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DÉFINITIONS EN LIGNE LEXIQUE...

DÉFINITIONS EN LIGNE LEXIQUE



Holisme :

     (du grec holos, « le tout », mais aussi dérivé de l'anglais holy, « saint, sacré »). Concept introduit en 1926 dans Holism and Evolution par Jan Christian Smuts (1870 – 1950).

     Cadre théorique reconnaissant l'interdépendance de tous les éléments de la vie. Selon cette vision du monde, toutes les choses et tous les êtres sont en relation entre eux dans un monde fondamentalement spiritualisé, où « totalité » et « sainteté » se confondent.

     Cette position intellectuelle conduit à une transformation des concepts et des catégories. « Dans des théories mécanicistes ou agrégatives, chaque partie agit séparément et l'activité qui en résulte est la somme des activités qui la composent ; cette perspective disparaît, dans la perspective holistique, au profit d'une synthèse et les composants ne sont plus reconnaissables dans le résultat unifié. » (Jean-Marie Robine, conférence, 1993). Appliqué à l'individu, cette conception fait de lui un tout indivisible qui ne peut être expliqué qu'en prenant en compte de façon globale et permanente ses quatre composantes : mentale, physique, affective et spirituelle ; à tout instant chaque partie de l'être influence les trois autres. Appliquée à la société, en partant du postulat que la totalité considérée en tant que telle est supérieure à ses parties, la totalité serait supérieure à la somme des individus. Tout fait social en résulterait.

     Selon le Docteur Jean Drouin, président de l'association de médecine holistique du Québec, "L'holisme peut se décrire comme une conception de l'univers considéré comme un tout, constitué de parties interreliées. Chacune de ses parties doit être aussi considérée comme un tout... La compréhension d'une maladie ou d'un problème quelconque ne peut se faire sans une attention particulière à l'ensemble de la personne traitée (1)." Les partisans de la médecine holistique considèrent qu'une attaque, microbienne ou virale, venue de l'extérieur, n'engendre la maladie que dans la mesure où le patient lui fournit un terrain d'accueil propice en raison de ses habitudes de vie, de son vécu émotif et de son environnement. Pour prévenir la maladie comme pour retrouver un mieux-être plus global et plus durable, le médecin holiste accorde à ce terrain une part très importante, voire essentielle comme semblent l'attester ces propos du docteur Joseph Murphy : « La maladie n'est pas indépendante de l'homme. Elle est un manque de paix de l'esprit. Elle indique un esprit perturbé par un penser erroné et par une émotion négative, destructrice… Dans la guérison spirituelle, nous prenons conscience de ce que notre vie est la vie de Dieu, l'Esprit Omniprésent, Qui est Dieu, le Principe de l'Intégralité. C'est l'esprit de Dieu qui nous rend entiers » (in Ces vérités vont changer votre vie).

     (Dans Les Charlatans de la santé, Jean-Marie Abgrall estime que « dans la pensée holistique, (…) le patient se voit sacralisé dans sa destinée terrestre et cosmique. La médecine holistique vise non seulement à traiter la maladie et à soigner le corps mais aussi à donner un sens à la vie. Il ne s'agit pas d'un sens à l'échelle de l'individu mais bien d'un sens « cosmique », qui inscrit le microcosme humain dans le macrocosme galactique. Si cette approche philisosophoco-religieuse n'est pas critiquable en soi, on peut néanmoins s'interroger sur la capacité de réponse au problème particulier de la maladie. »

     Dans une tribune libre de Vox Latina (http://www.voxlatina.com), le Docteur Antoine COURBAN, Professeur de médecine à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, estime que le patrimoine de la culture francophone, faite d'humanisme et de citoyenneté, est la seule réponse valable à l'idéologie uniformisante et totalisante de la globalisation : «Le holisme contemporain qui imprègne toute notre culture doit être analysé comme une grave crise de civilisation. » « La vision de l'homme » y « est mécaniciste/cybernétique et ses méthodes s'apparentent à celles de tout totalitarisme. » « Dans le village holistique, nous sommes tous des consommateurs (prosumers), en bonne santé certes mais dans le cadre d'un agglomérat de corps sans têtes. C'est pourquoi, les valeurs mensongères de globalité et d'équité, qui caractérisent le village des marchands s'opposent irrémédiablement aux valeurs authentiques d'universalité et de justice qui fondent la Cité des hommes. On voit mal comment l'homme peut se résoudre à entrer dans un réseau global qui ressemblerait plus à l'enfer de Dante qu'à un dispositif articulé, facteur d'universalité donc respectueux de toutes les identités. (…) Le village holistique n'a rien à voir avec les lieux de nos patrimoines dont les images meublent notre mémoire et structurent notre imaginaire. Cette conception grégaire est aux antipodes de la tradition humaniste qui nous imprègne car elle représente l'impossible amalgame du libéralisme économique anglo-saxon le plus cynique et du défunt communisme. »

     La formulation du holisme, ce concept-clé du Nouvel Âge – qui vise à unifier le corps et l'esprit dans le cadre d'une conscience planétaire, à intégrer les paradigmes externes et internes de la réalité et à réconcilier science et spiritualité -, se trouve dans l'hypothèse Gaïa.

     cf. changement de paradigme, hypothèse Gaïa, New Age.