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DÉFINITIONS EN LIGNE LEXIQUE...

DÉFINITIONS EN LIGNE LEXIQUE



Dépendance :

     « Il existe entre la toxicomanie et le sectarisme des similitudes criantes. Comme un toxicomane se trouve assujetti à une drogue licite ou illicite, l'adepte l'est à un système de pensée dont il devient dépendant. » Jean-Marie Abgrall (in « La Mécanique des sectes », Payot).

     « Brutale ou progressive selon les produits, la dépendance est installée quand on ne peut plus se passer de consommer, sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques » dit l'ouvrage réalisé par le Comité français d'éducation pour la santé et la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie avec le concours d'un comité scientifique et d'un comité de lecture. « Il existe deux dépendances : psychique et physique. Associées ou non, elles se caractérisent par des symptômes généraux (impossibilité de résister au besoin de consommer ; accroissement d'une tension interne, d'une anxiété avant la consommation habituelle ; soulagement ressenti lors de la consommation ; sentiment de perte de contrôle de soi pendant la consommation). La dépendance psychique est perceptible quand, privé de produit, le sujet est en proie à un mal-être qui peut le conduire jusqu'à la dépression ou à des rechutes s'il avait décidé de lui-même, aidé ou non, de cesser toute consommation ; la dépendance physique est avérée quand l'organisme se trouve en état de manque, réclamant le produit à travers des symptômes caractéristiques (douleurs, tremblements, convulsions ; agitation, irascibilité, anxiété, angoisse…)

     Selon Jean-Marie Abgrall, le processus conduisant à la dépendance psychosectaire est « en tout point semblable » à celui « de l'assuétude et de la dépendance pharmacologiques ». La dépendance succède à l'accoutumance, où l'habitude progressive de consommer un produit psychoactif est remplacée ici par l'adoption graduelle d'une conduite rituelle et d'un nouveau langage. Elle se caractérise par l'existence d'un « double lien » : « idéologique, par la sujétion à la pensée sectaire » ; « sociologique, entraînée par l'appartenance au nouveau groupe ». La dépendance devient « asservissement total de l'individu » lorsque, suite à une augmentation méthodique « des contraintes et de la soumission qui en résulte, sans possibilité de rupture », l'adepte est « coupé de la société globale, soumis psychologiquement et physiquement à des obligations qui le privent de son libre arbitre et de toute liberté sociale ou économique. »

     Dans le cadre des sectes hallucinogènes, où diète, jeûne, alimentation carencée et privation de sommeil sont monnaie courante, la dépendance conjugue les effets nocifs signalés, aggravant dangereusement la situation de l'adepte dont les défenses naturelles et les systèmes de références habituels ont été détériorés et parfois entièrement investis par les propriétés psychoactives du produit, par ses conditions d'ingestion et par une idéologie, à savoir la « pensée parasitaire » du groupe.

     cf. assuétude.