[ ] - LA SCIENCE, CIBLE DES GOUROUS ET DES CHARLATANS THRAPEUTIQUES (Serge Blisko)




LA SCIENCE, CIBLE DES GOUROUS
ET DES CHARLATANS THÉRAPEUTIQUES
 


«Ce que les charlatans thérapeutiques remettent en cause, c’est la science» 

«En France, il est légal d’être minoritaire d’un point de vue religieux.
Il est toléré de vivre bizarrement à condition de ne pas gêner son voisin. 
En revanche, il est illégal d’entraîner des gens dans une dérive. 
Que ce soit dans la rupture des liens familiaux, sociaux, professionnels, 
dans le parcours d’étude des étudiants... Et bien d’autre encore, comme le trouble 
à l’ordre public. Tous les critères n’ont pas besoin de coexister en même temps 
pour définir la dérive sectaire.
» Serge Blisko, Président de la Miviludes.


"Golias Hebdo" a rencontré Serge Blisko, ancien député PS de Paris, actuel président de la Mission interministérielle de vigilance
et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).


Propos recueillis par Jean-Baptiste MALET


Depuis le décret du président de la République du 1er août 2012 au Journal officiel contresigné par le Premier ministre, vous êtes le nouveau président de la Miviludes. Pouvez-vous la présenter aux éventuels lecteurs qui ne la connaîtraient pas encore ?

La Miviludes est un service du Premier ministre, au sein duquel des fonctionnaires en provenance de toutes les administrations sont rassemblés afin de travailler ensemble à la lutte contre les dérives sectaires. Nous devons par exemple impulser au moins une ou deux réunions préfectorales par département par an, avec tous les services départementaux, pour rassembler nos signalements, nos connaissances des dérives sectaires. Nous publions rapports annuels et guides thématiques traitant des dérives sectaires.

Qu’est-ce, concrètement, qu’un signalement » ?

Ce que l’on appelle chez nous un « signalement », cela peut-être un simple citoyen ou des familles qui nous écrivent via notre site Internet au sujet d’une dérive sectaire, d’un gourou thérapeutique... Mais cela provient également parfois de la victime elle-même. Bien que, si une victime fait la démarche, c’est qu’elle a déjà réussi à s’extraire de l’emprise sectaire. Nous recevons également des signalements par les services de renseignement, les services de Police et de Gendarmerie. Nous sommes en pointe en France. Des associations en provenance du monde entier nous consultent. Mais chaque pays a une approche différente. Si vous prenez l’exemple du Canada, beaucoup de Canadiens considèrent que le problème des dérives sectaires est énorme, notamment au Québec où sévissent beaucoup de gourou thérapeutiques, mais où malheureusement il n’y a rien – aucune structure – pour aider ces personnes. Ce qui donne une envergure à notre mission, c’est que nous sommes un service de l’État. Cependant, nous ne sommes pas un service d’enquête ou d’investigation. Nos officiers de Police ne sont pas des officiers de Police Judiciaire. En revanche, ils peuvent faire profiter les enquêteurs de leur expertise. Nous sommes une plateforme de centre ressource où l’on peut essayer de se documenter, sur des associations, des personnes, etc. Notre service de documentation déclaré à la CNIL nous permet de suivre ces organisations qui bien souvent changent de nom pour tenter de brouiller les pistes. Car c’est un milieu protéiforme qui se sait surveillé. Nous avons une mission de veille.

Comment expliquez-vous que les croyances les plus irrationnelles, parfois les plus absurdes, puissent être le socle d’endoctrinement de nombreuses sectes ? (...)

Pour lire la suite : http://www.psyvig.com//doc/doc_158.pdf