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ENTRETIENS DE GUY ROUQUET AVEC... JEAN COTTRAUX, PSYCHI...

ENTRETIENS DE GUY ROUQUET AVEC... JEAN COTTRAUX, PSYCHIATRE, SUR L’EFFICACITÉ DE LA PSYCHOTHÉRAPIE ET LES BONNES PRATIQUES



JEAN COTTRAUX, PSYCHIATRE, SPÉCIALISTE DES THÉRAPIES COMPORTEMENTALES ET COGNITIVES, S’ENTRETIENT
AVEC GUY ROUQUET
SUR L’EFFICACITÉ
DE LA PSYCHOTHÉRAPIE ET LES BONNES PRATIQUES


Guy Rouquet. -
 Vous venez de publier aux éditions Odile Jacob un ouvrage intitulé «Choisir une psychothérapie efficace». Le titre est clair et net mais aussi quelque peu insolite. En effet, cet intitulé est en parfaite adéquation avec le contenu du livre en ce sens qu’il se propose de guider le lecteur parmi les offres multiples caractérisant aujourd’hui le «champ psy» et, en même temps, il intrigue en sous-entendant que toutes les psychothérapies ne se valent pas, voire même que certaines sont inefficaces. Mais, sans doute, convient-il d’abord de bien s’entendre sur le terme même de psychothérapie dont le domaine d’application s’est considérablement élargi ces dernières décennies, concernant aussi bien des patients en proie à des pathologies, parfois lourdes et bien identifiées, que des êtres éprouvant un certain mal-être ou souffrant, selon l’expression de Françoise Sagan, de «bleus à l’âme».

Cet élargissement n’est pas sans susciter de multiples observations et interrogations. Il explique pour partie ce que certains journalistes ou polémistes ont appelé «la guerre des psys». Il explique aussi l’extrême embarras rencontré par le législateur pendant plus de onze ans pour réglementer l’usage du titre de psychothérapeute, sans parvenir pour autant à encadrer l’exercice même de la psychothérapie. Dès lors, comment définiriez-vous la psychothérapie? Et cette définition est-elle consensuelle, communément admise?

Jean Cottraux.-  La psychothérapie peut de définir comme la mise en œuvre d’interventions psychologiques dont le but est de soulager une souffrance émotionnelle exprimée par un patient, un couple, une famille ou un groupe. Ces interventions se déroulent dans le cadre d’un contrat explicite de soins. Il s’agit donc d’un «traitement» (thérapie) qui est mis en place par un professionnel de santé, responsable de l’utilisation judicieuse de méthodes auxquelles il a été formé. Il faut donc que le thérapeute soit capable d’élaborer un diagnostic et de justifier aux yeux du patient la mise en place d’un traitement dont les modalités et le coût doivent être clarifiés. Ce qui différencie la psychothérapie des méthodes de développement personnel, qui visent à l’optimisation du fonctionnement psychologique d’une personne qui n’exprime pas forcément une souffrance importante. Bien entendu, développement personnel et psychothérapie ont des points communs: elles accroissent toutes deux la connaissance de soi, doivent tenir compte des valeurs du patient et l’aider à modifier certains traits de sa personnalité. Et souvent, une psychothérapie se termine par un travail sur les valeurs personnelles, le style de vie et la recherche du bien-être. En revanche, les méthodes de développement personnel sont rarement à même de résoudre des troubles psychologiques ou psychiatriques importants.

La psychothérapie se différencie aussi du «coaching» ou mentorat qui représente une supervision ponctuelle pour une activité donnée, et de la direction de conscience religieuse qui est une recherche spirituelle désintéressée, ou encore de l’enrôlement sectaire qui se fait au détriment de la victime qui est dépouillée progressivement de ses biens, après avoir été coupée de son milieu familial et professionnel.

Le législateur a donc eu raison de recentrer la psychothérapie sur la psychopathologie et donc sur la souffrance psychique dont les diverses expressions trouvent place dans les classifications des troubles mentaux. (...)

Pour lire la suite: http://www.psyvig.com/doc/doc_22.pdf


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