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 THERAPIE EN "SOPHIA-ANALYSE"?...


THERAPIE EN "SOPHIA-ANALYSE"?

par MARIE


Belgique, novembre 2005


«La thérapeute disait que mes problèmes venaient du fait qu'avec mes parents,
et plus particulièrement avec ma mère, j'avais développé une "dépendance négative"
et que pour m'en sortir et apprendre à m'ouvrir aux autres,
la seule solution serait de passer par une "dépendance positive" avec elle.»


Parce que je me posais beaucoup de questions concernant la thérapie que je viens d'arrêter et qui s'appelle la sophia-analyse, et que, m’étant renseignée, j’ai appris que d’autres avaient déjà tiré la sonnette d’alarme à son sujet,  je  prends mon courage à deux mains pour raconter mon expérience. 

Pourquoi mon courage ? Parce que c'est douloureux pour moi de raconter combien j'ai été "bête" de me mettre dans ce genre de structure, parce que j'ai honte aussi, car c'est la deuxième fois que ça m'arrive de me mettre dans une structure sectaire, parce que j'ai peur d'être jugée par les personnes qui recevraient mon témoignage, parce que j'ai peur de ne pas être entendue dans ma souffrance ou qu'on la minimise.
 
Alors voilà… J’ai été  en sophia-analyse durant quatre ans en individuel et deux  ans en thérapie de groupe. J'ai bien eu quelques questionnements à certains moments, mais lorsque j'en faisais part à ma thérapeute, elle me disait qu'il s'agissait de défenses que je mettais en  place pour éviter d'entrer en "dépendance positive" avec elle. Je n'ai jamais bien compris ce qu'elle voulait dire par "dépendance positive". Elle disait que mes problèmes venaient du fait qu'avec mes parents, et plus particulièrement avec ma mère, j'avais développé une "dépendance négative" (avec l'histoire de la scission de la bonne et la mauvaise mère !) et que pour m'en sortir et apprendre à m'ouvrir aux autres, la seule solution serait de passer par une "dépendance positive" avec elle.

Ma thérapeute m'a aussi poussée à entrer dans le groupe thérapeutique qu'elle anime avec une autre thérapeute. Le "groupe" se passe en trois temps :
1- les participants abordent les sujets qu'ils souhaitent sans que les thérapeutes interviennent durant 1h30 ; ensuite il  y a une pause pendant laquelle les thérapeutes font une synthèse de ce qui s'est passé.
2- les thérapeutes font leurs interprétations et nous expliquent les théories freudiennes,... en  relation avec le thème qu'elles ont décidé d'aborder. Durant cette partie, nous ne pouvons pas intervenir.
3- nous ne pouvons plus intervenir et nous parler entre nous, nous pouvons juste parler aux thérapeutes devant le groupe, et c'est la fin.
 
Le groupe m'a apporté grâce au vécu apporté par certains. Par contre, j'avais déjà remarqué qu’il n'était pas très facile de quitter le groupe.  Lorsque quelqu'un part, il est obligé de le faire en trois fois et il subit de très grosses pressions durant ces trois fois. J'avais eu le malheur de dire à un homme qui partait que j'étais heureuse pour lui qu'il ait trouvé sa voie et parte .... et je me suis fait reprendre et "taper sur les doigts" par les thérapeutes qui m'ont dit que dire à quelqu'un "je suis contente pour toi", cela signifie " je t"envie et je veux te détruire" (?) et donc que je devais fortement m'interroger sur ce que je voulais détruire chez cet  homme (?). Les thérapeutes disaient aussi qu'il n'était pas bon d'être content quand quelqu'un s'en va car cela signifie qu'on n'a pas réellement aimé cette personne. (?)
 
Comme j'arrivais à deux ans de thérapie de groupe, et comme c'est la condition pour pouvoir commencer la formation et devenir thérapeute de sophia-analyse, ma thérapeute me disait que ce serait bien que je participe à la semaine de sophia qui a lieu chaque mois de juillet, près de la ville d’X ! Vu le montant du prix ( plus de 600 euros) j'ai refusé chaque fois.

Quand je disais à ma thérapeute que la formation me semblait fort chère ( minerval annuel de 1500 euros ne comprenant pas la semaine de juillet à 600 euros ni le week-end à 100 euros, ni les livres, en plus de l'obligation de continuer sa thérapie individuelle et de groupe…) , elle me répondait que quand on veut, on peut. Que c'était une défense que je mettais en place pour bloquer  mon évolution et que si j'étais vraiment motivée, je pouvais toujours demander un prêt à la banque.
 
Enfin, n'étant pas très heureuse dans mon métier actuel, je me disais que cette formation serait peut-être mon salut pour changer de profession. Prudente, je décidai de participer d'abord au week-end de formation qui avait lieu en mars-avril 2005, à Bruxelles (coût moins important). C'est là que j'ai été extrêmement mal à l'aise avec l'ambiance.

Ce week-end était consacré aux défenses en psychologie et les élèves en formation pour devenir thérapeutes devaient présenter leurs travaux et réflexions par rapport aux lectures  et à ce que Freud, Winnicott, et d’autres en disaient. Je m'attendais à assister à des présentations rigoureuses mais j'ai été choquée de constater qu'il s'agissait de sorte de petites saynètes, de danses ou présentations théâtrales pour la plupart en tous cas.

J'ai aussi été choquée d'être présentée (par des personnes qui font partie de mon groupe thérapeutique et qui font la formation en sophia-analyse) comme "la petite soeur "du groupe d'origine(?). Entre eux, ils s'appellent « petit frère » et « petite sœur » et Jacques et sa compagne sont appelés «père» et «mère» !(?).

J'ai aussi été très choquée à la fin du week-end, lors de la tenue de ce qu'ils appellent "le mammouth" qui consiste à faire un cercle. Dans une partie du cercle se placent les formateurs des personnes en cours de formation et Jacques et sa femme et toutes les autres personnes autour. Les gens en formation font leur mea-culpa et s'accusent de méfaits ou de mauvaises pensées envers leurs frères et soeurs et certains pleuraient très fort et semblaient être dans une détresse terrible et tout ce qu'on leur répondait, c'était qu'il allait falloir travailler cela dans le groupe thérapeutique, mais on les laissait dans leur détresse et j'ai trouvé ça  terrible.
 
Comme j'avais déjà fait un passage dans une structure sectaire, voir tout cela m'a bouleversé. Je ne savais pas si je devais dans ces conditions conserver ma confiance envers ma thérapeute individuelle. J'en ai parlé avec elle mais elle m'a dit que, à nouveau, il s'agissait d'une défense et qu'en fait, j'avais très envie de faire la formation en sophia-analyse et que dire du mal de la sophia, c'était un moyen de détruire l'objet de mon envie (?). J'ai donc continué la thérapie individuelle et de groupe mais je dirais qu'à partir de ce moment, j'ai cessé d'avoir certaines oeillères devant les yeux et je suis restée sur mes gardes et ai adopté une attitude de retrait.
 
Tout doucement, je me suis rendue compte que je n'osais plus dire certaines choses à ma thérapeute ou alors que je lui disais d’autres choses que je ne ressentais pas pour lui faire plaisir. Là  où ça a été de trop, c'est lorsque ma thérapeute m'a dit (alors que dans mon enfance j'ai subi des attouchements de mon père) que pour m'en sortir et pouvoir construire quelque chose avec un homme, j'allais devoir reconnaître et assumer ma responsabilité dans ces attouchements. Là, je me suis dit que vraiment quelque chose clochait.

Ma chance, c'est que depuis mars-avril 2005, je vais sur Internet pour parler avec des personnes qui ont vécu aussi des attouchements ou des viols.  Avec ces personnes, je me suis sentie comprise et écoutée et, grâce à cela, je pense que les propos de ma thérapeute ne pouvaient plus avoir d'impact sur moi.
 
En juillet, j'ai donc signifié à ma thérapeute que j'arrêtais. Je lui ai demandé si elle se rendait compte du mal qu'elle me faisait en me disant ça par rapport aux attouchements.  Je lui ai dit que "oui, j'ai aimé mon papa et je voulais le prendre à ma maman,..... mais pas plus ou moins que  toutes les petites filles du monde ! Que c'était TOUJOURS à l'adulte à poser les limites et que l'enfant n'est en rien responsable des dérapages de l'adulte qui en plus a une position dominante par rapport à l'enfant." Elle m'a d'abord répondu que c'était une valeur qui faisait partie de sa formation et qu'elle n'était pas prête à remettre en question. Quand je suis revenue plus tard dans l'entretien sur ce point qui me posait problème, elle a changé de discours et m'a dit que j'avais dû mal comprendre et qu'elle n'avait jamais rien dit de pareil (?). Elle m'a aussi dit qu'elle voulait me revoir trois fois, mais quand je lui ai demandé de m'expliquer le sens de cette démarche, elle n'a rien su me répondre et je n'ai donc pas donné suite, lui disant seulement que je continuerai la thérapie de groupe. Elle m'a dit que ça ne marcherait pas mais ne m'a pas interdit l'accès au groupe.
 
En septembre, je suis retournée dans  groupe mais, effectivement, ça n'allait pas pouvoir marcher. Pendant tout l'été, j'avais continué à surfer sur Internet avec le groupe de soutien sur psychologies.com et j'ai pu, grâce à ce groupe, comprendre et débloquer bien des choses. C'est là que l'absurdité du groupe de sophia m'est apparue. Ce qui m'avait fait avancer sur Internet, c'est le partage des vécus, me rendre compte que les personnes qui avaient vécu la même chose que moi avaient aussi développé les mêmes défenses dans leur vie. Je me sentais accueillie et respectée. Des lectures m'étaient proposées qui m'ont apporté une tout autre approche que celle de la sophia.

Bref, le retour au groupe de sophia où les thérapeutes vous servent une théorie freudienne, kleinienne, jungienne ou autre, et se permettent de vous dire ce qu'il est permis de ressentir comme émotion politiquement correcte, ça m'a gonflé ! Je me suis dit qu'à ce régime là, dans dix ans, je ne serais toujours pas sortie de mes problèmes.

C'est comme ça que lors du deuxième groupe de sophia de septembre, j'ai annoncé que je partais . Heureusement, pour ne pas devoir me justifier car je savais que j'allais passer un mauvais moment, j'avais appris la technique du "disque rayé" qui est décrite dans le livre "Les manipulateurs sont parmi nous" et dans "Osez être soi-même" et qui consistait à répéter invariablement " Je sens que c'est bon pour moi de partir maintenant".

Je n'ai été soutenue que par deux personnes du groupe. Un homme a dit qu'il pensait que je n'avais pas à me justifier et que si je sentais que c'était bon pour moi de partir, j'en avais tout à fait le droit. Il s'est fait reprendre par les thérapeutes qui lui ont dit qu'être content du départ d'une petite soeur, c'était parce qu'ainsi il récupérerait plus d'attention des mères et donc qu'il devait s'interroger si cela ne faisait pas écho dans son vécu de vouloir évincer une petite soeur! 

Une  femme a fait remarquer qu'ils étaient huit contre moi et que ça la gênait et qu'elle était mal à l'aise de constater qu'on retenait les gens ainsi. Les thérapeutes lui ont fait remarquer qu'il n'était pas question de retenir qui que ce soit et qu'elles n'iraient pas chercher les gendarmes pour me retenir ( -  encore heureux!). Elles ont aussi dit à cette femme que mon départ, alors que j'étais en colère (?), lui faisait revivre le fait qu'elle avait été abandonnée deux fois par suicide dans sa vie , qu'un suicide est fait par quelqu'un en colère et donc que je lui faisais revivre tout ça. Autrement dit, elles me faisaient endosser le rôle de la méchante…
 
Je sais que les dirigeants de la sophia-analyse font des démarches pour que leur formation soit reconnue sans savoir quoi au juste, puisque, pour le moment, ils donnent un diplôme à la fin de la formation mais qui n'a pas de reconnaissance légale.  Je sais aussi qu'ils demandent à leur thérapeute de reprendre une formation en graduat pour ceux qui ne seraient pas de ce niveau scolaire.
 
Lundi dernier, j'étais à mon cours de danse avec une dame qui est en train de faire la formation pour être thérapeute de sophia-analyse. Elle ne sait pas ce qui se passe pour moi pour le moment, et elle est venue tout excitée me dire : " Tu sais, je suis triste car comme je termine la formation et qu'une nouvelle génération commence ( ils appellent "génération" le groupe de personnes  en formation ; je crois que c'est le génération 12 qui commence en septembre 2005), je suis jalouse car les nouveaux nous prennent nos parents !" (?)
 
Voilà, c'était un peu long mais peut-être pourrez-vous faire quelque chose de mon expérience. Vendredi, j'étais secouée d'être confortée dans mon ressenti, à la fois heureuse d'avoir bien senti et malheureuse de ne pas avoir réagi plus vite.  Enfin, comme on dit, on apprend aussi de ses erreurs et maintenant, je vais continuer ma route et la faire belle.

* Psychothérapie Vigilance recommande aux internautes belges victimes de thérapeutes abusifs, déviants, incompétents ou autoproclamés de se signaler à l’association :
Avpa - Association d’Aide aux Victimes de Psychothérapeutes Autoproclamés
C/° Marc de la Croix
La Vaulx Richard 12 b - B-4970 STAVELOT
T : 00 32 (0) 80 86 32 26 – F : 00 32 (0) 80 86 30 04
avpa@tiscali.be


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