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CES INQUIÉTANTS NOUVEAUX CHAMANS - ALERTE SUR CES GOUR...

CES INQUIÉTANTS NOUVEAUX CHAMANS - ALERTE SUR CES GOUROUS ET LES DROGUES QU'ILS UTILISENT, DONT L'IBOGA...



Enquête de Jean-Michel DECUGIS et Christophe LABBÉ.

«C’était un monsieur qui était mal à l'aise et qui cherchait à se purifier. J'ai jugé favorable que l'initiation se déroule dans la forêt vierge. » C'est ainsi que Tatayo, de son vrai nom Hugues Poitevin, évoque devant les policiers français venus l'interroger au Gabon l'initiation tragique de Pascal, un Français célibataire de 37 ans retrouvé mort en décembre 2006 sur une plage de Libreville. Pascal, qui voulait comprendre pourquoi son père s'était suicidé quand il avait 4 ans, faisait partie de ces Français de plus en plus nombreux, et souvent aisés, qui participent à des séminaires chamaniques en Afrique ou en Amérique latine en guise de psychothérapie. Un danger que pointe dans son dernier rapport la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Pascal s'était inscrit sur Internet pour un rituel bwiti. Un culte ancestral aux rites secrets dont l'initiation par un sorcier-guérisseur passe par l'absorption d'iboga, une racine hallucinogène censée favoriser le contact avec les esprits. Problème, comme souvent avec les stages néochamaniques, Pascal est tombé sur un chaman autoproclamé qui facture ses services plus de 1000 euros. Rien à voir avec le sorcier traditionnel dont le savoir religieux et médicinal a été transmis de génération en génération.

Le 16 décembre 2006, à la nuit tombée, Pascal commence son initiation en compagnie de trois autres Français. Après avoir avalé des feuilles de mukuisa, un puissant vomitif, et avoir effectué des lavements d'eau de mer bouillie, il ingurgite une décoction d'iboga. En tout, 16 cuillerées à café. A 3 heures du matin, Pascal est pris de convulsions puis est déposé, inconscient, sous sa tente. On connaît la suite. Le 19 mars, après trois ans d'instruction, le tribunal de Bobigny a conclu à un non-lieu. Une décision incompréhensible pour la famille, d'autant que Tatayo continue d'attirer le chaland sur Internet comme si de rien n'était.

« Il y a eu de tels manques dans l'enquête qu'on s'interroge sur les protections qui ont pu exister», explique au Point le beau-père de Pascal, ancien commissaire de police, qui, avec son épouse, vient de porter l'affaire en cassation. Il faut dire qu'au Gabon l'iboga est une plante sacrée, classée patrimoine national.

Paradoxalement, c'est le décès de Pascal qui a poussé la France à estampiller en 2007 l'iboga comme stupéfiant. Depuis, les soirées clandestines se multiplient sur le territoire. Une centaine de chamans et leurs assistants séviraient actuellement. En plus de la «psychothérapie», l'iboga est présenté comme un moyen de décrocher des drogues dures. Les clients sont recrutés sur Internet mais aussi par prospectus dans certains magasins bio et par petites annonces proposant de découvrir les danses et les chants pygmées.

Ateliers « pygmées ». Le Point a ainsi déniché un stage à 480 euros pour la fête du 1er Mai dans les Hautes-Pyrénées. En 2009, trois dérapages graves ont été signalés à la Miviludes, qui a saisi la justice. Récemment encore, alors même qu'il était mis en examen pour « exercice illégal de la pharmacie et de la médecine » après le décès d'un toxicomane lors d'un stage en Ardèche, un chaman gabonais continuait d'animer dans une ferme près de Poitiers de drôles d'ateliers « pygmées ». « J'ignore ce qui se passait chez lui. Mais il avait organisé pour le 14 Juillet un spectacle de danse pygmée qui avait enthousiasmé le village, raconte Jacqueline Artus, maire de Lhommaizé. Parfois, il y avait beaucoup de voitures de départements voisins. Les gendarmes m'avaient dit avoir trouvé des gens égarés sur la route après des soirées.» Contacté par Le Point, l'avocat du chaman Mallendi, MeThierry Lévy, explique que son client est « reparti gagner sa vie au Gabon » 

Le Point, édition du 15 avril 2010 (n° 1960).

Commentaire: Contrairement à ce que dit cette enquête, la prise de décision du classement de l’iboga comme stupéfiant par les autorités françaises est antérieure à la mort de Pascal. Psychothérapie Vigilance ne manquera pas de revenir sur cette tragédie dans un article spécifique. 
Parmi les drogues utilisées par les "nouveaux chamans", citons notamment l'ayahuasca (Amazonie), le peyotl (Mexique...) et les champignons hallucinogènes.

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-04-15/ces-inquietants-nouveaux-chamans/920/0/444490


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