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LA FOLIE PSY

      par Bertrand FRAYSSE et Nathalie FUNES
       
      

« Un conseil parmi d’autres : méfiez-vous des praticiens qui collectionnent
les titres du genre psychothérapeute et psychanalyste formé au rebirth,
      master en PNL et certifié en hypnose ericksonienne.»
      

      SOMMAIRE
      
      1. Un marché en pleine expansion.
      2. Repères :Psy, mais encore ?
      3. Combien gagnent-ils ?
      4. « J’en parlerai à mon coach.
      5. Le boom du développement personnel.
      


      I. UN MARCHE EN PLEINE EXPANSION
      


      Sur les divans, dans les médias et en entreprise, le «marché» est en pleine expansion.
      
      Enfants turbulents, cadres stressés, mères de famille insomniaques... Trois millions d’adultes ont déjà tâté du divan. Le nombre de patients suivis par un psy à l’hôpital a bondi de 55% en dix ans. Les consultations en cabinet ont progressé de 9% - soit 1,3million de plus - en cinq ans, pour dépasser la barre des 15,8 millions en 2002. Les psys sont partout. Sur le plateau de Loft Story, sur la couverture des plus gros best-sellers, dans l’entreprise, et depuis peu dans la police, à la demande des syndicats. Impensable il y a encore dix ans.
      
      A qui profite ce besoin insatiable de se pencher sur soi et de s’épancher? Avant tout à la profession. Une nébuleuse où se côtoient praticiens dûment formés (psychiatres, psychologues) et beaucoup d’autres, qui «peuvent être des illuminés, les têtes de pont d’une vague secte ou tout simplement des charlatans», prévient Alain Létuvé, représentant du Syndicat national des psychologues.
      
      La France est un des rares pays occidentaux à ne pas avoir de titre officiel de «psychothérapeute». Les tentatives de régularisation de la profession ont capoté: n’importe qui ou presque peut ouvrir un cabinet de psychothérapeute ou de psychanalyste. A raison de 30 à 80 euros la consultation, et avec un investissement de départ plus que réduit (deux fauteuils, un crayon et un carnet de notes), cela peut vite valoir le coup... Surtout si le «marché» continue de croître au rythme de ces dernières années. Car la folie psy, c’est aussi un business.


      2. REPERES : PSY, MAIS ENCORE ?
      
      « 12000 psychothérapeutes à la formation assez floue »

     13400 PSYCHIATRES
      dont 6450 libéraux, médecins spécialistes, peuvent prescrire des médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères) et délivrer des fiches de remboursement à la Sécurité sociale.
      
      35000 PSYCHOLOGUES
      détenteurs d’un DESS de psychologie (en vertu d’une loi de 1985), dont 4000 dans les entreprises, 8000 dans l’Education nationale, de 6000 à 7000 dans les hôpitaux publics, 400 dans la justice… et 60 dans la police et l’armée.
      
      6000 PSYCHANALYSTES
      censés avoir suivi eux-mêmes une analyse, avoir été contrôlés par un pair et appartenir à une société : Société psychanalytique de Paris, Ecole de la cause freudienne, etc.
      
      12000 PSYCHOTHERAPEUTES
      à la formation assez floue (supposés avoir suivi une psychothérapie et fait une formation dans la trentaine d’ « écoles » répertoriées).
      
      34,30 EUROS
      tarif « Sécurité sociale » d’une consultation chez un psychiatre libéral, qui coûtera en réalité de 30 à 80 euros.
      
      250 à 300 Euros
      tarif d’une heure de coach en entreprise.
      
      1,1 MILLION
      C’est le nombre de patients en psychiatrie dans les hôpitaux publics en 1999 (soit une progression de 55% en dix ans).
      
      15, 8 MILLIONS
      C’est le nombre de consultations auprès des psychiatres libéraux en 2002 (soit, par rapport à 1998, une hausse de 1,3 million du nombre annuel de consultations).
      
      1,35 MILLION
      les ventes des livres sur le développement personnel en 2002.
      
      10% DES FRANÇAIS
      consomment un psychotrope : trois fois plus d’antidépresseurs que les Italiens, deux fois plus de somnifères que les Allemands, et sept fois plus de tranquillisants que les Anglais.
      
      7% DES FRANÇAIS
      se déclaraient dépressifs en 1996-1997, selon l’enquête Santé et Protection sociale, soit six fois plus qu’en 1970.
      
      2926 EUROS
      brut par mois (hors primes), c’est le montant du salaire moyen d’un psychologue exerçant dans un hôpital parisien.


      3. COMBIEN GAGNENT-ILS ?
      

« Mystère et boule de gomme. Les psychologues exerçant dans le public (la majorité d’entre eux) ne sont pas les mieux lotis : un salarié d’un hôpital parisien se contente en moyenne de 2926 euros brut par mois (hors primes). Idem pour les psychiatres, qui sont parmi les médecins spécialistes les plus mal payés : 53214 euros net par an, pour un libéral, moitié moins qu’un anesthésiste-réanimateur ou un radiologue. Mais pour le reste, psychanalystes sans double ou triple casquette –(beaucoup sont aussi psychiatres et psychologues) et psychothérapeutes, souvent payés en liquide, il n’existe évidemment aucune statistique.
      
      
      Insatiable appétit
      
      Tout au plus peut-on estimer, au vu des meubles de style et des tableaux qui encombrent leurs appartements-cabinets, qu’ils ne doivent pas avoir trop de problèmes de fins de mois. Voilà quelques années, dans un numéro consacré aux questions financières, la revue du Collège des psychanalystes avait résumé la situation en reprenant le diction : « Pas d’argent, pas de Suisses… et pas de psychanalystes ! »
      
      Pour l’heure, comme n’importe quel acteur de l’économie, certains d’entre eux ont compris tout le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de l’insatiable appétit de leurs contemporains. Comme toute profession que se respecte – et qui a le vent en poupe-, l’heure est donc à la diversification. L’analyse classique, contraignante (deux à trois fois par semaine), longue (cinq ans en moyenne), coûteuse (de 30 à 80 euros, parfois le double, par séance) et souvent douloureuse serait en perte de vitesse, au profit des thérapies dites brèves et qui traitent plus généralement du symptôme que de la cause. Lesquelles ? Il n’y a que l’embarras du choix. On trouve tout… et n’importe quoi : psychothérapies d’inspiration psychanalytique en face à face (dites PIP), psychodrames où l’on joue des événements marquants de sa vie, Gestalt-thérapies (jeux de rôles), thérapies comportementales et cognitives, familiales, mais aussi hypnose, sophrologie (relaxation), rebirth (consistant, entre autres, à revivre sa naissance avec version en piscine), respiration holotropique (« technique d’hyperventilation effectuée dans une ambiance musicale qui favorise l’expression d es émotions », à en croire la définition)... (…) Nathalie Funès


      4. « J’EN PARLERAI A MON COACH »
      
      Un soutien professionnel
qui peut vite déborder sur la vie privée
      

(…) Dans son cabinet parisien, Roland Brunner, psychanalyste et membre fondateur de la Société française de coaching (SFCoach), reçoit un bon nombre de « faux » patients envoyés par leurs entreprises pour devenir plus performants et qui finissant par choisir de s’allonger sur un divan. Il y a cette technicienne dans un centre en génétique, d’une timidité maladive, qui ose à peine parler à ses collègues et se promène avec un ours en peluche dans son sac. Ou bien ce jeune directeur général toujours speed, incapable d’arriver à l’heure à ses rendez-vous, mais aussi victime d’éjaculation précoce. Pour tous ceux-là, le coaching joue le rôle des entretiens préliminaires » décrits par Freud : c’est l’antichambre de l’analyse proprement dite. Tant mieux pour ces salariés névrosés. Mais, pour les entreprises qui ont payé, quel retour sur investissement ? Et ont-elles le droit d’interférer dans la vie privée ?
      
      « C’est inacceptable ! » tranche Philippe Cruellas, pourtant coach et psychanalyste lui-même. « Les entreprises sont paumés, les gens sont paumés. Alors, pour colmater cette espèce d’angoisse collective, tout est bon. On va parler de papa-maman dans les séminaires de sa boîte, ou bien raconter ses fantasmes à son coach. Mais l’entreprise nous paie pour quoi ? Certainement pas pour faire de la thérapie.»
      
      Pour lui, la psychanalyse est une grille d’analyse formidable. Elle lui permet de reconnaître les structures psychiques des « coachés » et de leurs partenaires professionnels (hystériques, obsessionnels, pervers, etc.) et d’adapter ses recommandations. mais, dès qu’on s’aventure sur le terrain du personnel, de l’intime, il faut savoir dire stop ! « Quand un cadre envoyé par son entreprise commence à ma parler de son divorce ou des relations avec son père, je luis fais comprendre qu’il n’est pas là pour ça, confirme Roland Brunner. Je reste dans ce que j’appelle le roman professionnel, on peut parler de la carrière, de la profession du père, mais ça s’arrête là. Si une demande plus personnelle persiste, je conseille à la personne de faire une thérapie. Mais avec un confrère, pas avec moi, question de déontologie. » Tous les coachs n’éprouvent pas ce genre de scrupules. A 300 euros l’heure en moyenne, les tarifs du métier sont alléchants. En passant de l’analyse au coaching, un psy peut multiplier ses émoluments par trois ou quatre. A ce prix-là, si les gens veulent déballer fantasmes et phobies, pourquoi refuser ?
      
      L’entreprise n’échappe pas à la pandémie psy qui touche toute la société. Le coaching à tendance psychanalytique n’est qu’un des chevaux de Trois de cette invasion. Gestion du stress, prévention et traitement des traumatismes, accompagnement des salariés en souffrance : les psy pénètrent de partout dans la citadelle de l’entreprise, hier encore regardée avec dédain. La nouveauté, c’est que ce ne sont pas de simples psychologues qui y interviennent mais des cliniciens, des psychiatres ou des psychothérapeutes, plus familiers des pathologies mentales que de la vie de bureau. L’entreprise serait-elle de plus en plus malade ? (…) Bertrand Fraysse


      5. LE BOOM DU DEVELOPPEMENT PERSONNEL
      

(…) « J’ai entendu un confrère dire qu’il définissait le profil de son client en lui lisant les lignes de la main. Un autre m’a carrément exhibé un livre de Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie, pour expliquer sa méthode », se rappelle Andrey Hanssen.
      
      Les sectes seraient donc tapis dans les coulisses du « développement personnel » ? E mai 2000, une circulaire de sensibilisation du ministère de l’Emploi et de la Solidarité « relative aux pratiques sectaires dans le domaine de la formation professionnelle » mettait en garde sur ce point les services de l’Etat concernés. En réaction, la Société française de coaching a mis au point un processus de titularisation particulièrement rigoureux.
      
      Un conseil parmi d’autres : méfiez-vous des praticiens qui collectionnent les titres du genre psychothérapeute et psychanalyste formé au rebirth, master en PNL et certifié en hypnose ericksonienne. »

Copyright Challenges
      

* Présentation, analyse et chiffres sont extraits du magazine bi-mensuel Challenges du 30 avril 2003 (n°200). L’enquête générale, dont certains passages sont reproduits ici par Psychothérapie Vigilance, a pour titre générique « L’argent des Psy » (première de couverture).
      L’introduction intitulée « La folie psy » peut être consultée dans le site « Pour ne pas se laisser piéger par les sectes » de Mathieu Cossu à l’adresse URL suivante : http://www.prevensectes.com/sciento.htm

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