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Psy… Vous avez dit psy ! Mais de quoi et de qui parlons-nous ? Les sigles et les abréviations sont souvent commodes, mais que recouvrent-ils en fait ? Un psy peut en cacher un autre. Une personne avertie en valant deux, il importe de prendre le temps de distinguer le vrai psy du faux, le professionnel formé et conscient de ses devoirs du pseudothérapeute autoproclamé à la formation non agréée par l’Etat. Psychiatre ? Psychologue clinicien ? Psychanalyste ? Psychothérapeute ? Psy… Et si nous allions jusqu’au bout des mots ?
 

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LA DERIVE SECTAIRE : L’APPROCHE PSYCHOLOGIQUE

      par le Docteur Michel Monroy *
      
      Colloque du 25 juin 2004 (Miviludes)

      

« L’adepte convaincu devient lui-même convaincant,
      le recruté recruteur, le contrôlé contrôleur.
      Ce phénomène avait déjà été constaté dans des conditions
      d’enfermement totalitaire. La mécanique du système,
      initialement mis en place par des individus, s’autonomise
       dans un entraînement réciproque ou chacun joue un rôle,
      ce qui explique que des organisations peuvent survivre
       à la disparition de leurs leaders initiaux. »

      Caractères particuliers des situations d’emprise sectaire :
      
      Le sectarisme contemporain est un phénomène complexe avec des dimensions psychosociologiques individuelles et groupales, des dimensions économiques, des dimensions philosophiques et éthiques, la production de risques pour les individus et la collectivité, et enfin des comportements délictueux de gravité variable selon les groupes considérés.
      
      En méconnaissant certaines de ces dimensions, ou en réduisant le sectarisme à une question de croyance, par exemple ou, à l’inverse, de délinquance ou d’agression unilatérale, l’on s’exposerait à de grossières erreurs.
      
      Les difficultés de définition souvent alléguées proviennent, à mon sens, du fait que l’on s’est attaché à définir de façon dichotomique le caractère d’un groupe ( ce groupe est il une secte ou non ?) . Dans la plupart des cas, cette question n’est pas pertinente, ni pragmatiquement productive. Il semble plus réaliste de faire porter le questionnement sur les mécanismes d’emprise qui peuvent être à l’œuvre dans un groupe, et ce, à des degrés divers. Dès lors, le questionnement s’affine et dépasse la dichotomie stigmatisation/disculpation pour prendre en compte une échelle de gravité dans la construction d’une situation de risques à l’intérieur d’un groupe considéré. C’est ce que l’on appelle la dérive sectaire (1) qui devrait être appréciée en fonction de critères précis dans le cadre de chacun des groupes considérés à un moment précis de son évolution. Alors que les thèmes idéologiques, la taille du groupe, la nature des risques, les pratiques, les prescriptions diffèrent beaucoup selon les groupes, il semble que la construction des risques, la facilitation de comportements délictueux, et la difficile réversibilité de l’appartenance dépendent d’un même mécanisme dans tous les cas : il s’agit de la construction d’une allégeance inconditionnelle, progressivement installée dans le cadre d’un isolat culturel auto référent (ce qui implique des distanciations ou ruptures de liens et repères antérieurs). L’emprise installée de façon extensive dans différents registres (intellectuel, affectif, éthique, comportemental, social) aboutit à ce que l’adepte délègue la gestion de sa vie au groupe et à ses dirigeants.
      
      Alors que les défenseurs des groupes sectaires soutiennent l’hypothèse d’un libre choix lucide, les proches et les ex-adeptes témoignent d’une profonde transformation de la personnalité modifiant les conditions même du choix. Comme il n’est pas possible d’assimiler cette altération du libre arbitre à l’aliénation mentale, ni à une sorte d’hypnose prolongée, et que cette situation dépasse la simple influence, on parlera d’emprise groupale, état aussi éloigné du libre arbitre que de l’aliénation mentale.
      
      Concernant la transformation d’un individu en adepte inconditionnel, se pose la question de la participation personnelle de l’intéressé dans cette transformation, et lorsqu’il devient victime, la question de la part d’initiative qui lui revient dans la construction du risque, même si c’est en toute méconnaissance de celui-ci . C’est toute l’originalité de la notion de « victime active », c’est à dire partie prenante d’un processus dont elle méconnaît les risques. D’où l’importance de ne pas assimiler le terme « active » au terme responsable. Il faut accepter l’idée qu’un emprise solide ne peut se construire sans une attente initiale forte, des aspirations et une demande qui rendront acceptables pour les adeptes les méthodes de transformation proposées par le groupe.
      
      Un problème supplémentaire intervient du fait qu’à l’emprise « verticale » des dirigeants sur les adeptes s’ajoute une emprise « horizontale réciproque ». L’adepte convaincu devient lui-même convaincant, le recruté recruteur, le contrôlé contrôleur. Ce phénomène avait déjà été constaté dans des conditions d’enfermement totalitaire. La mécanique du système, initialement mis en place par des individus, s’autonomise dans un entraînement réciproque ou chacun joue un rôle, ce qui explique que des organisations peuvent survivre à la disparition de leurs leaders initiaux.
      
      Dès lors que l’on a compris que le fonctionnement sectaire ne relève pas du contenu et de l’intensité des croyances, ni d’une sorte d’hypnose entièrement subie, ni de la simple criminalité, un certain nombre de questions subsistent :
      - De quelle nature sont les transformations que présente une personne participant à un processus d’emprise ?
      - Quelles sont les étapes de ce processus, les mécanismes psychologiques, et les méthodes les plus sûres pour construire de l’allégeance inconditionnelle ?
      - Quelle part l’emprise prend-elle dans la survenue de risques et de préjudices avérés ?
      - Existe-t-il des prédispositions personnelles ou sociales facilitant l’appétence pour les groupes d’assujettissement ?
      - Qu’est-ce qui différencie l’emprise de type sectaire d’autres modalités de dépendance extrême et d’autres situations d’influence ?
      
      
      Les situations d’emprise et leurs effets :
      
      Il peut être éclairant d’examiner différentes situations pour lesquelles on peut parler d’emprise et d’apprécier dans quelle mesure elles suscitent des réactions psychologiques que l’on retrouve dans les groupes d’embrigadement.
      
      On peut ainsi décrire des cas pour lesquels on parle d’emprise personnelle : être sous l’emprise de l’alcool, d’une drogue, sous l’emprise de la colère, de la jalousie, du délire, mais aussi de l’exaltation mystique. Plus fréquemment rencontrés, se situent les cas d’emprise interpersonnelle : L’emprise inter personnelle se retrouve dans des situations hiérarchiques fortes, certaines relations familiales, et surtout dans des relations entre psychothérapeute et patient. Bien sûr, selon des modalités très différentes dans tous ces cas, mais avec quelques caractères communs. Il peut aussi s’agir de relations dominant-dominé bien analysées comme emprises perverses par Alberto Eiguer (2) . C’est aussi le cas de l’emprise personnelle d’un gourou sur un adepte, situation fréquente (mais pas toujours présente) dans les groupes d’embrigadement.
      
      Enfin, au cœur de notre sujet, se situent les cas d’emprise collective. Ces situations peuvent être transitoires : emprise « festive »d’un concert ou d’une « rave », emprise meurtrière d’un lynchage, d’un viol collectif, ou d’une émeute. Elle peuvent être durables : emprise pédagogique d’un maître sur ses élèves et d’un animateur dans les groupes de formation, emprise religieuse d’un personnage charismatique, emprise politique d’un leader. Selon les cas, on parlera d’emprise collective majeure ou d’emprise groupale de proximité.
      
      Dans les groupes d’assujettissement dont nous parlons, il semble que les trois modalités d’emprise se retrouvent à des degrés divers avec une quasi constance de l’emprise collective durable.
      
      Si l’on examine les effets constatés dans les différentes espèces d’emprise, on constate que ces effets se retrouvent à différents degrés chez les adeptes :
      -la transformation, qui rend l’individu momentanément ou durablement étranger à lui même et aux autres. On ne le reconnaît plus; et a postériori, il ne se reconnaît plus dans ce qu’il a fait;
      -l’inaccessibilité, qui rend aveugle à certaines évidences et sourd aux objections;
      -l’exaltation émotionnelle et affective qui mobilise et fait investir sans réserve;
      -le déni de la dépendance qui amène à revendiquer comme une démarche lucide et personnelle ce qui est en fait induit par l’emprise;
      -le mimétisme groupal, dans le cas d’emprise collective, sorte de justification pseudo-rationnelle et pseudo-éthique par la majorité.
      
      L’emprise dans les groupes d’embrigadement, que nous connaissons actuellement sous nos latitudes, présente des caractères particuliers assez différents de situations connues ailleurs ou autrefois. Elle suppose une appartenance élective et non subie ( sauf dans le cas de enfants ). Elle repose sur un support idéologique radicalement alternatif, exclusif, et le plus souvent élitiste. Elle est processuelle et initiatique, souvent promotionnelle. Elle se construit souvent dans le cadre d’une pédagogie subtile où les contraintes ont des contreparties. Elle utilise les renforcements de type horizontal et réciproque, chacun étant responsable de la conformité de l’autre). Elle tend à envahir tous les registres de l’activité .
      
      Elle fait l’objet d’un déni total au sein du groupe : chacun insiste sur le fait que le postulant est toujours libre de quitter le groupe, (même s’il risque de perdre beaucoup, de renoncer à son idéal). L’emprise, dans ce type de groupe, s’accompagne d’un travail d’invalidation systématique des références antérieures du postulant à l’appartenance ( références affectives, idéologiques, éthiques, environnementales ) qui va jusqu’à la prescription de ruptures de tous ordres. Il s’agit d’entrer dans un système qui ne se réfère qu’à lui même. Enfin, le but visé est l’irréversibilité dans la dépendance
      
      
      Processus de construction de l’emprise groupale
      
      LE CONTEXTE FACILITANT
      
      Il faut se garder d’oublier que c’est à partir d’aspirations profondes et d’attitudes de refus ou de révolte que la séduction d’un embrigadement peut opérer. Les aspirations peuvent se situer au plan intellectuel : trouver une explication du monde simplifiée et qui répond à tout. Elles peuvent se situer au plan de la convivialité et du besoin d’engagement fort dans un groupe structuré et mimétique ; enfin au plan éthique, le programme affiché du groupe peut répondre à des aspirations insatisfaites.
      
      Les attitudes de refus et de révolte contre l’anomie et l’injustice du monde l’absence de perspectives et les menaces latentes mènent à la recherche d’une alternative radicale. La déception devant les limites de la médecins scientifique peut intervenir.
      
      Les prédispositions individuelles, lorsqu’elles existent, ne sont pas d’ordre psychopathologique ( instabilité, faiblesse du moi , naïveté pathologique) mais seraient plutôt circonstancielles ( stress, période d’isolement ou de deuil).
      
      La séduction tient pour beaucoup à la curiosité, à la garantie donnée par des proches a priori fiables, à la convivialité du groupe, à l’élitisme, aux promesses d’efficience à court terme, à la certitude de n’être pas personnellement manipulable, et au charisme d’un dirigeant.
      
      A notre époque d’information généralisée, la non prise en compte des risques véhiculés par les groupes d’emprise peut paraître surprenante, de même que l’acceptation d’exigences contraignantes. En fait, les risques sont aux yeux des recrues moins méconnus que non crédibles. Le contexte est rassurant, le groupe incite au mimétisme, les contraintes sont la condition d’une progression dans la connaissance et la véritable appartenance ; on reste souvent « pour voir », en se réservant de partir n’importe quand. Les critiques éventuelles sont accueillies comme non pertinentes tant que les intéressés ne sont pas au cœur du système : pour juger il faut avoir participé pleinement.
      
      
      LE PROCESSUS INITIATIQUE
      
      Ce n’est pas d’emblée, et dans une sidération de son jugement que le futur adepte va pouvoir accepter le contenu idéologique, l’autorité, les ruptures, les prescriptions, les contraintes, les investissements, les contrôles qui lui sont proposés. Dans la plupart des cas, ce qui est proposé est un itinéraire de découverte qui suppose l’acceptation d’une procédure initiatique exigeant l’abandon des présupposés et des préventions. Le postulant demandeur d’information et d’appartenance est dans une position de novice : ignorance supposée, confiance, docilité, volonté d’apprendre, investissement présenté comme condition d’une connaissance et d’une progression dans une voie ou les critères habituels d’évaluation ne sont plus valables. Cette situation présente des analogies avec les débuts d’une psychothérapie en profondeur : on doit accepter la procédure, les injonctions et le vocabulaire que l’on ne maîtrise pas et jouer le jeu sans en discerner l’issue. A la différence que les motivations d’un vrai thérapeute vont vers l’autonomisation du sujet et non sa dépendance durable.
      
      Pour obtenir l’emprise durable, un patient travail de disqualification des repères antérieurs est engagè : réécriture de l’histoire personnelle, critique des liens et des valeurs, dévalorisation des contrats moraux, reconstruction de l’éthique sur la seule base de la loyauté au groupe. Des renforcements sont obtenus pas des témoignages et une flatterie sur le thème de merveilleux talents méconnus.
      
      Au plan comportemental, on tend à un envahissement de l’espace d’activité et du temps consacré au groupe.. Or, comme l’ont montré Beauvois et Joule ( 3), nos propres actes nous engagent plus que tous les raisonnements ; on s’attache à ce qui vous occupe et qui vous rend responsable. La promotion interne renforce l’appartenance. Parallèlement le discrédit du monde « profane » est martelé avec force, et les distanciations et ruptures présentées comme une condition de progression. Progressivement, un corpus explicatif du monde, un corpus prescriptif, un corpus ethique, un corpus juridique, un emploi du temps spécifique viennent se substituer à toutes les références du sujet. Un travail sur les temporalités s’observe dans tous les groupes à caractère totalitaire : nouvel éclairage du passé, envahissement du temps présent, promesses idylliques pour un avenir flamboyant.
      
      Que l’on vienne à douter, le diagnostic sera celui d’efforts insuffisants et la prescription sera « d’un peu plus de la même chose » !
      
      L’alternance de critiques et de compliments portant sur la qualité de la progression s’appuiera sur une surveillance réciproque des postulants, et une compétition dans l’effort de conformité. Les effets de groupe seront subtilement exploités : élitisme, témoignages bouleversants, cérémonials chargés d’émotion, expressions collectives téléguidées, unanimisme sollicité, rituels répétitifs, intrigues, compétition et favoritisme tournant, création d’un sentiment collectif de « citadelle assiégée » (mentalité obsidionale), solidarité exacerbée faisant passer pour trahison toute véellité de départ.
      
      La question de la construction des certitudes indéracinables est particulièrement difficile s’agissant de sujets intelligents et cultivés. L’ouvrage de Boudon « l’art de se persuader » (4) est éclairant à cet égard, démontrant que l’on peut aboutir à des erreurs au terme d’un raisonnement correct à partir d’a priori implicites erronés. Le facteur émotionnel semble intervenir également autour de la notion d’authenticité du vécu. Il semble exister un glissement cognitif entre la « vérité » du ressenti intense, et la valeur de vérité objective du prédicat correspondant. L’effet mimétique groupal anesthésie la critique, et la doctrine passe au second plan au regard des expériences partagées. Enfin, le facteur principal semble résider dans les fonctions que remplissent les certitudes. Une croyance n’est pas qu’un contenu intellectuel dans ce genre de groupe. Elle sert à maintenir la cohésion unanime, à prouver l’obéissance, à justifier les prescriptions, à simplifier l’explication du monde, à maintenir l’originalité spécifique du groupe, à prévenir les dissidences, à consacrer le partage fusionnel, à interpréter l’histoire et prévoir le futur, à prouver la confiance dans les chefs. Si elle disparaissait, ce serait peut être la mort du groupe. La rationalité pèse peu au regard de ces enjeux . Une certitude ne peut être abandonnée que si les fonctions qu’elle remplissait peuvent l’être par d’autres voies.
      
      
      ENTRETIEN DE L’EMPRISE ET MECANISME D IRREVERSIBILITE
      
      On a vu que les hésitations pouvaient être traitées comme des défaillances et incapacités à poursuivre une progression. On a vu que l’investissement croissant était présenté comme la condition sans risques d’une véritable appartenance au groupe. Le postulant s’est vu répéter sans cesse qu’il était libre de partir à tout moment. La loyauté au groupe, au chef et à La Cause est devenue le fondement de l’éthique. Le temps et l’investissement consacrés au groupe ont augmenté, et les distanciations de tous ordres avec l’univers existentiel initial se sont creusées au point qu’il apparaisse inquiétant. Il arrive un moment où l’idée de quitter le groupe s’apparente à une trahison, un saut dans le vide, une inconséquence par rapport aux efforts investis. La transformation, contrairement à un processus thérapeutique, n’est pas allé dans le sens de l’autonomisation mais d’une dépendance accrue. Le groupe est devenu un univers prothèse. Il n’y a pas, le plus souvent de coupure physique avec le monde extérieur, mais les informations en provenant sont traitées par un filtre idéologique comme conformes ou non conformes aux postulats du groupe, et les individus comme alliés potentiels ou dangers pour la Cause. Le retour au monde « profane » peut ainsi apparaître comme redoutable et culpabilisant. Partir, c’est aussi se renier et avoir tout donné pour rien, perdre ses compagnons de lutte. Il faudra une accumulation de frustrations, des révélations sur les fautes des chefs, la survenue d’un fort investissement extérieur, des déceptions dans les promotions internes, la prise de conscience d’une exploitation pour que la conscience de l’emprise se fasse jour. Le départ ne se fera pas pour autant sans douleur, et avec des reprises de dépendance.
      
      
      Emprise groupale et construction des risques
      
      L’objet de ce travail n’est pas la genèse de risques dans les groupes d’emprise, sujet traité par ailleurs (5). On peut toutefois rappeler que c’est moins les convictions erronées (fort répandues ailleurs) ou la bizarrerie des pratiques, prescriptions et rituels, qui sont les plus grands générateurs de risques. Le risque se construit plutôt à partir de :
      l’inconditionnalité dans l’allégeance,
      la création d’un univers auto -référentiel en tous domaines,
      les distanciations par rapport à la diversité du monde « ordinaire »,
      la prétention à définir une éthique et une Loi spécifique incontrôlée,
      la délégation par les adeptes de la gestion de leur vie à un Maître,
      l’utilisation de chaque adepte comme un prosélyte,
      le culte de la personnalité qui met à la merci d’un seul fragilisé par l’adulation.
      
      Le sentiment de toute puissance groupale, folle ivresse d’un Nous fusionnel.
      
      
      La question des responsabilités
      
      Selon les circonstances et les modalités de différentes situations où l’emprise intervient, la responsabilité est diversement appréciée, tant en ce qui concerne l’instigateur de l’emprise que celui qui la subit. L’emprise alcoolique ou toxicomaniaque est aggravante, celle de la passion plutôt minimisante de la responsabilité. Faire du sujet sous emprise, un être entièrement passif n’est-ce pas quelque part l’invalider, l’infantiliser, l’assimiler à l’irresponsable de la folie ? Par ailleurs, qu’en est-il de l’emprise réciproque ? Sont-ce les seuls dirigeants qui contribuent à construire ces machines à conformiser ? Qu’en est-il d’une responsabilité personnelle dans le temps précédant l’emprise et du consentement au processus la rendant possible ? L’intention criminelle est difficile à apprécier s’agissant d’idéologies et l’intention de nuire souvent peu évidente. Faut-il orienter la responsabilité sur la notion de mise en danger (par le seul fait de l’emprise) sans intention de nuire. Faut il alors poursuivre toutes les tentatives d’influence forte ou seulement leurs effets malencontreux ? Tout dommage subi correspond-il obligatoirement à une faute ? En un mot, l’emprise facilitatrice évidente de dommages et de crimes, est-elle, pour autant criminelle ?
      
      Notes bibliographiques
      1) « La dérive sectaire », Fournier A., Monroy M. , PUF 1999
      2) « Le pervers narcissique et son complice », Alberto Eiguer
      3) « Petit traité de manipulation à l’usage de honnêtes gens » Beauvois et Joule
      4) « La construction du risque dans les groupes sectaires », Monroy M., colloque Bruxelles 2003
      

* Michel Monroy est psychiatre honoraire, ancien chef de service hospitalier. Il mène des recherches sur la prévention des risques à l’IEC (Institut Européen Cindynique) et sur les phénomènes sectaires. Il est membre du GRAPHES, Groupe de recherches et d’analyse des phénomènes sectaires. Il est coauteur avec Anne Fournier de trois livres : Les Sectes (Milan Press, 1996), Figures du conflit (PUF, 1997) et La Dérive sectaire (PUF, 1999). Il a publié La Société défensive (PUF,2003).

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SECTES ET DERIV...
   DE LA PSYCHOTHERAPIE A L’ALLEGEANCE SECTAIRE
   LA DERIVE SECTAIRE
   PRATIQUES MEDICALES ET SECTES
   III - INCIDENCES DEONTOLOGIQUES.
   DANS LE CADRE DES PSYCHOTHERAPIES, DECELER LES FACTEURS DE RISQUES SECTAIRES
   QU’EST-CE QU’UNE SECTE ?
   LE MARCHE DE LA FORMATION ET LE RISQUE D’EMPRISE SECTAIRE DANS LES ENTREPRISES *
   SECTES ET ENTREPRISES : PRATIQUES SECTAIRES ET ACTIVITES PROFESSIONNELLES
   COMMENT LE PHENOMENE SECTAIRE SE BANALISE
   LE POUVOIR DES SECTES EN AMERIQUE LATINE
   DE X-FILES A LA SECTE : LA RECHERCHE D'UNE AUTRE VERITE
   SECTES ET RELIGIONS
   QUAND LES PRETOIRES DEVIENNENT TRIBUNES POUR LES SECTES
   ENTRER DANS UNE SECTE RESULTE-T-IL D’UN CHOIX ?
   LA DERIVE SECTAIRE : L’APPROCHE PSYCHOLOGIQUE
   LA MEDIATION IMPOSSIBLE
   LES SECTES A L'ASSAUT DE L'ENTREPRISE
   HISTOIRE D'URGENCES : SECTE IN THE CITY
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   UNE SECTE SOUPCONNEE DU RAPT D’UN ENFANT DE DOUZE ANS
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   DERIVES SANITAIRES, SECTAIRES ET THERAPEUTIQUES... ENTRETIEN D'HELENE DELMOTTE AVEC JEAN-MICHEL ROULET, PRESIDENT DE LA MIVILUDES
   SECTES SUR INTERNET : L'IMPUNITE
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   SOUS COUVERT THERAPEUTIQUE, DE NOUVELLES SECTES SE DEVELOPPENT
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   LES CARTELS DE LA DROGUE ET LE RECOURS A LA RELIGION : "UN MELANGE EXPLOSIF"
   AYAHUASCA DANS SECTES ET COMMUNAUTES RELIGIEUSES (ALERTE EN ITALIE)
  
A lire sans faute, à lire d’urgence « PSYCHOTHERAPIE, DEMOCRATIE ET LOI », le nouveau livre de Martine MAURER, diffusion et distribution par les Editions Thélès (mise en librairie : 15 septembre 2005).


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