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L'AMERIQUE TENTE DE GUERIR DES "FAUX SOUVENIRS" (FMS)

par Marie BOËTON


«Des pseudo-thérapies basées sur la création de « faux souvenirs"
et venues des États-Unis se développent en France.»


Enquête. Washington, correspondance spéciale.

Les abus sexuels, cela existe. Et réussir à se remémorer un abus sexuel vécu durant l'enfance peut être le résultat d'une longue et excellente psychothérapie. Il ne s'agit pas de le nier ni de minimiser l'importance d'une telle thérapie pour la personne abusée. Mais il existe aussi des charlatans qui profitent de la fragilité de certains patients pour les convaincre de la réalité de tels souvenirs. Cette pseudo «thérapie de la mémoire retrouvée», qui consiste à induire de faux souvenirs, est apparue il y a quelques années en France, où elle commence à faire des victimes (1).

Le phénomène est né aux États-Unis dans les années 1980, et a connu son apogée dans les années 1990. Entre 1992 et 1998, pas moins de 1 800 enquêtes ont ainsi été ouvertes à la suite de remémorations d'abus sexuels, donnant lieu à 736 procès, selon la False Memory Syndrome Foundation, organisation servant de lieu d'écoute pour les familles déchirées par les révélations d'abus sexuels. Dans 80 % des cas, c'est à la suite d'une thérapie « suggestive » que les victimes de « soi-disant abus » ont entamé une procédure judiciaire. « La plupart du temps, les psychologues utilisent l'hypnose ou l'imagerie guidée pour évoquer l'idée d'un abus sexuel », explique Elizabeth Loftus, professeur spécialiste de la mémoire à l'université de Washington. Sous hypnose, le patient peut retomber en enfance et répondre aux questions relatives à un possible abus sexuel. Avec l'imagerie guidée, le thérapeute demande au patient d'imaginer certains scénarios, créant ainsi le risque d'une confusion entre souvenirs réels et souvenirs imaginaires.

« J'ai consulté car j'étais boulimique. Dès le premier rendez-vous, le psy m'a demandé si je n'avais pas été victime d'inceste. Il m'a hypnotisée. Je me suis alors souvenue avoir été abusée par ma mère. En fait, je confondais des événements de ma vie avec des scènes du film Deranged. Pendant des mois, je ne pensais qu'à tuer ma mère », explique Laura Pasley.

En cours de thérapie, les soi-disant thérapeutes incitent souvent leurs clients à intégrer une petite cellule réunissant des patients convaincus d'avoir été abusés et s'aidant mutuellement à recouvrer leurs souvenirs. C'est ce qui s'est passé pour Carol Diament, venue consulter pour de simples conseils conjugaux. « J'y suis allée. Durant le stage d'initiation de quelques jours, les patients pleuraient et criaient des choses terrifiantes sur les abus sexuels dont ils disaient avoir été victimes dans l'enfance. J'étais traumatisée, incapable de manger, de dormir. Ma psy m'a expliqué qu'il n'était pas normal que je sois bouleversée, à moins que je n'aie moi-même été victime d'abus sexuel. J'ai fini par m'en convaincre, et quand je l'ai dit au groupe, tout le monde m'a félicitée. Je suis devenue une sorte de mascotte. Quelques jours après, je faisais savoir à mon père que je ne voulais plus jamais le voir. »

Ces affaires ont fini par déboucher sur des procès. Ainsi celui de Beth Rutherford, accusant son père de l'avoir violée et obligée à avorter, alors que l'expertise médicale devait établir qu'elle était encore vierge. Les médias, en mettant au jour les pratiques douteuses de certains psychologues, ont permis aux victimes de gagner en lucidité. « En 1991, j'ai lu par hasard l'interview des parents d'une patiente qui avait le même thérapeute que moi. Ils expliquaient comment ils avaient perdu leur fille à cause d'un psy fou. Cela m'a ouvert les yeux », affirme Laura Pasley.

Depuis le milieu des années 1990, plusieurs réformes destinées à rendre plus difficile l'ouverture de procès fondés sur de telles remémorations se sont succédé. « Depuis l'arrêt Daubert de la Cour suprême en 1993, le juge peut demander au plaignant de fournir des preuves scientifiques de l'abus sexuel. De plus, des praticiens indépendants doivent juger de la crédibilité des accusations portées », explique Pamela Freyd, directrice de la False Memory Syndrome Foundation. Les avocats de la défense sont aussi en droit d'exiger la tenue d'auditions préliminaires pour questionner la validité des accusations. Les thérapeutes se sont, à leur tour, retrouvés sur la sellette. En 1998, pas moins de 150 procès opposaient anciens patients et psychologues. Ceux reconnus coupables de « pratique illicite » se sont vu immédiatement retirer leurs licences.

Ces réformes suffiront-elles ? Les conditions d'exercice du métier de thérapeute restent très lâches. « J'ai gagné mon procès face à mon psy. On lui a retiré sa licence, mais mon État, la Pennsylvanie, comme beaucoup d'autres, n'exige pas qu'un psy ait une licence pour exercer. Ainsi mon ancienne thérapeute a toujours pignon sur rue et se dit pudiquement "conseillère", explique Carol Diament. Elle peut encore faire des victimes comme moi. Ou pire, peut-être, car moi au moins je suis sûre aujourd'hui que je n'ai pas été abusée. Il y en a qui sont presque sûres mais qui avouent que le doute ne les quittera jamais. »

* article publié dans La Croix du 27 janvier 2004.

(1) Pour plus d'informations, on peut consulter les sites www.PsyVig.com , rubrique « Souvenirs : altération et falsification ») et www.francefms.com 


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