GENEVE, 3 juin 2005 (AFP) - Les caisses suisses d'assurance-maladie ne seront plus tenues dès la fin juin de rembourser cinq médecines alternatives dont l'homéopathie, a décidé vendredi le gouvernement suisse, malgré les protestations d'associations de médecins et de consommateurs. Cette mesure concerne aussi la phytothérapie (santé par les plantes), la thérapie neurale (infiltration d'anesthésiques locaux), la médecine anthroposophique (méthode Steiner) et la médecine traditionnelle chinoise. En juillet 1999, ces cinq méthodes avaient été admises dans l'assurance maladie obligatoire à titre provisoire jusqu'au 30 juin 2005. Admise depuis plus longtemps, l'acupuncture reste remboursée, a précisé le Département fédéral de l'intérieur (DFI), compétent en la matière en Suisse. "Nous ne mettons pas en doute que les médecines douces puissent soulager, voire guérir, certains problèmes de santé (...) mais cela ne suffit pas", a expliqué le conseiller fédéral (ministre) de l'Intérieur, Pascal Couchepin. Des experts mandatés pour évaluer ces médecines ont en effet estimé qu'elles n'étaient pas assez efficaces pour justifier leur remboursement. M. Couchepin compte sur des assurances complémentaires pour prendre le relais et rembourser les 60 à 80 millions de francs suisses (40 à 53 M EUR) facturés chaque année par les praticiens des cinq disciplines concernées. Cette décision "crée une médecine à deux vitesses", a dénoncé l'Union des sociétés suisses de médecine complémentaire. Des associations de protection des consommateurs et l'Association suisse des infirmières et infirmiers ont également protesté. M. Couchepin a aussi annoncé que "dans les mois et les années à venir, toutes les prestations couvertes par l'assurance de base, en premier lieu les médicaments, seront réexaminées" selon des critères d'économie et d'efficacité. |