[ ] - LACIT - SECTE - RELIGION (J. Trouslard)




"LAÏCITÉ - SECTE - RELIGION"

par Jacques TROUSLARD

Laïcité ? Secte ? Religion ? Que de confusions, d’amalgames !

SECTE et RELIGION

La première erreur en  matière de secte fut la confusion, l’assimilation entre «secte» et «religion», le refus de prendre en compte l’évolution sémantique du terme «secte».

L’acception doctrinale

Historiquement, le terme «secte» a été employé par les historiens, les sociologues, les théologiens en référence à une notion religieuse, un contenu doctrinal. On appelait secte un groupe de personnes qui avaient librement décidé de suivre un maître spirituel ou un maître à penser qui délivrait un message, de vivre selon l’idéal et les normes du maître et de faire connaître son message. Ou encore on désignait par ce mot secte un groupe de personnes qui professent une même doctrine ou à l’inverse un groupe de personnes qui font dissidence en raison d’une divergence doctrinale.

Ces différentes définitions se référaient à une doctrine et cette acception doctrinale ne comportait aucune connotation péjorative.

L’acception comportementale

Depuis une trentaine d’années, avec l’avènement des «nouvelles sectes», on a assisté à un glissement, à une évolution sémantique du terme «secte». Dans le langage courant, les médias, l’opinion publique, ce mot a pris une connotation péjorative et a fini par désigner pratiquement et uniquement les sectes dangereuses, nocives, destructrices, en raison de leurs agissements et comportements.

C’est ainsi que si, hier, on employait le terme «secte» pour désigner des religions, ou des groupes religieux ou philosophiques, sur un plan doctrinal, on l’emploie aujourd’hui sur un plan comportemental pour dénoncer les comportements sectaires des groupes totalitaires, religieux ou non, qui portent atteinte aux Droits de l’Homme. 

Les réactions devant cette évolution sémantique du terme secte :

De nombreuses sectes sectaires ont rapidement compris l’intérêt de cette ambiguïté et l’utilité de se présenter comme des nouvelles religions, des Églises, des nouveaux mouvements religieux. Elles donnaient ainsi une image d’honorabilité et de respectabilité. Pour se protéger contre toute accusation de sectarisme, elles pouvaient invoquer le motif de discrimination religieuse et se déclarer persécutées, victimes de l’intolérance  et du mépris.

En même temps, les sociologues des religions, les juristes, les magistrats, les religions monothéistes craignirent que cette nouvelle acception du terme secte ne porte dangereusement atteinte aux libertés fondamentales : de conscience, d’association et de religion et, selon certains, ne devienne un jour «la fusée porteuse de la lutte antireligieuse». Ce courant de pensée, avec la pression des États-Unis, permit d’obtenir la suppression du terme «secte», en le remplaçant par celui de « dérives sectaires».

Pour échapper à l’accusation d’intolérance, certains défenseurs des victimes des sectes crurent bon d’avoir recours au principe de laïcité.

LAICITÉ

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Pour lire la suite: http:/pdf/www.psyvig.com//doc/doc_168.