SECTES ET PSYCHOSECTES HALLUCINOGENES: "DROGUES POUR "VOIR" DIEU." TEMOIGNAGE. |
par Pierre CHALLIER * «La pseudo-«psy» se comportait en véritable gourou. Elle les faisait mettre nus pour des «lectures du corps». Après les avoir fait jeûner, elle les faisait se mettre à genoux puis leur faisait une «fumigation shamanique» et, évidemment, se servait des jeûnes pour les endoctriner. Mon aîné m’a dit avoir eu des visions suite à ce traitement. Il avait vu des chauves-souris sortir de ses yeux… Ce à quoi elle avait répondu: «c’est normal, c’est le mal qui sort de toi»…» |
La directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy l’a dit:«Les sectes sont un non-problème en France.» Une déclaration qui aura sans doute touché Sébastien (1) droit au cœur. Parce que lui tente juste de «sauver ses enfants». Son histoire? Elle a commencé en 2003… Une famille idéale, la foi en partage avec son épouse, des enfants heureux… tout allait bien sur la photo sauf une vieille souffrance dont sa femme voulait se débarrasser par une psychothérapie. «Et au départ je l’ai accompagnée dans cette démarche. Nous avons donc rencontré cette «thérapeute» du côté de Saint-Pé» se souvient Sébastien. Une soi-disant psychologue vers laquelle ils allaient en confiance. «C’était une jeune religieuse qui nous avait parlé d’elle. Navigant dans le milieu catho, la petite sœur m’avait donné confiance. Nous avons donc rencontré cette dame et mon instinct m’a dit «non». J’avais le sentiment qu’elle réglait ses propres comptes et je lui résistais de façon intuitive… mais ma femme a continué d’y aller et chaque fois qu’elle revenait, elle affichait une joie exubérante qui pouvait laisser penser que ça lui faisait du bien.»
«DERAPEUTE» Seulement voilà… La «psychothérapeute» faisait effectivement partie de ces «dérapeutes» inlassablement dénoncés par Guy Rouquet (voir encadré). Et l’épouse de Sébastien n’a pas résisté à l’engrenage sectaire. Premiers signes? A la joie artificielle du début «a succédé rapidement l’agressivité lorsqu’elle rentrait de ses séances, puis sont arrivées les idées noires et surtout de faux souvenirs qu’on lui inculquait et qui aggravaient son cas.» Week-ends, vacances scolaires… la mère de leurs enfants s’est mise à déserter systématiquement leur maison. A enchaîner «stage» sur «stage», pour franchir ses «étapes», se «métamorphoser»...
COMPTE A SEC «Jusqu’au jour où le banquier m’a convoqué et où j’ai vu la réalité du compte familial. Nous étions au bord de l’interdit bancaire. Elle sortait régulièrement de grosses sommes en liquide et tapait le compte joint. Je n’avais pas forcément fait le lien entre la gestion de ma femme et les «thérapies»… mais ce qui m’a mis définitivement la puce à l’oreille, ça a été un voyage que la «thérapeute» a fait avec notre fils aîné. Au retour, il m’a annoncé qu’elle l’avait mise en garde contre moi. Elle tentait à présent de nous séparer. Heureusement, mes aînés, adolescents, ont vu clair» raconte encore Sébastien… qui, grâce à ses enfants, va découvrir l’ampleur des dégâts, ce que cachent les séances du côté de Saint-Pé, du côté de ce lieu bizarrement hérité d’une communauté religieuse…
HALLUCINATIONS «Quand ils ont vu jusqu’où ça allait, ils m’ont alerté, malgré l’omerta qui leur était imposée. Une nuit, ma fille, qui ne voulait pas se soumettre à la «dérapeute» s’est évadée. Et puis mon fils m’a raconté: la confrontation a été jusqu’au contact physique, la pseudo «psy» se comportait en véritable gourou. Elle les faisait mettre nus pour des «lectures du corps». Après les avoir fait jeûner, elle les faisait se mettre à, genoux puis leur faisait une «fumigation shamanique» et, évidemment, se servait des jeûnes pour les endoctriner. Mon aîné m’a dit avoir eu des visions suite à ce traitement. Il avait vu des chauves-souris sortir de ses yeux… Ce à quoi elle avait répondu: «c’est normal, c’est le mal qui sort de toi»…» Hallucinant avez-vous dit? Oui... «car il s’agit de paniquer les gens avec les forces du mal. La «thérapie» et les drogues modifient leur état de conscience, on peut alors les manipuler à sa guise» explique alors Guy Rouquet qui, depuis des années, démonte les mécanismes de ces déviances sectaires, dénonce «les charlatans de la santé». Et autant d’aberrations, de délires, qui font que Sébastien s’insurge aussi en tant que croyant.
PAS CATHOLIQUE Car l’autre problème…«c’est que cette «dérapeute» se dit catholique et qu’elle prétend sauver l’église catholique par son charlatano-shamanisme» explique-t-il en se rappelant encore que, lors d’une de ces fameuses séances de groupe avec purgation commune, «les enfants ont dû vomir ensemble de l’eau de Lourdes». Lourdes? Un «gisement» qu’elle entendait bien exploiter et pour lequel elle avait pris contact au sommet résume Sébastien en se souvenant que «certains prêtres ont même servi de rabatteurs, sans le savoir». Et qui, en attendant qu’un jour la justice se penche sur ce dossier, constate la catastrophe pour sa famille… Puisqu’il a vu finalement son épouse vider les comptes, le contraindre au divorce, quitter le domicile en le laissant seul avec leurs enfants. Et entendu ceux-ci s’interroger «comment va-t-on la récupérer si jamais on la récupère un jour?» Car rien n’est moins sûr désormais: «elle vous ment droit dans les yeux» et révèle un ailleurs inquiétant, ce Pérou vers lequel elle voulait emmener les enfants. Vu qu’au-delà de Saint-Pé, ce sont des voyages vers l’Amérique du Sud qui sont organisés par la «dérapeute» et ses complices. Vers des lieux fort bien structurés où l’on fait prendre aux «patients» de l’Ayahuasca. Plante «initiatique» pour les Amérindiens, mais surtout herbe hallucinogène censée purger des démons intimes, «générer la vision de dieu en soi», telle que vue du côté charlatanisme occidental en mal de sorcellerie, de guérisons magiques. Bref, produit classé stupéfiant en France dont les conséquences n’ont rien de divin sur l’individu. Certains, qui ont fait le voyage, n’en sont jamais mentalement revenus… (1) Pour des raisons que chacun comprendra, le prénom a été changé. |
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Religion. L’évêque de Tarbes-Lourdes a été alerté. Mgr Perrier: « J’ai prévenu les réseaux du diocèse » Une «dérapeute» et un psychiatre déviant qui se servent de la religion catholique comme cheval de Troie pour approcher des croyants de bonne foi, les mettre en confiance, puis les soumettre ensuite mentalement et financièrement en leur faisant avaler qu’ils seront l’avenir véritable de la religion… C’est une des réalités du dossier sur lequel a donc été alerté Mgr Perrier, évêque de Tarbes-Lourdes. Qui confirme: «oui, je suis au courant» et poursuit «j’ai immédiatement alerté tous les réseaux du diocèse dans lesquels cette personne était présente et j’ai fait passer le message quant à ses pratiques réelles. On a ainsi pu faire interdire une conférence» explique l’évêque qui se dit toujours «très vigilant sur ce dossier» et indique également qu’une pastorale «Croyances contemporaines et dérives sectaires» suit ce genre d’affaire depuis Toulouse. * * * * * * Lutte. Ancienne magistrate à Tarbes, Catherine Katz piste les dérives sectaires: «Tout le monde peut-être touché» On l’a connue juge d’instruction à Tarbes. Aujourd’hui, Catherine Katz est secrétaire générale de la Miviludes. La Miviludes? La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires: une structure directement sous le contrôle du premier Ministre, structure que Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur aurait bien supprimé en douce, mais que les scandaleuses déclarations d’Emmanuelle Mignon viennent paradoxalement de sauver en contraignant le Président de la République à clarifier sa position: pas question de «réformer» la Miviludes, a-t-il dit. Enfin, bref, ce résumé fait, toujours est-il que Catherine Katz lutte contre les dérives sectaires en France car «elles sont un trouble à l’ordre public et leurs victimes justifient notre vigilance» rappelle-t-elle, estimant entre «800 et 1000 les réseaux rattachés à des mouvances déviantes au plan de la santé». Ce qu’il faut surveiller, alors, en cas de doute? Les trois marques du sectaire: «il faut qu’il y ait une emprise mentale – la dépendance de la personne au gourou-, des exigences financières progressivement exorbitantes et l’isolement de tout ce qui est social». Séduction de la victime, destruction de sa vie antérieure, puis reconstruction d’un pantin imprégné par la doctrine… «Tout le monde peut traverser un moment de faiblesse et s’y faire prendre» répète-t-elle. D’où l’urgence qu’il y a à se tourner vers les organismes compétents dès le premier doute, tels l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (Unadfi), Psychothérapie Vigilance ou directement auprès de la Miviludes (www.miviludes.gouv.fr ). * * * * * * Psychothérapie Vigilance Fondée en juin 2001 par Guy Rouquet, l’association Psychothérapie Vigilance informe le public sur les différentes pratiques psychothérapeutiques comme sur les approches authentiquement scientifiques, respectueuses du droit et de la dignité des demandeurs d’aide psychologique ou de développement personnel. Elle dénonce aussi les abus et les dérives, en particulier de type sectaire commis par certains intervenants ou opérateurs, quels que soient leur formation et leur secteur d’activité. Elle participe aussi activement à un réseau d’entraide et de soutien aux victimes de ces dérives. Psychothérapie Vigilance est un partenaire reconnu de la Miviludes, de la Mildt, de l’Unadfi, du CCMM et du ministère de la Santé. Son site Internet a reçu plus de trois cent mille visiteurs l’an passé. Son adresse: www.PsyVig.com |
* L’article de Pierre Challier, reproduit intégralement ici, est intitulé « Sectes. Le témoignage accablant d’un Bigourdan. Drogués pour « voir » Dieu ». Il a été publié en page 3 de l’édition de La Nouvelle République des Pyrénées datée du mercredi 27 février 2008 et repris dans l'édition de La Dépêche du Midi du samedi 9 mars 2008 sous le titre :"La drôle de psychothérapeute les drogue pour "voir" Dieu" : http://www.ladepeche.fr/article/2008/03/08/440643-La-drole-de-therapeute-les-drogue-pour-voir-Dieu.html
Au moment de mettre en ligne cette page, Psychothérapie Vigilance tient à préciser que le réseau « dérapeutique » et hallucinogène qui s’y trouve évoqué ne se borne pas à recruter dans le seul département des Hautes-Pyrénées et que des opérateurs présentant les mêmes caractéristiques officient dans toute la France (Paris, Lyon, Toulouse, Pau, Nantes…) comme à l’étranger. La plupart se connaissent et agissent de concert.
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