšs comparables Ă  celles dont il est fait Ă©tat dans le premier paragraphe de la page 87 du rapport de la Mission interministĂ©rielle de lutte contre les sectes : « Parmi les offres de dĂ©veloppement personnel, une entreprise disposant d'implantations au Canada, en Suisse, en France… et se prĂ©sentant comme "Ă©cole de vie pour un mieux-ĂȘtre" propose Ă  la vente des ateliers, des formations professionnelles, des produits pour aider Ă  dĂ©couvrir et rĂ©aliser son plein potentiel. Un atelier intitulĂ© "Apprivoiser les peurs" Ă©voque des mĂ©thodes de gestion du stress et de l'angoisse. Il y aurait lieu de s'interroger sur la mise en œuvre d'une telle mĂ©thode auprĂšs de personnes prĂ©sentant des affections telles que l'agoraphobie, des crises de panique. Un atelier "MĂ©taphysique des malaises et maladies" prĂ©sente une mĂ©thode comportant des Ă©lĂ©ments de diagnostic. Certaines formations ne sont vendues que sur vidĂ©ocassette. Des livres pour enfants, des agendas, des jeux de cartes rĂ©vĂ©lant les "obstacles au bonheur" et suggĂ©rant des pistes de "retour sur la route du bonheur" complĂštent la gamme de produits. Il ressort des tĂ©moignages et documents dont dispose la MILS que cette entreprise de formation semble couper des personnes fragilisĂ©es de leur entourage familial et social, et vise notamment Ă  aliĂ©ner leur patrimoine Ă  son profit. » (MILS, 2001). Quelle est la valeur de cet enseignement ? Plus que douteuse bien sĂ»r. Le changement de comportement de votre Ă©pouse montre qu’il n’est pas sans effets, et que ces derniers vous inquiĂštent. Vigilance donc. Nous ne manquerons pas de complĂ©ter cette rĂ©ponse en fonction des renseignements complĂ©mentaires que vous nous communiquerez ou que nous obtiendrons de notre cĂŽtĂ©. Nous vous conseillons Ă©galement d’informer l’Association d'entraide aux familles confrontĂ©es Ă  des accusations soudaines induites par des croyances psycho-philosophiques ayant pour consĂ©quence la destruction de la famille (AEFCAS – CitĂ© des associations – BP 111 – 13001 Marseille – Courriel : Email : aefcas@wanadoo.fr - T. 06 74 02 05 43 - cf. Lexique : New Age, Ere du Verseau.
Psychologue clinicien? :
« Qu’est-ce qui caractĂ©rise le psychologue clinicien ? J’ai observĂ© que vous utilisiez beaucoup cette appellation Ă  PsychothĂ©rapie Vigilance. »
La diffĂ©rence entre psychologue et psychologue clinicien est liĂ© Ă  l’obtention d’un DiplĂŽme dÂ’Ă©tudes supĂ©rieures spĂ©cialisĂ©es spĂ©cifique: - DESS psychologie du travail : le titulaire est psychologue ; - DESS psychologie cognitive : le titulaire est psychologue ; - DESS psychologie clinique : le titulaire est psychologue clinicien. Le champ clinique comprend quatorze types de DiplĂŽme dÂ’Ă©tudes supĂ©rieures spĂ©cialisĂ©es (DESS) : DESS psychologie clinique et psychopathologie, DESS psychologie clinique enfance et adolescence, etc.… Tous ces diplĂŽmes ouvrent Ă  la pratique de la clinique qui couvre le champ de la psychopathologie dans son ensemble de l’enfance au quatriĂšme Ăąge. En principe, seuls les psychologues cliniciens travaillent dans le secteur de la santĂ© mentale, psychiatrie, structures mĂ©dico-sociales, structures socio-judiciaires (PJJ, prison, maison dÂ’Ă©ducation spĂ©cialisĂ©e …) et seuls ceux-ci se forment ultĂ©rieurement Ă  la psychothĂ©rapie ou Ă  la psychanalyse. Seuls les psychologues cliniciens peuvent devenir experts prĂšs la Cour c'est-Ă -dire faire les expertises de victimes et des prĂ©sumĂ©s coupables. Les secteurs d’intervention des psychologues cliniciens sont vastes : hĂŽpitaux publics et privĂ©s, IMP, associations Ă  orientation sanitaire ou sociale, prĂ©vention comme par exemple les LEA * : intervention de prĂ©vention en zone scolaire, prĂ©vention du suicide, intervention en cas de catastrophe ou dans le secteur de la victimologie, etc.… * LEA : lycĂ©e Ă©coute adolescence. Les LEA sont gĂ©rĂ©s par le service de psychiatrie infanto-juvĂ©nile du secteur hospitalier psychiatrique. Les LEA sont assurĂ©s par des psychologues cliniciens de l'hĂŽpital qui assurent une permanence hebdomadaire dans diffĂ©rents lycĂ©es. Il s'agit d'un point Ă©coute. Il ne s'agit pas d'option de psychothĂ©rapie. Ils entrent dans l'axe de la prĂ©vention. Dans l'Est, les LEA sont opĂ©rationnels depuis deux ans.
Compétences garanties? :
«Pouvez-vous me renseigner sur le nombre de psys existant en France ? Les syndicats de psychothérapeutes sont-ils représentatifs ? Sont-ils en mesure de me garantir dur la compétence des praticiens de la psychothérapie ? »
Tout d’abord bien prendre conscience du fait que le terme de « psy », banalisĂ© Ă  outrance, recouvre des pratiques et mĂ©tiers trĂšs diffĂ©rents. Nous vous renvoyons Ă  notre rubrique « psy ? », oĂč l’attention des demandeurs de soins comme d’informations est attirĂ©e sur la formation des psychiatres, des psychologues, des psychanalystes et des psychothĂ©rapeutes. Rappelons ici que, d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l’opinion publique est entretenue dans une certaine confusion par la plupart des mĂ©dias qui, par nĂ©gligence, facilitĂ© ou mimĂ©tisme, utilisent le mĂȘme terme pour dĂ©signer le psychiatre, dont la spĂ©cialisation mĂ©dicale a nĂ©cessitĂ© une dizaine d’annĂ©es dÂ’Ă©tudes supĂ©rieures, et le psychothĂ©rapeute autoproclamĂ© ou formĂ© par des Ă©coles ou instituts, plus ou moins sĂ©rieux, non agrĂ©Ă©s par le ministĂšre de la SantĂ©. On recense en France dix-sept mille psychiatres et trente mille psychologues, dont la moitiĂ© environ – soit quinze mille – exerce dans le champ clinique. Les premiers ont un code de dĂ©ontologie et, en tant que mĂ©decins, ont prĂȘtĂ© le serment d’Hippocrate. Professionnellement, ils relĂšvent du Conseil national de l’Ordre des mĂ©decins. Cet ordre est reprĂ©sentĂ© dans chaque dĂ©partement. Les psychologues cliniciens obĂ©issent eux aussi Ă  un code de dĂ©ontologie. La Commission Nationale de DĂ©ontologie des Psychologues (CNDP) assure aux psychologues et aux usagers de la psychologie la possibilitĂ© d’avoir des Ă©claircissements sur toute pratique se rĂ©fĂ©rant Ă  la psychologie et dĂ©veloppĂ©e par une personne utilisant le titre de psychologue. Quant aux psychothĂ©rapeutes, ils seraient au nombre de six mille, dont quatre mille environ seraient syndiquĂ©s. Mais cette derniĂšre estimation reste Ă  vĂ©rifier. Des variations notables apparaissent lorsque l’on se prend Ă  comparer les chiffres annoncĂ©s par tel groupement professionnel et les noms figurant effectivement sur son annuaire professionnel. Certains journaux vulgarisant la psychologie Ă©ditent rĂ©guliĂšrement des articles indiquant Ă  peu prĂšs ceci : « Qui peut garantir la compĂ©tence de votre psy ?» De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, ces magazines donnent alors les coordonnĂ©es de trois organismes - la FFdP ( FĂ©dĂ©ration française de psychothĂ©rapie), le SNPpsy (Syndicat national des praticiens en psychothĂ©rapie) , l’Affop (Association fĂ©dĂ©rative française des organismes de psychothĂ©rapie) -, sans prĂ©ciser cependant qu’aucun d’eux n’est habilitĂ© par le ministĂšre de la SantĂ© ni par quelque autre organisme officiel Ă  renseigner qui que ce soit sur la compĂ©tence des praticiens de la psychothĂ©rapie. Prudence donc. DĂ©sinformation, brouillage de l’information et effets d’annonce sont en mesure dÂ’Ă©garer les demandeurs de soin. Une publicitĂ©, un article de presse ou une inscription dans l’annuaire tĂ©lĂ©phonique ne saurait constituer non plus une quelconque garantie. Avant de sonner Ă  la porte d’un psychothĂ©rapeute, demandez conseil Ă  votre mĂ©decin traitant. Il vous orientera au besoin vers un psychiatre ou un psychologue. Une fois certaines portes franchies, il est parfois dĂ©jĂ  trop tard. Il existe des techniques de dĂ©stabilisation mentale et « d’accrochage » psychosectaire Ă  l’efficacitĂ© redoutable. Il est dĂ©jĂ  arrivĂ© que des demandeurs de soin soient « sous le charme » en une sĂ©ance et que la dĂ©pendance Ă  lÂ’Ă©gard de leur pseudothĂ©rapeute soit effective au bout de quatre Ă  cinq sĂ©ances.
Psychanalyse, durée? :
"Est-il normal qu’une personne soit en psychanalyse avec le mĂȘme thĂ©rapeute depuis dix-sept ans ? Elle le voit deux fois par mois, Ă  raison de trois heures chacune, Ă©talĂ©es sur deux journĂ©es consĂ©cutives mensuellement, cela fait (2 j x 3 h) x 2. Cette personne vient de trĂšs loin (mille kilomĂštres en train de nuit, Ă  l’aller comme au retour). Chaque sĂ©ance revient Ă  mille francs, le mois entre six et sept mille. Depuis dix-sept ans, le psychanalyste ne lui a rien dit. N’est-ce pas excessif ? Est-il possible de parler de psychanalyse dĂ©viante et abusive ?"
Un processus qui dure dix-sept ans Ă  quatre mille francs par mois pose question. Plusieurs Ă©lĂ©ments sont Ă  considĂ©rer. Les revenus du patient tout d’abord. S’il gagne dix mille francs par mois, c'est un abus ; s'il en gagne quarante mille, c'est un accord entre lui et son « psy » car en psychanalyse on considĂšre qu'il existe un lien entre l'investissement financier et le processus. S’agissant de la durĂ©e, si la personne a une structure nĂ©vrotique c'est un processus qui a dĂ©rivĂ© et se trouve biaisĂ©. Si la personne a une structure psychotique, c'est un soutien de long cours que le patient ne dĂ©sire peut-ĂȘtre pas stopper car cela constitue peut-ĂȘtre l'Ă©tai qui le maintient dans une adaptation de surface efficace pour vivre Ă  peu prĂšs normalement. Cela dit, deux sĂ©ances par mois avec un rythme de deux fois trois heures durant deux jours consĂ©cutifs est effectivement plus qu'original. Si un patient fait mille kilomĂštres pour me voir, je vais considĂ©rer que cette personne Ă  un problĂšme en lien avec une pathologie probable du narcissisme, surtout si elle me contacte en raison de ma notoriĂ©tĂ© Ă©ventuelle. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, un psychanalyste sĂ©rieux refuse. Mais, en analyse, on considĂšre aussi que la demande est essentielle et ce qui serait Ă  vĂ©rifier avec le psychanalyste est la raison qui l'a amenĂ© Ă  accepter cette cure particuliĂšre. Ce cas est intĂ©ressant. Il montre bien la nĂ©cessitĂ© d’un ordre professionnel. Tous les Ă©lĂ©ments que vous mettez en avant demandent Ă  ĂȘtre explorĂ©s par rapport Ă  ce qui a conduit le psychanalyste Ă  accepter. Peut-ĂȘtre le processus est totalement dĂ©viant, peut-ĂȘtre pas : tout dĂ©pend de l'argumentation clinique que le praticien pourrait en faire. L'Ă©lĂ©ment qui peut faire douter du processus est le rythme. Il ne correspond pas Ă  une dĂ©marche cohĂ©rente. Trois heures dans la mĂȘme journĂ©e, c’est beaucoup trop long. Il faudrait avoir l'argumentaire du praticien pour ĂȘtre en mesure de se prononcer. Sans oublier non plus les moyens financiers du patient. Avant de dĂ©terminer une dĂ©viance, il faut faire preuve d’une grande prudence. Au-delĂ  de cet exemple, il est important de garder comme repĂšre que la maladie mentale existe rĂ©ellement et que certains patients sont malades toute leur vie et qu’ils ont donc besoin de soins de longue durĂ©e. L'univers psychiatrique nous confronte Ă  cela. Peu de rĂ©cupĂ©ration, moins d'aggravation des tableaux qu'il y a une vingtaine d'annĂ©es, de gros progrĂšs dans la prise en charge des psychoses infantiles qui s'oblitĂšrent assez frĂ©quemment Ă  l'adolescence grĂące aux soins, davantage de soulagement dĂ» Ă  la pharmacopĂ©e, etc. Cette rĂ©alitĂ© - niĂ©e par les psychothĂ©rapeutes newagers - n’est pas oublier quand on reçoit certains tĂ©moignages de parents ou de patients. La dĂ©rive n’est pas certaine. Dans ma propre pratique, la moyenne des thĂ©rapies va de trois ans Ă  huit ans. Huit ans, cela concerne un ou deux patients. Mais je sais que je devrai encore composer avec eux d'ici quatre Ă  cinq ans, peut-ĂȘtre dix. En fait, ils ne viennent pas toute l'annĂ©e, ils viennent quand ils sentent qu'ils ont besoin "d'un petit coup de pouce". Et ils reviennent toujours avec les mĂȘmes demandes.
Rebirth, définition ? :
« Qu’est-ce que le rebirth ? Cette technique semble avoir pas mal de succĂšs. Est-elle fiable ? »
Le rebirth est une technique du « souffle originel », d’inspiration taoĂŻste et yogique. Il s’agit d’une pratique d'hyperventilation pouvant provoquer un Ă©tat de transe et un Ă©tat psychologique censĂ© dĂ©boucher sur une vĂ©ritable nouvelle naissance, une nouvelle conscience Ă©nergĂ©tique. InventĂ© Ă  Esalen en Californie par LĂ©onard Orr dans les annĂ©es 60, le rebirth touche Ă  des fonctions physiologiques de base. Aussi le dĂ©conseillons-nous vivement aux spasmophiles, aux personnes ĂągĂ©es ou fragiles. Voici un exemple de pub produite par des adeptes de la « Theta house », haut lieu du rebirth : « Vous pouvez arriver par vous mĂȘme Ă  la santĂ© parfaite, Ă  la fĂ©licitĂ© sans effort, Ă  la prospĂ©ritĂ©, Ă  la jeunesse perpĂ©tuelle et mĂȘme Ă  l’immortalitĂ© physique ». (Rebirthing. LĂ©onard Orr et Sondra Ray, Ed. Saint-Jean 1982). Ces prĂ©tentions se passent de commentaires. Le rebirth est une des techniques de conditionnement utilisĂ©es par les psychosectaires. Il est d’ailleurs significatif que des psychothĂ©rapeutes interrogĂ©s sur le caractĂšre douteux de certaines de leurs pratiques aient rĂ©cusĂ© le terme, le remplaçant carrĂ©ment par le mot « hyperventilation ». Mais le fait de changer le terme ne change pas cette pratique caractĂ©ristique du New Age. Il est significatif aussi que dans sa sĂ©ance du 17 septembre 2002, le parlement amĂ©ricain ait condamnĂ© le rebirth, au motif que cette technique thĂ©rapeutique Ă©tait « dangereuse et nuisible ». Par 397 voix Ă  zĂ©ro, les parlementaires ont encouragĂ© tous les Etats-Unis d’AmĂ©rique Ă  mettre en place une loi l’interdisant. La dĂ©pĂȘche (The Associated Press – Washington -) prĂ©cise ceci : « Le rebirth est une thĂ©rapie utilisĂ©e notamment pour traiter les difficultĂ©s relationnelles propres Ă  certains enfants adoptĂ©s qui rĂ©sistent Ă  s’attacher Ă  de nouveaux parents. On met les enfants sous des oreillers , Ă©dredons et couvertures supposĂ©s reprĂ©senter le ventre maternel , et on les encourage Ă  trouver leur voie pour en sortir, pour Ă©merger « re-naĂźtre », avec leurs parents adoptifs.En 2000 , une enfant de dix ans de lÂ’Ă©tat de Caroline du Nord , oĂč rĂ©side la dĂ©putĂ©e Merick , a Ă©tĂ© Ă©touffĂ©e lors d’une sĂ©ance de rebirth pratiquĂ©e dans le Colorado. Quatre adultes se sont assis sur les oreillers et couvertures couvrant la fillette , lui appliquant une pression de centaines de kilos. Deux thĂ©rapeutes ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  seize ans de prison suite au dĂ©cĂšs de Candace Newmaker.Le Colorado a interdit depuis la thĂ©rapie rebirth , qui est rejetĂ©e par une grande majoritĂ© des psychologues et psychiatres. La rĂ©solution signale que quatre autres enfants sont morts de diverses formes de cette thĂ©rapie. » Le projet de loi est le H.Con. Res .435. Sur le net : Congress : http : // thomas.loc.gov.2002 The associated Press - www.antisectes.net cf. dĂ©finition du rebirth dans le Lexique et la rĂ©ponse Ă  la question "Rebirth, faux souvenir?".
Formation agréée? :
« Existe-t-il des écoles de psychothérapie ? Lesquelles ? Sont-elles accréditées ? Qui valident leur enseignement ? »
Il existe des Ă©coles de psychothĂ©rapie, mais aucune n’est agrĂ©Ă© par le MinistĂšre de la SantĂ© et les pouvoirs publics. Il en rĂ©sulte un problĂšme aigu de la formation Ă  la psychothĂ©rapie. Les Ă©coles se disant former des psychothĂ©rapeutes sont totalement privĂ©es et crĂ©Ă©s par des personnes s'instituant d'elles-mĂȘmes formateurs et superviseurs. Le contenu des enseignements n'y est contrĂŽlĂ© par personne. Les Ă©coles ne sont qu'un mode de formation. Les psychologues et les psychiatres privilĂ©gient en gĂ©nĂ©ral plutĂŽt l'option d'une psychanalyse personnelle qui se poursuit ensuite par une psychanalyse didactique c'est-Ă -dire une reprise d'Ă©lĂ©ments de l'analyse personnelle avec un Ă©clairage thĂ©orique donnĂ© par le psychanalyste qui a accompagnĂ© l'analyse personnelle. A cĂŽtĂ© de ce travail d'analyse personnelle et didactique, ces professionnels suivent des sĂ©minaires organisĂ©s dans leur rĂ©gion par les organismes reliĂ©s aux Ă©coles psychanalytiques. Les sĂ©minaires peuvent aussi ĂȘtre des sĂ©minaires organisĂ©s au sein des institutions de santĂ© mentale par le biais des organismes de formation continue des secteurs hospitaliers. Les rĂ©seaux de formation des psychologues et des psychiatres sont en gĂ©nĂ©ral reliĂ©es Ă  l'institution, Ă  l'universitĂ©. Actuellement, le problĂšme est liĂ© au fait qu'il n'est pas possible de dissocier les Ă©coles sĂ©rieuses des Ă©coles qui dĂ©rivent l'enseignement. Les propos tenus par article Tobie Nathan paru dans Psychologie Française n° 45-2, 2000, sont trĂšs Ă©clairants sur le sujet : « C'est au sujet de cette formation que surgissent les problĂšmes : en France, toutes les Ă©coles de psychothĂ©rapie sont des institutions privĂ©es dont le fonctionnement rĂ©el est rendu particuliĂšrement opaque du fait que les formateurs sont aussi les thĂ©rapeutes de leurs Ă©lĂšves. On devine les problĂšmes de pouvoir, de lĂ©gitimitĂ©, les demandes de reconnaissance, les ruptures et parfois les vĂ©ritables psychodrames que peut engendrer une telle organisation de la formation; ...le vĂ©ritable problĂšme Ă©tant que n'importe quel groupement peut en l'Ă©tat actuel s'autoproclamer organisme de formation Ă  la psychothĂ©rapie. Le danger est d'autant plus inquiĂ©tant que l'on sait que l'une des accroches les plus courantes des mouvements de type sectaire est prĂ©cisĂ©ment la proposition de psychothĂ©rapie et une sorte de promesse de plus ou moins implicite d'initiation. » Le problĂšme majeur est que l'Etat n’a rien entrepris pour crĂ©er de vĂ©ritables Ă©coles. Il existe cependant un projet de formation en deux ou trois ans au sein d'un cursus universitaire.
Psy objectivaliste ? :
« J’ai entendu parler de la psychanalyse objectaviliste. Est-ce sĂ©rieux ? »
La psychanalyse objectivaliste est une mĂ©thode crĂ©Ă©e par un charlatan condamnĂ© par contumace Ă  deux fois cinq ans de prison. En son temps, cette affaire a dĂ©frayĂ© la chronique dans la rĂ©gion concernĂ©e. Un jeune homme, se prĂ©sentant comme psychanalyste, crĂ©e la mĂ©thode objectivaliste. Des patients se laissent entraĂźner dans cette curieuse thĂ©rapie inventĂ©e par une personne qui n’a aucune formation et ne possĂšde aucune compĂ©tence particuliĂšre en psychanalyse. D’ailleurs, dans son approche, aucun lien avec la psychanalyse. L’homme a beaucoup d’impact et sait entretenir l’illusion. Il incite ses patients Ă  tout abandonner : maison, travail, famille, environnement. Une vingtaine de patients se regroupe dans un domaine Ă  Bergerac. C’est une communautĂ©. La secte est nĂ©e. Certains « patients » accepteront de contracter des emprunts pour « leur faux psychanalyste objectivaliste ». Suite aux poursuites juridiques, ce faux psy ne rĂ©apparaĂźtra plus et, plus gravement, certains de ses adeptes non plus, laissant leurs familles dans une vive interrogation. Cet exemple est significatif des consĂ©quences liĂ©es Ă  de fausses psychothĂ©rapies. Plus de dix ans aprĂšs l’imprĂ©gnation de cette psy-escroquerie, certains patients sont toujours soignĂ©s en raison des dĂ©gĂąts psychiques et sociaux engendrĂ©s par cet embrigadement. On peut citer au passage l’exemple d’une patiente qui a perdu la garde de son enfant pour avoir adhĂ©rĂ© Ă  cette fausse thĂ©rapie. Pourtant, elle avait refusĂ© de faire partie « du groupe ». Pour d’autres patients, la peur de tenter une vĂ©ritable thĂ©rapie a Ă©tĂ© forte et ils ont traĂźnĂ© cette expĂ©rience comme un boulet jusqu’à leur dĂ©cision de rencontrer un psychiatre ou un psychologue. Donc, si on vous propose, quelque part en France, une psychanalyse objectivaliste ou object-quelque chose, vĂ©rifiez auprĂšs des organismes regroupant les vrais psychanalystes s’il ne s’agit pas d’un avatar ou d’un mauvais remake.
Compétence spéciale? :
« De quelle compétence particuliÚre les psychiatres et les psychologues bénéficient-ils pour prodiguer des soins en psychothérapie. Sont-ils formés pour cela ? Comment?»
Depuis plusieurs annĂ©es, des esprits pas toujours bien intentionnĂ©s s’appliquent Ă  faire accroire que les psychiatres et les psychologues cliniciens ne seraient pas formĂ©s Ă  la psychothĂ©rapie. Cette information est inexacte. De nombreux psychiatres et psychologues cliniciens font un travail personnel c'est-Ă -dire une psychothĂ©rapie ou une psychanalyse personnelle et se font superviser par des collĂšgues dĂ©jĂ  formĂ©s tout en suivant une formation didactique. Ces formations didactiques peuvent se dĂ©rouler au sein d'un cartel de psychanalystes, d'une Ă©cole de psychanalyse, d'une Ă©cole de psychothĂ©rapie, ou auprĂšs d'un confrĂšre plus Ă©minent qui assure le suivi de la formation didactique de son jeune confrĂšre. Nous vous laissons le soin de mĂ©diter le point suivant. Sous le prĂ©texte que les psychiatres et les psychologues cliniciens ne seraient pas formĂ©s Ă  la psychothĂ©rapie, des personnes non bacheliĂšres, n’ayant aucune formation universitaire ou mĂ©dicale, n’ayant aucune expĂ©rience institutionnelle dans le domaine de la santĂ© mentale, ayant effectuĂ© peut-ĂȘtre un travail de psychothĂ©rapie personnelle et ayant plus ou moins participĂ© Ă  des sĂ©minaires de formation non reconnus par les pouvoirs publics, pourraient exercer la psychothĂ©rapie du jour au lendemain, avec autant de compĂ©tence, sinon davantage, que les professionnels signalĂ©s. Dans le domaine de la psychothĂ©rapie, il est trĂšs important de diffĂ©rencier ce qui constitue une post-formation, c'est Ă  dire une formation didactique dĂ©livrĂ©e Ă  des professionnels ayant dĂ©jĂ  des bases trĂšs solides en psychopathologie couplĂ©e Ă  une expĂ©rience institutionnelle et la mĂȘme post-formation dĂ©livrĂ©e sans autres acquis antĂ©rieurs.L’apprentissage d’une mĂ©thode et d’une thĂ©orie reste une garantie hypothĂ©tique de compĂ©tence si elle n'est pas juxtaposĂ©e Ă  un savoir scientifique indispensable et Ă  une expĂ©rience institutionnelle suffisante. A Besançon, les Ă©tudiants en psychiatrie et les Ă©tudiants psychologues - DESS clinique - ont l’obligation de participer aux leçons cliniques : cours durant lesquels sont visionnĂ©s des entretiens avec des patients hospitalisĂ©s et oĂč les Ă©tudiants approfondissent leurs connaissances sur le diagnostic clinique ainsi que sur les modes d’intervention thĂ©rapeutiques. A l’heure actuelle, les Ă©tudiants en psychiatrie reçoivent Ă©galement des cours de psychothĂ©rapie au cours de leurs Ă©tudes.
P.N.L ? :
« Que signifie le sigle P.N.L. J’ai vu que de nombreux psychothĂ©rapeutes inscrivaient cette mention sur leur carte de visite. S’agit-il d’une mĂ©thode ? Est-elle fiable ? »
Le rapport de la Mission InterministĂ©rielle de lutte contre les sectes a dĂ©signĂ© la P.N.L comme risque sectaire en psychothĂ©rapie dans son rapport 2001 : « La programmation neuro-linguistique, couramment dĂ©nommĂ©e PNL, forme un ensemble disparate de mĂ©thodes de communication (apprendre Ă  reformuler un message, Ă  dĂ©coder des signaux non verbaux, des mouvements oculaires, etc…) basĂ© sur un ensemble tout aussi disparate de rĂ©fĂ©rences thĂ©oriques. Les fondements scientifiques et les validations empiriques sont faibles : les hypothĂšses relatives aux mouvements oculaires ont d’ailleurs Ă©tĂ© infirmĂ©es. Le terme de programmation neuro-linguistique est cependant judicieux au plan des techniques commerciales et de la communication : formation aux relations humaines, Ă  l’animation de groupes, groupes de dĂ©veloppement personnel, analyse transactionnelle. Les composantes en sont facilement identifiables : - un sujet qui fascine et rĂ©pond Ă  des besoins – rĂ©flexion et travail sur soi, autrui et les relations humaines, des stages pratiques et des expĂ©riences Ă©motionnelles fortes; - Les stages se dĂ©roulent souvent sur le mode Ă©motionnel et affectif plutĂŽt qu’intellectuel. Les rĂŽles sociaux et le raisonnement sont mis de cĂŽtĂ© au profit de l’expression directe des sentiments, - des idĂ©es simples, proches du sens commun, peu encombrĂ©es de rĂ©fĂ©rences thĂ©oriques, de doute critique, de validation empirique; - la dĂ©livrance d’un diplĂŽme Ă  l’issue d’un ou plusieurs stages qui permet de devenir soi-mĂȘme formateur. L’absence de principes dĂ©ontologiques orientĂ©s vers l’aide et la santĂ©, plutĂŽt que vers l’exploitation et le profit, l’absence de connaissances en psychopathologie et en psychiatrie permettant d’aider ou d’orienter les personnes perturbĂ©es, l’absence de formation scientifique permettant de relativiser les connaissances et de ne pas prĂ©tendre Ă  la vĂ©ritĂ©, caractĂ©risent les pratiques en question. » Ce dernier paragraphe de la MILS vaut pour toute thĂ©orie et pratique qui est amenĂ©e comme savoir en psychothĂ©rapie alors que les personnes ne possĂšdent pas les formations initiales de psychiatres, mĂ©decins, psychologues, (ou d’infirmiers psychiatriques Ă  minima). Il est peu pensable que des personnes sÂ’Ă©rigent psychothĂ©rapeutes sans pouvoir justifier d’une expĂ©rience minimale de trois annĂ©es d’exercice dans une institution de santĂ© mentale ou de psychiatrie. Pour en savoir davantage: cf. l'article de Christian Balicco "La Programmation-neuro-linguistique ou l'art de manipuler ses semblables" (in la rubrique "Manipulation mentale" de PsychothĂ©rapie Vigilance).
Valeur des diplĂŽmes ? :
« Que valent les diplĂŽmes et les certificats de psychothĂ©rapeute ? J’ai entendu parler d’un certificat europĂ©en de psychothĂ©rapie. Est-il agrĂ©Ă© ? »
La MILS signale trĂšs explicitement : « Les psychothĂ©rapies constituent, avec la formation professionnelle, le terrain privilĂ©giĂ© investi par les microgroupes sectaires, oĂč sĂ©vissent des escrocs, des gourous susceptibles d’une grande capacitĂ© de nuisance auprĂšs des personnes vulnĂ©rables ». « La qualitĂ© de psychothĂ©rapeute n’est pas en France un titre protĂ©gĂ©. Aucun diplĂŽme ne garantit cette qualitĂ©, et ne garantit le consommateur contre les abus. Aucune dĂ©ontologie rĂ©glementaire (ou interne et approuvĂ©e par les pouvoirs publics) ne rĂ©git la profession qui n’est soumise en outre Ă  aucune discipline ordinale ». Les certificats ne constituent nullement une garantie. Ces certificats sont dĂ©livrĂ©s par les des psychothĂ©rapeutes Ă  d’autres psychothĂ©rapeutes. Les pouvoirs publics ne les reconnaissent pas comme tels, ne les considĂšrent pas comme ayant qualitĂ© de diplĂŽmes. Le CEP, notifiĂ© Certificat europĂ©en de psychothĂ©rapie et qui correspondrait Ă  lÂ’Ă©quivalence d’une formation bac + 7, n’est pas reconnu par l’Etat. Tout personne peut, si elle le veut, crĂ©er un certificat dit de psychothĂ©rapie et le dĂ©livrer Ă  qui bon lui semble. Nous a Ă©tĂ© signalĂ© le cas d’un psychothĂ©rapeute titulaire du CEP dont la formation initiale est celle d’un aide-soignant. Ce monsieur, qui nÂ’Ă©tait mĂȘme pas titulaire du bac, a obtenu le CEP sans aucun problĂšme, aprĂšs avoir justifiĂ© sur dossier d’une formation dans une Ă©cole de gestalt. En fait, les certificats cautionnent la formation des personnes dans une ou plusieurs mĂ©thodes, mĂ©thodes dont les formations ne sont pas contrĂŽlĂ©es par des personnes Ă  la compĂ©tence et Ă  la qualification agrĂ©es par le ministĂšre de la SantĂ© ou les pouvoirs publics.
Sophrologie ? :
« Qu’est-ce que la sophrologie ? Cette mĂ©thode prĂ©sente-t-elle un intĂ©rĂȘt particulier ? Est-elle sans risque ? »
Selon le rapport 2001 de la Mission InterministĂ©rielle de Lutte contre les Sectes : « La sophrologie est source de nombreuses interrogations. On se bornera Ă  constater que maintes offres de formation crĂ©ent la confusion en proposant des titres tels que « sophrologue clinicien, sophrologue de lÂ’Ă©ducation et de la prĂ©vention ». Ces appellations s’inspirent du titre de psychologue, titre dont la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 fixe l’usage et qui peut-ĂȘtre accompagnĂ© ou non d’un qualificatif, le plus souvent, psychologue clinicien, des notions dÂ’Ă©ducation Ă  la santĂ© et de prĂ©vention sanitaire. Or les titres de sophrologue clinicien, de sophrologue de lÂ’Ă©ducation et de la prĂ©vention ne sont ni homologuĂ©s ni reconnus. Au nombre des dĂ©bouchĂ©s commerciaux de la sophrologie, peuvent ĂȘtre recensĂ©es des formations de professionnels de santĂ©, parfois des formations d’enseignants qui s’improvisent ensuite psychothĂ©rapeutes, des prĂ©paration Ă  l’accouchement affichant une dimension spirituelle et des formations en entreprise. » On peut ajouter que les formations de sophrologues se rĂ©alisent parfois sur un programme de 250 heures rĂ©parties sur deux annĂ©es. Nombre de sophrologues n’ont en tout et pour tout que cette formation. En matiĂšre de sophrologie, il est vivement conseillĂ© de ne s’adresser qu’à des mĂ©decins, des sages-femmes, des kinĂ©sithĂ©rapeutes, des infirmiers, des psychologues qui utilisent cette option complĂ©mentairement Ă  leurs qualifications dans le domaine de la santĂ©. Selon L Ă©on Chertok, la sophrologie ne serait qu’un Ă©quivalent de l’hypnose avec comme seule diffĂ©rence son intitulĂ©. La suggestion est tout autant possible en sophrologie qu’en hypnose. De plus, son vĂ©ritable intĂ©rĂȘt comme mode de thĂ©rapie peut ĂȘtre sujet Ă  polĂ©mique puisqu’il s’agit d’une mĂ©thode dite recouvrante. L’usage de la sophrologie avec des patients ayant une structure de type psychotique peut ĂȘtre dangereuse car favorisant des expĂ©riences de dĂ©personnalisation ou de dissociation. avec risque de dĂ©compensation. DĂšs lors, avant toute pratique, il importe que le consultant demande conseil Ă  son mĂ©decin traitant quant Ă  la pertinence pour lui de s’orienter vers ce type de mĂ©thode actuellement dans les mains de personnes sans autre formation que celle de sophrologue ou de thĂ©rapeute non agrĂ©Ă© par le MinistĂšre de la santĂ© ou la Direction des affaires sanitaires et sociales.
Danger de l'hypnose? :
" Le recours Ă  l’hypnose est-il sans danger ? »
VoilĂ  une technique qui a dĂ©jĂ  fait couler beaucoup d’encre et qui permet encore Ă  certains de rĂȘver. Il suffirait que le mĂ©decin les mette sous hypnose pour que surgisse le souvenir venu de l’espace inconscient. Et ce souvenir expliquerait tout, guĂ©rirait tout ! Malheureusement cet espoir n’est qu’un espoir. Freud a utilisĂ© l’hypnose au dĂ©but de sa pratique puis l’a dĂ©laissĂ©, convaincu que la thĂ©rapeutique nÂ’Ă©tait pas dans l’usage de cette technique. Freud Ă©tait sensible Ă  l’aspect suggestif que pouvait recouvrir toutes les paroles du thĂ©rapeute lorsque le patient se trouvait en Ă©tat d’hypnose. Mais qu’est ce que l’hypnose ? C’est un Ă©tat d’attention modifiĂ©. Le patient se trouve dans un Ă©tat se situantt entre veille et sommeil, Ă©tat qui accroĂźt la sensibilitĂ©, la suggestibilitĂ©. Il s’agit de lÂ’Ă©tat dans lequel on se trouve quand on est sur le point immĂ©diat de s’endormir ou lÂ’Ă©tat dans lequel on se trouve si l’on est brutalement tirĂ© de son sommeil sans rĂ©ellement rĂ©ussir Ă  « Ă©merger ». Mal utilisĂ©e ou utilisĂ©e par une personne dont les objectifs ne sont pas sains, l’hypnose reste une mĂ©thode qui renforce la sensibilitĂ© Ă  la suggestion, donc Ă  l’influence. La suggestion est une des multiples facettes de la manipulation mentale. Selon Jean Marie Abgrall , l’hypnose peut ĂȘtre nocive « entre les mains des manipulateurs sectaires » . Ces derniers « peuvent suggĂ©rer » au sujet soumis Ă  la suggestion hypnotique « une histoire qui s’imposera Ă  lui avec un air criant de vĂ©ritĂ© aux dĂ©pens de la rĂ©alitĂ©. » Martin Orne, citĂ© par Jean-Marie Abgrall Ă©galement dans son livre « La mĂ©canique des sectes » (Ed. Payot, 1996), parle d’une vĂ©ritĂ© qui serait construite, fruit des dĂ©sirs du thĂ©rapeute et de son patient. La vĂ©ritĂ© n’est pas forcĂ©ment la rĂ©alitĂ©. Notamment, il est important de savoir que nos vĂ©ritĂ©s sont souvent basĂ©es sur des rĂ©amĂ©nagements de la rĂ©alitĂ© en fonction de nos besoins psychiques. Par consĂ©quent, la prudence reste de s’adresser prioritairement Ă  un mĂ©decin qui pratique l’hypnose et dÂ’Ă©viter toute personne qui n’a pas de formation mĂ©dicale ou de spĂ©cialisation psychiatrique pour aborder ce type de cure. Pour Erickson, qui Ă©tait mĂ©decin psychiatre, l’hypnose nÂ’Ă©tait qu’un Ă©tat de conscience modifiĂ©. MalgrĂ© tout, cet Ă©tat intensifie la relation entre le thĂ©rapeute et son patient. L’hypnose Ă©riksonienne prĂ©conise la suggestion. La suggestion implique un degrĂ© d’influence. Tout au plus, en tant que patient, on peut se demander pourquoi on aimerait une telle mĂ©thode pour soulager sa problĂ©matique. Le questionnement est parfois plus fructueux que l’expĂ©rimentation. A lire dans la rubrique "MANIPULATION MENTALE": P. 11 «L’emploi de techniques hypnotiques comme mĂ©thode de manipulation » par Marie Joly, chercheur en santĂ© publique (QuĂ©bec).
Thérapies d'enfants? :
« Mon enfant semble avoir besoin de soins. A qui dois-je m’adresser pour m’en assurer ? »
De nombreuses structures institutionnelles trĂšs bien organisĂ©es et trĂšs fiables s’adressent Ă  l’enfant et Ă  ses parents. Des consultations de pĂ©dopsychiatrie sont assurĂ©es dans tout hĂŽpital rĂ©gional ou universitaire. Des centres mĂ©dico-psychologiques et des centres d’accueil thĂ©rapeutique Ă  temps partiel existent Ă©galement. Il est possible aussi de prendre contact avec un centre mĂ©dico-psychopĂ©dagogique ou une association spĂ©cialisĂ©e dans le suivi des enfants et des adolescents auprĂšs de sa mairie. Les psychothĂ©rapies y sont gratuites pour les enfants. Dans toutes ces institutions, se trouvent des psychiatres et des psychologues spĂ©cialisĂ©s dans la psychothĂ©rapie d’enfant ou d’adolescent. Des bilans psychologiques peuvent y ĂȘtre effectuĂ©s Ă  la demande du mĂ©decin ou Ă  l’initiative du psychologue. Des soignants, infirmiĂšres, psychomotriciennes, orthophonistes, Ă©ducatrices spĂ©cialisĂ©es y renforcent au besoin le suivi de l’enfant. En cas de nĂ©cessitĂ©, ce travail en rĂ©seau permet de suivre en parallĂšle sa scolaritĂ©, dÂ’Ă©tablir des ponts entre le suivi institutionnel et de mettre en place les amĂ©nagements destinĂ©s Ă  faciliter son dĂ©veloppement. Pour l’enfant, plus encore que pour l’adulte, il est nĂ©cessaire de s’entourer de praticiens habilitĂ©s par les institutions dÂ’Ă©tat. Certains consultent en institution et peuvent recevoir en libĂ©ral car exerçant dans les deux secteurs. La question du bilan psychologique reste importante. Ce bilan est un Ă©lĂ©ment dÂ’Ă©valuation et de mise en valeur des ressources potentielles de l’enfant ou de l’adolescent. Il constitue une base objective pour poser les indications de la psychothĂ©rapie. Seul un psychiatre ou un psychologue peut le dĂ©cider. En gĂ©nĂ©ral, il est effectuĂ© par le psychologue. Les psychothĂ©rapies prĂ©conisĂ©es dans ce cadre sont gratuites pour les enfants.
Thérapies de groupe? :
«Les psychothérapies de groupe en secteur libéral présentent-elles des avantages particuliers ? »
Pour ce type particulier de proposition, le mot d’ordre actuel est prudence. Les psychothĂ©rapies groupales impliquent une rĂ©gression plus profonde que dans le contexte de la thĂ©rapie individuelle et des enjeux psychiques diffĂ©rents. Les transferts y sont multiples et notre position d’individu socialisĂ© nous amĂšne Ă  nous mouler aux conventions prĂ©Ă©tablis par les groupes car nous avons tous en nous un fantasme d’abandon. Notre fragilitĂ© d’humain provient dans une large mesure du fait que nous Ă©prouvons un trĂšs grand besoin d’appartenir Ă  des groupes et d’y ĂȘtre reconnus comme des personnes acceptables et aimables. Notre premier groupe d’appartenance a Ă©tĂ© notre famille. Selon ce qui s’y est jouĂ©, nous sommes plus ou moins fragiles. La situation de groupe en psychothĂ©rapie va rĂ©amorcer chez le patient des conflits anciens avec les figures parentales internalisĂ©es, des rivalitĂ©s fraternelles anciennes qui vont ĂȘtre projetĂ©es sur les autres patients du groupe. La rĂ©gression ne peut ĂȘtre que plus intense. C’est pourquoi il est indispensable que le praticien conduisant le groupe ait une formation solide et une excellente connaissance des processus inconscients intra-groupaux. Dans le cas contraire, le groupe va se construire sur la rĂ©sistance collective et perdre sa valeur thĂ©rapeutique ; les passages Ă  l’acte vont ĂȘtre frĂ©quents sous forme d’abandon de la thĂ©rapie, de rupture, de dĂ©signation de boucs Ă©missaires qui vont servir progressivement de dĂ©versoir aux pulsions agressives inconscientes des autre patients et parfois de l’animateur. Tous ces phĂ©nomĂšnes se dĂ©ploient lorsque l’animateur est insuffisamment adroit ou prĂȘt Ă  pouvoir gĂ©rer ses propres mouvements inconscients. A l’inverse, le groupe peut aussi se dĂ©velopper autour de l’image idĂ©alisĂ©e de cet animateur, souvent un faux thĂ©rapeute en pareil cas. Le faux thĂ©rapeute devient une sorte de "bonne mĂšre" comblante qu’il faut combler. Ses idĂ©es sont appelĂ©es Ă  devenir celles des patients. Ce qu’il dit et fait devient ce qu’il faut modĂ©liser. Ce faux thĂ©rapeute est trĂšs proche, trĂšs agrĂ©able et satisfait chacun. Il peut alterner satisfaction, confrontation et influence. Dans un tel processus, on est bien Ă©videmment dans l’amorce de constitution d’un groupe sectaire. La situation groupale majore ce risque de dĂ©viance. L’aspect financier n’est pas Ă  nĂ©gliger non plus. Une psychothĂ©rapie de groupe ne doit pas coĂ»ter plus cher qu’une psychothĂ©rapie individuelle. Si un surcoĂ»t est demandĂ©, le patient doit interroger son thĂ©rapeute sur la raison de ce surcoĂ»t, vĂ©rifier aussi auprĂšs de lui qu’il n’est pas astreint Ă  un nombre obligatoire de sĂ©ances et qu’il peut interrompre ce type de traitement Ă  sa guise. Le patient a tout intĂ©rĂȘt Ă  s’interroger Ă©galement sur la rĂ©elle pertinence de thĂ©rapies groupales en milieu fermĂ© durant trois, quatre ou cinq jours. Car, de l’aveu mĂȘme des professionnels, ces types d’atelier, stage ou sĂ©minaire n’apportent pas forcĂ©ment un grand bĂ©nĂ©fice. D’ailleurs de nombreux thĂ©rapeutes finissent par ne plus y participer et par ne plus les proposer. Ces thĂ©rapies en milieu fermĂ© et de courte durĂ©e fonctionnent beaucoup sur l’activation de l’illusion groupale, sorte de surinvestissement dĂ» Ă  la nature mĂȘme de tout groupe et du renforcement trĂšs provisoire de l’IdĂ©al du Moi collectif. Ces types de thĂ©rapie se sont dĂ©veloppĂ©s par engouement mais leur valeur thĂ©rapeutique n’a jamais Ă©tĂ© scientifiquement dĂ©montrĂ©e. Certains patients y vivent mĂȘme des compensations dans l’aprĂšs-coup. La prudence s’impose donc. Aucune raison clinique particuliĂšre ne peut ĂȘtre avancĂ©e pour privilĂ©gier un mode de thĂ©rapie groupale. Avant de donner suite Ă  une sollicitation de ce type, en parler d’abord avec son mĂ©decin traitant. Au sein d’un groupe, les liens sont multiples et les enjeux diffĂ©rents. En tant que patient, il est plus difficile de se dĂ©gager d’un processus collectif que d’une relation duelle. Par ailleurs, un thĂ©rapeute dĂ©viant, maladroit ou incompĂ©tent peut y activer avec davantage de force la culpabilitĂ©, la honte et les blessures narcissiques des patients ainsi rĂ©unis. Avant d’intĂ©grer un groupe prĂ©sentĂ© comme thĂ©rapeutique, bien se renseigner sur les rĂ©fĂ©rences du praticien. Que dit-on de sa pratique dans les milieux institutionnels ? Qui le recommande ? Un professionnel reconnu du domaine de la santĂ© conseille-t-il ce type de thĂ©rapie ? Qu’est-ce qui guide le choix du patient ? Qu’attend-il de ce type de thĂ©rapie? Cette attente est-elle rĂ©aliste ? Si la finalitĂ© est de crĂ©er des liens, dÂ’Ă©tablir des contacts ou de nouer des relations, cette finalitĂ© n’est pas suffisante dans la mesure oĂč, en principe, le praticien demande aux patients de ne pas se voir entre les sĂ©ances de soins afin de prĂ©server le cadre et la finalitĂ© thĂ©rapeutique des rencontres. Il n’existe aucune Ă©tude digne de ce nom pour pouvoir dĂ©finir si, comparĂ©es aux thĂ©rapies individuelles, les thĂ©rapies groupales sont intĂ©ressantes ou pas. Une chose est sĂ»re cependant : la thĂ©rapie groupale rend le patient tributaire de l’ensemble des mouvements qui animent le groupe. Chacun devient dĂ©pendant dans sa dĂ©marche de celle de tous les autres. Cet aspect peut ĂȘtre stimulant comme il peut ĂȘtre trĂšs Ă©prouvant. Quand le thĂ©rapeute propose une thĂ©rapie groupale, le patient doit demander quelle en est la raison profonde dans son cas particulier. VĂ©rifier la cohĂ©rence des arguments donnĂ©s. VĂ©rifier si un surcoĂ»t va ĂȘtre imposĂ©. VĂ©rifier s’il y a un protocole d’arrĂȘt particulier ou si la libertĂ© d’interrompre la dĂ©marche est prĂ©servĂ©e. La prudence recommande d’en parler d’abord avec son mĂ©decin. Si d’autres activitĂ©s sont rattachĂ©es au rencontre de groupe, il ne s’agit plus de thĂ©rapie. MĂ©ditation, usage de produits variĂ©s Ă  absorber ou Ă  fumer, association de rituels, de pratiques diĂ©tĂ©tiques, rĂ©flexions ou enseignements sur des sujets spirituels, philosophiques, propres Ă  l’animateur… sont des adjuvants qui ne font pas partie du domaine de la santĂ© mentale ou psychique. Le bienfait des thĂ©rapies groupales n’est nullement prouvĂ©. Leur processus est en partie fonction de l’animateur. En cas de dĂ©rapage, les effets sont souvent dĂ©stabilisants et difficiles Ă  rĂ©parer. Donc pour toute thĂ©rapie de ce type, il importe d’ĂȘtre bien renseignĂ© sur les rĂ©sultats qu’obtient le praticien par des professionnels en mesure de garantir l’aspect cohĂ©rent du cadre.
Quels sont les tarifs? :
« La question de l’argent en psychothĂ©rapie. Quels sont les tarifs ? Les sĂ©ances sont-elles remboursĂ©es ? »
La psychothĂ©rapie a un coĂ»t. L’investissement financier est un aspect normal et souhaitable de l’investissement personnel du patient dans la dĂ©marche entreprise. Le coĂ»t le plus minimal dĂ©pend de sa prise en charge par la SĂ©curitĂ© sociale. Pour cela, le demandeur de soins doit consulter un psychiatre qui lui indiquera s’il estime pouvoir le traiter ou pas. Le psychiatre est habilitĂ© Ă  Ă©tablir des feuilles de remboursement selon les normes en vigueur. Il peut demander Ă©ventuellement un complĂ©ment car son conventionnement le lui permet. Si la thĂ©rapie s’effectue dans une institution hospitaliĂšre, les consultations lui sont remboursĂ©es directement. Le cas Ă©chĂ©ant, seul le tiers payant est rĂ©glĂ© par le patient. Dans l’institution hospitaliĂšre, ce dernier est suivi soit par un psychiatre soit par un psychologue clinicien. Les consultations psychothĂ©rapiques chez le psychologue clinicien en libĂ©ral ne sont pas remboursĂ©es par la SĂ©curitĂ© sociale. Les tarifs ne sont pas dĂ©terminĂ©s par une convention officielle. Les tarifs moyens en 2003 sont environ de 30 Ă  45 euros pour une consultation. Certains psychologues peuvent proposer un tarif adaptĂ© aux possibilitĂ©s financiĂšres du demandeur de soins. Cet aspect est Ă  Ă©tudier avec le professionnel qui Ă©tablit les rĂšgles de son cadre. Le rythme des sĂ©ances est variable mais le rythme minimal d’une psychothĂ©rapie est en gĂ©nĂ©ral d’une sĂ©ance par semaine. Aucun praticien ne peut obliger son patient Ă  suivre un rythme plus intensif s’il ne le dĂ©sire pas. En principe, les modalitĂ©s du rythme et du rĂšglement se discutent lors de la premiĂšre ou seconde sĂ©ance et restent fixes tout au long de la thĂ©rapie. Il peut ĂȘtre important de voir avec le praticien comment s’organisent les moments oĂč, de façon temporaire, un besoin accru de sĂ©ances pourrait ĂȘtre satisfait. En tout Ă©tat de cause, une psychothĂ©rapie n’a pas Ă  placer le patient en Ă©tat de prĂ©caritĂ© financiĂšre. La ligne de conduite et le choix Ă  opĂ©rer sont Ă  dĂ©finir Ă  l’issue des deux premiĂšres sĂ©ances, une fois toutes les demandes dÂ’Ă©claircissement apportĂ©es. Si ses moyens financiers sont insuffisants, le patient peut demander Ă  son mĂ©decin traitant de l’orienter vers une institution hospitaliĂšre en le recommandant par courrier Ă  un praticien spĂ©cialisĂ©. Il importe alors de bien dĂ©crire les troubles Ă  son mĂ©decin et de lui indiquer en quoi ils constituent une gĂȘne dans la vie courante. La psychothĂ©rapie a un coĂ»t mais ce coĂ»t est aussi celui d’un mieux-ĂȘtre Ă  venir. Qui estime valoir l’investissement demandĂ© doit y consentir. Par contre, toute signature de contrat d’engagement financier est Ă  proscrire. Pareil contrat est inappropriĂ© Ă  la libertĂ© d’une dĂ©marche dont le patient doit maĂźtriser la dĂ©cision du dĂ©but jusqu’à la fin. Aussi est-il indispensable de vĂ©rifier avec le thĂ©rapeute que le tarif sera bien fixe et si des augmentations sont prĂ©vues au dĂ©but de chaque annĂ©e civile. Certains thĂ©rapeutes rĂ©ajustent leur tarification chaque mois de janvier. Le patient ne doit pas accepter des variations de tarif frĂ©quentes, et encore moins variables d’une sĂ©ance Ă  l’autre. L’argent est un vecteur important dans la thĂ©rapie mais les obligations des professionnels de la psychothĂ©rapie rĂ©pondent aux obligations du code de la consommation. Il ne doit pas y avoir de dĂ©sĂ©quilibre significatif entre les obligations du client et celles du professionnel. Si ce dernier a droit Ă  des honoraires, s’il est lĂ©gitime de lui rĂ©gler toute sĂ©ance effectuĂ©e, le patient n’est tenu Ă  rien d’autre. Il n’a pas Ă  verser des avances ni Ă  rĂ©gler des sĂ©ances non effectuĂ©es. Certains thĂ©rapeutes estiment que les sĂ©ances manquĂ©es sont dues. Il est vrai que cela permet de mettre en place de la structure au plan psychique, du respect au plan des relations entre le patient et le thĂ©rapeute. Sauf cas de force majeure, ne pas prĂ©venir le praticien de son indisponibilitĂ© et manquer des sĂ©ances par passage Ă  l’acte constituent des indĂ©licatesses ou manquements Ă  ses obligations. Il est comprĂ©hensible qu’un thĂ©rapeute ayant rĂ©servĂ© une plage horaire et ayant attendu en vain son patient demande Ă  ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ©. Mais ces Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre clairement signalĂ©s dĂšs le dĂ©but du traitement. Le code ne prĂ©voit pas quant Ă  lui ces situations trĂšs particuliĂšres. Le patient n’est pas tenu de les accepter. Il peut refuser le cadre proposĂ©. En pareil cas, il lui appartient de chercher un autre praticien ne l’appliquant pas.
Quelles méthodes? :
« A propos des diffĂ©rentes mĂ©thodes de psychothĂ©rapie. Existe-t-il des mĂ©thodes supĂ©rieures Ă  d’autres ? »
Il est capital de savoir qu’aucune mĂ©thode ne guĂ©rit et que la mĂ©thode ne prĂ©sente d’ailleurs qu’un intĂ©rĂȘt mineur. En principe, le praticien confirmĂ© ne va pas se prĂ©senter sous le qualificatif d’une mĂ©thode particuliĂšre. Ce qui compte dans la psychothĂ©rapie est la relation constructive et contenante qu’il va mettre en place en recourant Ă  ce qu’on nomme la neutralitĂ© bienveillante et la gestion de ce qui se dĂ©veloppera dans le transfert-contre-transfert entre le patient et lui-mĂȘme. Cette position de neutralitĂ© bienveillante va lui permettre de s’adresser Ă  son patient dans un espace oĂč il ne lui renverra aucun jugement nĂ©gatif. Ce qui est primordial est l’honnĂȘtetĂ© et le sĂ©rieux du praticien consultĂ©. Cette probitĂ© est la premiĂšre vertu de l’intĂ©ressĂ©, qui, en aucun cas, ne doit user de sa position d’autoritĂ© et de la confiance qu’il inspire, pour dispenser un enseignement, initier Ă  une doctrine ou transmettre une croyance. Ses convictions intimes ne regardent que lui. Il n’a pas Ă  en faire Ă©tat et encore moins Ă  tenter de les faire partager. Un psychothĂ©rapeute compĂ©tent ne profite jamais de l’ascendant qu’il exerce sur son patient pour lui enseigner une mĂ©thode, une thĂ©orie ou un savoir. Il s’interdit d’exposer ses croyances, quel que soit le domaine (religieux, philosophique, politique, social, psychologique, psychothĂ©rapeutique…). Le cadre de la consultation doit ĂȘtre conformiste : un bureau avec des fauteuils ou un divan, des heures rĂ©guliĂšres de rendez-vous, un temps de sĂ©ance d’environ trente Ă  quarante-cinq minutes, un accueil sobre, un tarif raisonnable adaptĂ© aux moyens financiers du demandeur de soin, une Ă©coute attentive et un grand respect pour la personne comme pour sa dĂ©marche. Il ne propose jamais Ă  son patient de le rencontrer en dehors de son cabinet de consultation, ne lui envoie aucun courrier personnel et ne le convie Ă  aucun sĂ©minaire ou rĂ©union de dĂ©veloppement personnel, dÂ’Ă©veil psycho-spirituel ou dÂ’Ă©volution magique. Il parle de façon intelligible et n’enseigne aucun terme nouveau ou spĂ©cialisĂ© renvoyant Ă  sa thĂ©orie de rĂ©fĂ©rence. Il passe plus de temps Ă  Ă©couter qu’à parler et il ne tente pas d’influencer les dĂ©cisions de son patient, ni de le solliciter activement pour qu’il Ă©tablisse des changements non dĂ©sirĂ©s dans sa vie. Un vĂ©ritable praticien Ă  la psychothĂ©rapie n’a pas Ă  expliquer Ă  son patient ce qu’il vĂ©cu ni Ă  dĂ©finir ou interprĂ©ter Ă  sa place ce Ă  quoi se rapportent ses souvenirs.
Qui consulter? :
«Qui consulter pour suivre une psychothérapie ? »
Il est conseillĂ© de demander Ă  son mĂ©decin traitant ou mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste des adresses concernant les praticiens de la psychothĂ©rapie avec lesquels il travaille et qu’il peut, de ce fait, vous recommander. Deux catĂ©gories professionnelles sont habilitĂ©es en France Ă  exercer la psychothĂ©rapie. Ce sont les mĂ©decins-psychiatres et les psychologues cliniciens. Leur habilitation est soutenue par le fait que ce sont les seuls professionnels Ă  ĂȘtre recrutĂ©s par les institutions publiques ou privĂ©es pour pratiquer des psychothĂ©rapies dans le champ de la santĂ© mentale, donc dans le champ de la santĂ© publique. Ces professionnels ont suivi un cursus dÂ’Ă©tudes universitaires et des stages institutionnels qui leur permet un haut niveau de technicitĂ© et un savoir trĂšs dĂ©veloppĂ© autour de la psychopathologie. Certains psychiatres et certains psychologues cliniciens sont Ă©galement psychanalystes. Cela veut dire qu’il privilĂ©gie l’analyse qui est une dĂ©marche un peu diffĂ©rente de la psychothĂ©rapie. En gĂ©nĂ©ral, l’analyse se fait «sur le divan » c’est Ă  dire allongĂ©, dos au psychanalyste et la psychothĂ©rapie se dĂ©roule en face Ă  face. Ces deux types de cadre apportent chacun leur efficacitĂ© s’ils sont pratiquĂ©s par des professionnels compĂ©tents. Dans les deux types de cadre, on constate des amĂ©liorations au terme d’une certaine durĂ©e.
Psychothérapie? :
« Qu’est-ce que la psychothĂ©rapie ? »
La psychothĂ©rapie est une mĂ©thode de traitement des souffrances psychiques par des moyens essentiellement psychologiques. Selon la dĂ©marche utilisĂ©e, la psychothĂ©rapie cherche soit Ă  faire disparaĂźtre une inhibition ou un symptĂŽme gĂȘnant pour le patient, soit Ă  remanier l’ensemble de son Ă©quilibre psychique. " (Didier ANZIEU – psychologue psychanalyste – dĂ©finition tirĂ©e du dictionnaire de psychologie Edition PUF). La psychothĂ©rapie est avant tout une dĂ©marche de soin. Elle se rĂ©alise Ă  la demande du patient. A l’exception d’une injonction de soins demandĂ©e et dĂ©crĂ©tĂ©e par un tribunal, nul ne peut ĂȘtre obligĂ© par un tiers Ă  suivre une psychothĂ©rapie. Il est important de retenir que la psychothĂ©rapie s’inscrit dans le domaine de la santĂ© mentale et se trouve astreinte Ă  un certain nombre de rĂšgles Ă  respecter pour le professionnel. La psychothĂ©rapie n’est pas une " mĂ©thode " magique. Elle demande un certain investissement en temps, en rĂ©flexion et elle implique de suivre un rythme rĂ©gulier de sĂ©ances. La psychothĂ©rapie peut aider Ă  soulager certaines souffrances ou bien Ă  accepter de vivre au mieux avec. Du patient elle ne modifie ni le passĂ©, ni l’environnement, et ne le transforme pas de façon radicale. La psychothĂ©rapie est une façon d’apprendre Ă  se connaĂźtre et Ă  s’accepter tel qu’on est. C’est une dĂ©marche libre qu’on peut entamer et interrompre quand on le dĂ©sire et cela quel que soit le motif d’interruption. Aucun praticien ne peut exiger de son client qu’il aille plus avant dans sa dĂ©marche s’il ne le dĂ©sire plus.

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